Avec le projet Régébloc, l’ONF contribue à la régénération des forêts

Certaines forêts n'arrivent plus à se renouveler naturellement. Afin de déterminer les raisons de ces blocages, l’ONF participe au projet Régébloc.

Depuis novembre 2016, les équipes de l'ONF, l'Office français de la biodiversité et les chercheurs de l'INRAE travaillent sur un ambitieux projet de recherche baptisé Régébloc. L'objectif : comprendre les raisons pour lesquelles les forêts ne parviennent pas toujours à se renouveler naturellement après une tempête, une crise sanitaire ou encore une exploitation de bois. "Dans les forêts publiques gérées par l'ONF, les forestiers privilégient dans 80% des cas le principe de régénération naturelle, plutôt que celui de la plantation. Autrement dit, ils laissent faire la nature et la germination naturelle des graines apportées par le vent et certains animaux disséminateurs. Nous n'intervenons qu'ensuite, en accompagnement de cette dynamique", explique Jonathan Pitaud, chargé de recherche et développement spécialisé sur le renouvellement des peuplements à l'ONF. 

Seulement voilà : il arrive que ce processus naturel soit bloqué pour des raisons encore floues. Avec le projet Régébloc, l'Office national des forêts et ses partenaires espèrent mieux comprendre les facteurs de blocage pour garantir le succès du renouvellement des forêts.

Plantation de pins de Salzmann en Ardèche en mars 2019 par l'ONF et ses partenaires. - ©Alex Bonnemaison/ONF

La régénération naturelle consiste à renouveler naturellement une forêt à partir des graines (ou semences) tombées des arbres présents antérieurement. Les forestiers interviennent pour permettre aux semis naturels de se développer et construire la forêt de demain. Ce mode de renouvellement est largement favorisé car il s'inscrit dans une continuité écologique et permet de réduire les coûts.

Ainsi si les essences d’origine sont de qualité, la régénération naturelle permettra de recréer un peuplement, adapté aux conditions locales et moins vulnérable au changement climatique. Cependant, il arrive que ce processus naturel soit bloqué. Les causes peuvent être multiples : concurrence de la végétation, problèmes d’engorgements, de sécheresse, tassement du sol, attaque par les animaux, manque de lumière… C’est dans ce cadre qu’intervient le projet Régébloc.

Le rôle de l’INRAE est de suivre les dispositifs en Grand Est, de sélectionner les parcelles et de mettre en place le dispositif. Nous avons des contacts fréquents avec les responsables d’agence de l’ONF et aussi avec les gestionnaires forestiers. Il y a beaucoup de collaboration avec l’ONF et un important partage de connaissances.

Alexandre Frauenfelder, Ingénieur INRAE au pôle RENFOR.

Des expériences pour préserver la forêt

Afin de lutter contre ces obstacles, les équipes de l’ONF et de l’INRAE étudient l’influence de chacun des éléments bloquants sur des parcelles expérimentales. Différentes méthodes sont testées : travail du sol par des outils mécanisés, élimination de la végétation concurrente ou encore pose de barrières contre les herbivores. 

Les dispositifs expérimentaux sont surtout concentrés dans le Nord Est où les dégâts du changement climatique se font déjà sentir. Toutefois, le réchauffement touche toutes les forêts, il est donc nécessaire d'expérimenter dans d'autres régions. Les essences de chênes et de sapins sont particulièrement sensibles à la hausse des températures et sont donc étudiées en priorité.  

Bacs de récolte de graines en forêt. - ©Lucie Arnaudet / ONF

Aujourd'hui, les forestiers de l’ONF surveillent régulièrement les parcelles expérimentales. Les chercheurs de l'INRAE, en étroite collaboration avec les personnels du réseau recherche et développement innovation (RDI) de l'ONF, réalisent des mesures, comptent les semis et collectent les glands une fois par an. Toutes les deux semaines, ils vérifient l’état de la nappe d’eau dans le sol. Les membres du pôle RENFOR surveillent l'activité des ongulés herbivores grâce à la pose de pièges photographiques. Ils suivent également la météo et les contraintes climatiques.

Pour permettre de mieux analyser les données recueillies, et notamment les graines et les jeunes pousses, la pépinière expérimentale de Guémené-Penfao a été associée au projet. Les forestiers et les chercheurs devront encore collecter et étudier de nouvelles informations pour, in fine, proposer des solutions concrètes au renouvellement des forêts. Les premiers résultats seront disponibles d’ici environ 3 ans.

Les quatre sites expérimentaux

En 2017, le premier site d’expérimentation est ouvert à Vierzon (Cher) et géré par l’ONF. Suivront en 2018 trois autres sites, deux dans des chênaies (sites de Lamarche et Chaux, Vosges et Jura) et un dans une sapinière de moyenne montagne (site de Colroy-Lubine, Vosges). Travailler sur deux chênaies permet d’étudier différents climats et des peuplements variés. Cela permet également de savoir si les résultats obtenus pourront être généralisés à d’autres chênaies.

©RENFOR

Les partenaires du projet

Régébloc est un réseau d’expérimentation animé par le pôle RENFOR (RENouvellement des peuplements FORestiers), mis en œuvre par l’ONF, l’INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) et l’OFB (Office français de la biodiversité).

Pour aller plus loin :

©ONF