Protéger les forêts et agir pour l'environnement

Préserver la biodiversité, défendre les ressources en eau, prévenir les risques naturels, garantir l'équilibre forêt-gibier, sauvegarder le patrimoine historique et culturel… Les missions de protection assurées par l’ONF sont très étendues. Découvrez son champ d’action.
Forestiers de l'ONF en inventaire avifaune
©Giada Connestari / ONF

Préserver la biodiversité et la qualité de l'eau

Préserver la diversité des espèces permet d’assurer le bon fonctionnement de l’écosystème de la forêt et sa capacité à faire face au changement climatique. C’est l’une des missions prioritaires de l’ONF, en métropole et dans les territoires d’Outre-mer.

Les forestiers de l’Office mènent au quotidien des actions de préservation et de renforcement de la biodiversité, parmi lesquelles :

  • l’interruption des travaux durant les périodes de nidification d’oiseaux comme la cigogne noire
  • la conservation d’arbres morts et d’arbres à cavités, essentiels au maintien de la biodiversité
  • le marquage d’arbres bio conservés pour leur qualité environnementale
  • l’encadrement des chantiers en forêt, afin de préserver les sols forestiers
  • la préservation de l’équilibre forêt-gibier.

Pour protéger efficacement la biodiversité, il faut bien la connaître. En dix ans, l’ONF a mis en place six réseaux spécialisés, regroupant 230 forestiers naturalistes. En collaboration avec des acteurs locaux et nationaux, ils réalisent des inventaires et des suivis écologiques. Ce travail, mêlant recherche et terrain, est crucial pour la sauvegarde des espèces et des habitats.

Les réserves biologiques pour le patrimoine naturel remarquable

Certains sites nécessitent une protection particulière, au-delà de la gestion forestière classique. En créant des réserves biologiques, l’ONF contribue au maintien de l’équilibre entre la faune et la flore. 

Deux types de réserves peuvent être créées, d’une part pour protéger des espèces et des habitats remarquables ou menacés, et d’autre part pour y suivre l’évolution des écosystèmes, impactés notamment par le réchauffement climatique. Chacune d’elles se distingue par leur degré d’ouverture au public :

  • réserves biologiques dirigées : légère intervention humaine à des fins de protection environnementale et ouverture raisonnée au public
  • réserves biologiques intégrales : sans intervention humaine et interdites au public.

L’Office est acteur du réseau Natura 2000 qui réunit les sites naturels à grande valeur patrimoniale de l’Union Européenne. 30% de la forêt publique se situe en zone Natura 2000.

Agir pour la qualité de l'eau

Étangs, mares, tourbières, forêts alluviales, marais, sources… L’eau façonne les divers paysages forestiers. L’ONF veille au quotidien à la préservation de ces milieux qui présentent à la fois un intérêt hydrologique et une grande richesse écologique et patrimoniale.

La forêt est un élément régulateur naturel de la ressource en eau. Les arbres puisent leurs nutriments en sels minéraux dans le sol et dans l’eau pour croître. Ils exercent ainsi un effet de filtre naturel. Leur rôle est donc majeur pour protéger les captages d’eau potable.

La forêt, un filtre pour l'air et l'eau

La forêt joue aussi un rôle de tampon en absorbant de forts volumes d’eau qu’elle restitue progressivement. Elle limite ainsi les phénomènes de crues et les risques d’érosion. L’action de l’ONF consiste à renforcer ce rôle positif de la forêt. Des travaux sont par exemple engagés pour permettre le passage de véhicules de chantiers forestiers sans endommager les sols ni les cours d’eau. Ainsi préservées, ces zones humides fragiles (marais, tourbières et habitats associés) peuvent accueillir une plus grande diversité d’espèces animales et végétales.

Depuis 2013, l’ONF développe des accords-cadres de coopération avec les Agences de l’eau : Rhône-Méditerranée-Corse ; Seine-Normandie ; Loire-Bretagne ; Rhin-Meuse ; Adour-Garonne ; Martinique. Ils permettent de réaliser les objectifs nationaux fixés par la politique de l’eau et par la directive européenne cadre sur l’eau en matière de préservation et de restauration des milieux humides.

Adapter les forêts au changement climatique

Le changement climatique touche déjà la forêt française, modifiant la phénologie et la fonctionnement de l’arbre. Face à des épisodes plus fréquents de sécheresse à venir, la vitalité des forêts est en jeu. Pour adapter la forêt au climat de demain et préserver les stocks de carbone, l’ONF travaille étroitement avec le secteur de la recherche. Deuxième puits de carbone de la planète après les océans, les forêts absorbent chaque année 8 milliards de tonne de CO2, dont 70 millions de tonnes en France.

Défense des forêts contre les incendies
©Giada Connestari / ONF

Prévenir les risques naturels

Les équipes spécialisées de l’ONF agissent sur le terrain pour limiter les risques naturels qui tendent à s’amplifier sous l’effet du réchauffement climatique.

Anticiper et gérer les feux de forêts : une mission d’intérêt général

La prévention des feux de forêts est un enjeu majeur pour l’ONF. Le risque - qui se concentre principalement en région méditerranéenne durant l’été - mobilise fortement nos équipes à toutes les étapes du sinistre :

  • En amont, les forestiers font respecter la réglementation et sensibilisent le grand public pour limiter les départs de feu. Les ouvriers forestiers procèdent au débroussaillemnet des sites et abords d’habitations. Ils s’emploient aussi à détecter les incendies et à les signaler aux pompiers
  • Sur le terrain lors d’un sinistre, ils donnent aux forces de secours des informations cruciales pour intervenir efficacement (localisation des citernes à eau, pistes à emprunter, types de végétation…). Ils peuvent élaborer une cartographie permettant aux pompiers de connaître précisément la position du feu et de suivre son évolution
  • Après l’incendie, la priorité des forestiers est de sécuriser la zone (chutes d'arbres, éboulements...). À plus long terme, ils créent peu à peu les conditions qui vont permettre à la forêt de renaître de ses cendres.

©Giada Connestari / ONF

Lutter contre l’érosion dunaire

La préservation des dunes est une des autres missions d’intérêt général confiée par l’Etat à l’ONF. À l’avant des massifs forestiers qui isolent les habitations, les dunes sont une protection naturelle du littoral contre l’érosion provoquée par la mer et le vent. Elles sont un milieu fragile.

Les forestiers de l’ONF aménagent ces espaces mouvants pour retenir le sable. Ils végétalisent la dune avec les plants d’oyat, mettent en place de branchages, des filets cocos ou des ganivelles - des clôtures formées par l'assemblage de lattes de bois. Ils installent aussi des clôtures pour limiter l’impact du piétinement. Cet entretien quotidien des zones dunaires est la condition de leur préservation.

Restauration des terrains de montagne
©Giada Connestari / ONF

Prévenir les différents risques en montagne

La forêt est essentielle pour prévenir les risques naturels. Elle limite l’importance des crues et, en montagne, joue un rôle clé pour réduire les avalanches, glissements de terrain et l’érosion superficielle. Le couvert forestier limite l'érosion des sols sur les flancs de montagne et donc l'alimentation des lits torrentiels en rochers. Dans les zones de départ d'avalanche, la présence d'un peuplement forestier dense fixe le manteau neigeux en altitude. Par ailleurs, les forestiers coupent les plus gros bois sur certains glissements de terrains, nettoient les rives des torrents pour éviter les embâcles à l'aval... Ces travaux de génie écologique complètent les aménagements de protection fixes. Ces actions font partie intégrante des missions des services de restauration de terrains de montagne (RTM).

Equilibre forêt-gibier
©Nathalie Petrel / ONF

Préserver l'équilibre forêt-gibier

L’ONF s’assure que les grands herbivores ne compromettent pas la croissance de la forêt. Alors que celle-ci a un cycle de vie qui se compte en siècles, le gibier se multiplie quant à lui très rapidement.

Pour éviter que les animaux ne dévorent les jeunes pousses, les forestiers installent autour des dispositifs de protection - ©Van Meer / ONF

L’augmentation des populations de grands animaux a un impact préjudiciable sur la flore. En plaine ce sont les cerfs, chevreuils ou daims, en montagne les chamois, isards et mouflons. Les dégâts causés sont nombreux : consommation de jeunes pousses ou rameaux, frottis de jeunes tiges, écorçage des arbres. À terme, la diversité de la flore et le renouvellement de la forêt peuvent s’en trouver menacées.

Qu’est-ce que l'équilibre sylvo-cynégétique ?

L'équilibre "sylvo-cynégétique", aussi appelé "équilibre forêt-gibier", consiste à rendre compatible la présence des grands herbivores en forêt avec le nécessaire renouvellement des peuplements forestiers.

Sauvegarder le patrimoine historique et culturel
©Anne-Marie Granet / ONF

Sauvegarder le patrimoine historique et culturel

Les forêts françaises sont depuis toujours façonnées par l’homme et ses activités. Elles conservent aujourd’hui la « mémoire » de l’histoire. Des vestiges archéologiques, mais aussi naturels permettent de mieux comprendre l’état actuel de la forêt et de mieux la gérer.

Le patrimoine bioculturel

C’est le nom donné aux vestiges archéologiques et naturels dans les forêts. Ils sont appréhendés de façon pluridisciplinaire, mêlant sciences humaines et forestières. Sites archéologiques, ponts, croix, fontaines, lavoirs... De nombreuses traces d’occupation humaine sont présentes dans les forêts. Ce patrimoine culturel est aujourd’hui pris en compte dans la gestion forestière, l’ONF disposant même de son propre réseau d’archéologues.

Vue de la forêt domaniale de Haye avec le Scan Laser Lidar - ©IGN

Les monuments historiques

Ils présentent un intérêt public du point de vue de l'histoire ou de l'art, et à ce titre bénéficient d'une protection juridique spécifique. Une attention particulière est portée aux édifices classés ou inscrits au titre des Monuments historiques. Les monuments naturels que sont les arbres remarquables font également l’objet d’un suivi personnalisé.

Avec le Lidar aéroporté, l’ONF s’est doté d’une technologie innovante utilisée à la fois pour l’archéologie et pour la gestion forestière. Équipé de ce laser, un avion survolant une forêt est ainsi capable d’en fournir une image en 3D, avec une précision au décimètre. Ce scanner offre ainsi une vision précise des reliefs et de la végétation, y compris sous le couvert. En mettant en évidence certains tracés et constructions, ce laser a même permis de découvrir des vestiges gallo-romains.