Protéger les forêts et agir pour l'environnement

Préserver la biodiversité, protéger les ressources en eau, prévenir les risques naturels, garantir l'équilibre forêt-gibier, sauvegarder le patrimoine historique et culturel… Les missions de protection assurées par l’Office national des forêts (ONF) sont très étendues. Découvrez son champ d’action et toute sa diversité.
Forestier de l'ONF en inventaire avifaune
©Erwan Le Marrec / ONF

Préserver la biodiversité

La diversité biologique assure le bon fonctionnement de la forêt et sa capacité à faire face au changement climatique. Voilà pourquoi préserver la biodiversité est l’une des missions prioritaires de l’ONF, en métropole et dans les territoires d’Outre-mer.

Concrètement, les forestiers de l’Office mènent au quotidien des actions de préservation et de renforcement de la biodiversité, parmi lesquelles :

 

©ONF

Certains forestiers ont une casquette particulière... Ils sont forestiers naturalistes ! Leur mission se résume ainsi : pour protéger efficacement la biodiversité, il faut bien la connaître. Voici pourquoi, depuis 2004, l'ONF a mis en place six réseaux spécialisés, regroupant 230 forestiers naturalistes.

En collaboration avec des acteurs locaux et nationaux, ils réalisent des inventaires et des suivis écologiques. Ce travail d'observation, de recensement et de compréhension, mêlant recherche et terrain, est crucial pour la sauvegarde des espèces et des habitats dans la gestion forestière. Ils s’intéressent aussi bien aux espèces en danger qu’aux espèces communes.

En récoltant des centaines de milliers de données sur tout le territoire, le travail des réseaux naturalistes de l'ONF guide ensuite les gestionnaires forestiers dans leurs pratiques quotidiennes.

Régine Touffait, secrétaire générale de la Direction forêts et risques naturels (DFRN) à l’ONF.

Et aussi :

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Créer et gérer des réserves biologiques

La gestion des forêts publiques est multifonctionnelle. Qu'est-ce que veut dire ce terme technique ? Tout simplement qu'en fonction des enjeux propres à chaque forêt, la gestion des forestiers combine la préservation de la biodiversité, la production de bois, l'accueil du public et la prévention des risques naturels.

Quand les enjeux écologiques sont prépondérants, ils peuvent amener l'ONF à la création d'espaces protégés plus spécialisés dans la conservation du patrimoine naturel : ce sont les réserves biologiques.

 Spécifique aux forêts relevant du régime forestier, le statut de réserve biologique existe depuis les années 1950. Début 2021, le réseau national comptait 250 sites, couvrant plus de 53 000 hectares dans les forêts de métropole et 86 000 dans les départements d'Outre-mer. Une cinquantaine de projets sont en cours d'instruction.

 Ces réserves sont de deux types :

  • réserves biologiques dirigées (RBD), où l'on applique une gestion particulière pour la conservation d'espèces ou de milieux naturels rares et vulnérables ;
  • réserves biologiques intégrales (RBI), soustraites à la sylviculture et qui constituent de précieux témoins de la forêt en évolution naturelle.

Le saviez-vous ?

L’Office est acteur du réseau Natura 2000 qui réunit les sites naturels à grande valeur patrimoniale de l’Union Européenne. 30% de la forêt publique se situe en zone Natura 2000.

Pour aller plus loin, lisez nos articles sur les réserves biologiques

L'ONF au service de l'environnement

Agir pour la qualité de l'eau

Étangs, mares, tourbières, forêts alluviales, marais, sources… L’eau façonne les divers paysages forestiers. L’ONF veille au quotidien à la préservation de ces milieux qui présentent à la fois un intérêt hydrologique et une grande richesse écologique et patrimoniale.

La forêt est un élément régulateur naturel de la ressource en eau. Les arbres puisent leurs nutriments en sels minéraux dans le sol et dans l’eau pour croître. Ils exercent ainsi un effet de filtre naturel. Leur rôle est donc majeur pour protéger les captages d’eau potable.

La forêt, un filtre pour l'air et l'eau

La forêt joue aussi un rôle de tampon en absorbant de forts volumes d’eau qu’elle restitue progressivement. Elle limite ainsi les phénomènes de crues et les risques d’érosion. L’action de l’ONF consiste à renforcer ce rôle positif de la forêt. Des travaux sont par exemple engagés pour permettre le passage de véhicules de chantiers forestiers sans endommager les sols ni les cours d’eau. Préservées, ces zones humides fragiles (marais, tourbières et habitats associés) peuvent accueillir une plus grande diversité d’espèces animales et végétales.

Des accords-cadres avec les agences de l'eau...

Depuis 2013, l’ONF développe des accords-cadres de coopération avec les Agences de l’eau : Rhône-Méditerranée-Corse ; Seine-Normandie ; Loire-Bretagne ; Rhin-Meuse ; Adour-Garonne ; Martinique. Ils permettent de réaliser les objectifs nationaux fixés par la politique de l’eau et par la directive européenne cadre sur l’eau en matière de préservation et de restauration des milieux humides.

©Christophe Brun / ONF

Adapter les forêts au changement climatique

Scolyte de l'épicéa, encre du châtaignier, rougissement du sapin... Le changement climatique touche déjà gravement la forêt française. Face à des épisodes plus fréquents de sécheresse, l'avenir des forêts est en jeu et les arbres dépérissent. 

Depuis 2018 dans les forêts publiques, plus de 300 000 hectares  sont touchés par ces dépérissements, soit environ 30 fois la superficie de Paris. "A terme, mais cela reste une hypothèse, nous pensons que 500 000 hectares de forêts domaniales pourraient être impactés", avance Brigitte Pilard-Landeau de la direction Forêts et risques naturels de l’ONF.

©ONF

Pour aider les forêts à s'adapter au climat de demain, l’ONF travaille étroitement avec l'Etat, les collectivités territoriales, les chercheurs... Préserver les forêts est une nécessité pour tous. Deuxième puits de carbone de la planète après les océans, les forêts absorbent chaque année 8 milliards de tonnes de CO2, dont 70 millions de tonnes en France. La forêt est aussi source de bien-être pour les populations et produit un matériau écologique, local et durable, le bois. 

Depuis 2020, l'Office déploie également son concept de "Forêt mosaïque", qui vise à diversifier les essences et les modes de sylviculture. Ce qui passe notamment par l'expérimentation de nouvelles essences forestières, qui pourraient être mieux adaptées aux climats plus chauds de demain, dans des îlots d'avenir. 

200 millions d'euros pour les forêts face au changement climatique

Fin 2020, l'Etat a officiellement annoncé un vaste plan de relance forestier de 200 millions d'euros pour les deux prochaines années. L’ambition : adapter les forêts au changement climatique, protéger la biodiversité et répondre aux besoins de la société en produits de bois. Un effort inédit de 150 millions d'euros sera fourni pour reboiser, en incitant les propriétaires à investir pour adapter leurs forêts au changement climatique. Ainsi, c’est plus de 45 000 hectares de forêts qui devraient pouvoir être adaptés, régénérés ou reconstitués, soit environ 50 millions d'arbres.

Et aussi :

Défense des forêts contre les incendies
©Giada Connestari / ONF

Prévenir les risques naturels

En partenariat avec l'Etat, les équipes spécialisées de l’ONF agissent sur le terrain pour limiter les risques naturels qui tendent à s’amplifier sous l’effet du réchauffement climatique. Anticiper et gérer les feux de forêts est une des missions d’intérêt général confiée à l'Office par l'Etat.

La prévention des feux de forêts est un enjeu majeur pour l’ONF. Le risque - qui se concentre principalement en région méditerranéenne durant l’été, mais qui s'étend désormais partout en France - mobilise fortement les forestiers à toutes les étapes du sinistre :

  • En amont, les forestiers font respecter la réglementation et sensibilisent le grand public pour limiter les départs de feu.

  • Les ouvriers forestiers procèdent à des débroussaillements et au maintien dans un bon état de fonctionnement des pistes, points d’eau (citernes), postes de vigie...

  • Sur le terrain, les forestiers s’emploient aussi à détecter les incendies et à les signaler aux pompiers. Lors d’un sinistre, ils donnent aux forces de secours des informations cruciales pour intervenir efficacement (localisation des citernes à eau, pistes à emprunter, types de végétation…). Ils peuvent élaborer une cartographie permettant aux pompiers de connaître précisément la position du feu et de suivre son évolution.

  • Après l’incendie, la priorité des forestiers est de sécuriser la zone (chutes d'arbres, éboulements...). À plus long terme, ils créent peu à peu les conditions qui vont permettre à la forêt de renaître de ses cendres.

©ONF
©Giada Connestari / ONF

Lutter contre l’érosion dunaire

La préservation des dunes est une autre mission d’intérêt général confiée par l’Etat à l’ONF. À l’avant des massifs forestiers, les dunes sont une protection naturelle du littoral contre l’érosion provoquée par la mer et le vent. Elles sont un milieu fragile et riche d’une biodiversité.

Les forestiers de l’ONF aménagent ces espaces mouvants pour retenir le sable. Ils végétalisent la dune avec les plants d’oyat, mettent en place de branchages, des filets cocos ou des ganivelles - des clôtures formées par l'assemblage de lattes de bois. Ils installent aussi des clôtures pour limiter l’impact du piétinement. Cet entretien quotidien des zones dunaires est la condition de leur préservation.

Et aussi :

Restauration des terrains de montagne
©Giada Connestari / ONF

Prévenir les différents risques en montagne

La forêt est essentielle pour prévenir les risques naturels. Elle limite l’importance des crues et, en montagne, joue un rôle clé pour réduire les avalanches, chutes de blocs, glissements de terrain et l’érosion superficielle. Le couvert forestier limite l'érosion des sols sur les flancs de montagne et donc l'alimentation des lits torrentiels en rochers. Dans les zones de départ d'avalanche, la présence d'un peuplement forestier dense fixe le manteau neigeux en altitude.

Les forestiers de l'ONF participent à renforcer le rôle de protection des forêts de montagne à travers leur mission de Restauration des terrains en montagne (RTM). A l'ONF, 104 personnes réparties au sein de 9 services sont mobilisées quotidiennement pour assurer cette mission d'intérêt général confiée par l'État. Leurs actions consistent à entretenir quelque 22 000 ouvrages de protection (barrages, paravalanche...) en forêt domaniale RTM et à accompagner le renouvellement des peuplements ayant un rôle avéré de protection. En maintenant un couvert forestier en montagne, les forestiers participent à la prévention des risques naturels.

En savoir plus :

Equilibre forêt-gibier
©Nathalie Petrel / ONF

Restaurer l'équilibre forêt-gibier

L’ONF s’assure que les grands herbivores ne compromettent pas la croissance de la forêt. Alors que celle-ci a un cycle de vie qui se compte en siècles, le gibier se multiplie quant à lui très rapidement.

Pour éviter que les animaux ne dévorent les jeunes pousses, les forestiers installent autour des dispositifs de protection. Mais ce n’est pas une solution durable. L’ONF et les chasseurs travaillent de concert pour rétablir un équilibre entre la forêt et les populations d’ongulés. - ©Van Meer / ONF

L’augmentation de ces populations a un impact préjudiciable sur la flore forestière. En plaine les cerfs, chevreuils sont nombreux ; en montagne les chamois, isards et mouflons sont moins denses. Les dégâts causés aux jeunes arbres sont trop importants : consommation de jeunes pousses ou rameaux, frottis de jeunes tiges, écorçage des arbres... La diversité de la flore et le renouvellement de la forêt s’en trouvent menacés.

Qu’est-ce que l'équilibre sylvo-cynégétique ?

L'équilibre "sylvo-cynégétique", aussi appelé "équilibre forêt-gibier", consiste à rendre compatible la présence des grands herbivores en forêt avec le nécessaire renouvellement des peuplements forestiers.

Pour aller plus loin :

Sauvegarder le patrimoine historique et culturel
©Anne-Marie Granet / ONF

Sauvegarder le patrimoine historique et culturel

Les forêts françaises sont depuis toujours façonnées par l’homme et ses activités. Elles conservent aujourd’hui la "mémoire" de l’histoire. Des vestiges archéologiques, mais aussi naturels permettent de mieux comprendre l’état actuel de la forêt et de mieux la gérer.

  • Le patrimoine bioculturel

C’est le nom donné aux vestiges archéologiques et naturels dans les forêts. Ils sont appréhendés de façon pluridisciplinaire, mêlant sciences humaines et forestières. Sites archéologiques, ponts, croix, fontaines, lavoirs... De nombreuses traces d’occupation humaine sont présentes dans les forêts. Ce patrimoine culturel est aujourd’hui pris en compte dans la gestion forestière, l’ONF disposant même de son propre réseau d’archéologues.

  • Les monuments historiques

Ils présentent un intérêt public du point de vue de l'histoire ou de l'art, et à ce titre bénéficient d'une protection juridique spécifique. Une attention particulière est portée aux édifices classés ou inscrits au titre des Monuments historiques. Les monuments naturels que sont les arbres remarquables font également l’objet d’un suivi personnalisé.

Avec le Lidar aéroporté, l’ONF s’est doté d’une technologie innovante utilisée à la fois pour l’archéologie et pour la gestion forestière. Équipé de ce laser, un avion survolant une forêt est ainsi capable d’en fournir une image en 3D, avec une précision au décimètre. Ce scanner offre ainsi une vision précise des reliefs et de la végétation, y compris sous le couvert. En mettant en évidence certains tracés et constructions, ce laser a même permis de découvrir des vestiges gallo-romains. 

Vue de la forêt domaniale de Haye avec le Scan Laser Lidar - ©IGN