Avec le projet Régébloc, l’ONF contribue à la régénération des forêts

Dans certaines forêts, les régénérations naturelles sont en échec. Afin de déterminer les raisons de ces blocages et accompagner le renouvellement, l’ONF participe au projet Régénération naturelle en situation de Blocage.

L’objectif du projet Régébloc (REGEnération naturelle en situation de BLOCage) est de mieux comprendre les facteurs de blocage de la régénération naturelle afin d'assurer le renouvellement futur des forêts. Depuis début 2016, des expérimentations sont en cours et vont permettre d’isoler les facteurs à l’origine de ces difficultés et ainsi de mieux cibler les opérations sylvicoles.

Afin de lutter contre ces blocages, les équipes de l’ONF et de l’Inra étudient l’influence de chacun des éléments bloquants sur des parcelles expérimentales. Différentes méthodes vont être testées :  travail du sol par des outils mécanisés, élimination de la végétation concurrente ou encore pose de barrières contre le herbivores. Les premiers résultats seront disponibles d’ici environ 3 ans.

Bacs de récolte de graines en forêt - ©Lucie Arnaudet / ONF

En attendant, les agents locaux de l’ONF surveillent la survie et la croissance des peuplements sur des parcelles expérimentales. Les agents de Recherche et développement de l'Inra réalisent des mesures, comptent les semis et collectent les glands une fois par an. Toutes les deux semaines, ils vérifient l’état de la nappe d’eau dans le sol. Les agents du pôle Renfor surveillent les ongulés herbivores grâce à la pose de pièges photographiques. Ils suivent également la météo et les contraintes climatiques.

Pour permettre de mieux analyser les données recueillies, la pépinière expérimentale de Guémené-Penfao a été associée au projet. Grâce à l’expertise des agents de l’ONF, il a été démontré que la disponibilité des graines n’était pas un facteur de blocage dans le processus de régénération naturelle.

La régénération naturelle des forêts, un enjeu majeur

"La régénération naturelle consiste à laisser la forêt se renouveler par elle-même, sans intervention humaine", explique Jonathan PITAUD, chargé de recherche et développement spécialisé sur le renouvellement des peuplements à l'ONF. Ce mode de renouvellement est très favorisé parce qu’il permet de réduire les coûts et s’inscrit dans une continuité écologique.

Ainsi si les essences d’origine sont de qualité, la régénération naturelle permettra de recréer un peuplement, adapté aux conditions locales et moins vulnérable au changement climatique. Cependant, il arrive que ce processus naturel soit bloqué. Les causes peuvent être multiples : concurrence de la végétation, problèmes d’engorgements, de sécheresse, tassement du sol, attaque par les animaux, manque de lumière… C’est dans ce cadre qu’intervient le projet Régébloc.

Le rôle de l’Inra est de suivre le dispositif en Grand Est, de sélectionner les parcelles et de mettre en place le dispositif. Nous avons des contacts fréquents avec les responsables d’agence de l’ONF et aussi avec les gestionnaires forestiers. Il y a beaucoup de collaboration avec l’ONF et un important partage de connaissances.

Alexandre Frauenfelder, Ingénieur Inra au pôle Renfor.

Les quatre sites expérimentaux

En 2017, le premier site d’expérimentation est ouvert à Vierzon (Cher) et géré par l’ONF. Suivront en 2018 trois autres sites, deux dans des chênaies (sites de Lamarche et Colroy-Lubine, Vosges) et un dans une sapinière de moyenne montagne (site de Chaux, Territoire de Belfort). Travailler sur deux chênaies permet d’avoir un gradient de climat et des peuplements différents. Cela permet également de savoir si les résultats obtenus pourront être généralisés à d’autres chênaies.

Carte des différents sites expérimentaux - ©RENFOR

Les partenaires du projet

Régébloc appartient au réseau d’expérimentation Renfor (RENouvellement des peuplements FORestiers) et est mis en œuvre par l’ONF, l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) et l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

Pour aller plus loin :

©ONF