| 
+ de critères

Protéger la ressource en eau

La prise en compte des contraintes liées à l'eau est nécessaire au moment de fixer les objectifs de gestion de la forêt, notamment pour le choix des essences et lorsque la forêt peut contribuer en zone de montagne à limiter les risques naturels.

  • Envoyer à un ami

Pratiques forestières et gestion de l’eau indissociables

La conférence ministérielle pour la protection des Forêts en Europe l’a rappelé en 2007.

L’aménagement forestier tient compte des ressources disponibles en eau

Le facteur eau (précipitations et réserves en eau du sol) est un élément déterminant pour la répartition naturelle des essences forestières. Il est donc indispensable pour les forestiers de comprendre la circulation et le rôle de l'eau au niveau de l'arbre et des forêts qu'ils gèrent.

La démarche de l'aménagement forestier, document cadre de la gestion durable de la forêt publique, comprend une étude des caractéristiques du milieu naturel qui influencent la dynamique de la végétation (climat, exposition, pente, sol...). Le choix d'essences forestières adaptées, notamment vis-à-vis du bilan hydrique (interaction climat-sol-végétation), est un préalable à l'installation et au bon développement d'un peuplement. Sur un même massif, plusieurs types de "stations forestières" peuvent être identifiés, chacun présentant des caractéristiques similaires. Le choix des essences et de leur gestion sylvicole est déterminé en combinant l'objectif recherché (production, protection du milieu, valorisation paysagère...) et les conditions de la station forestière concernée, conditions dont dépendent directement la croissance et le développement des essences.

La disponibilité de l'eau pendant la saison de végétation, la profondeur de la nappe, son écoulement... font partie des éléments qui déterminent le choix des essences à privilégier pour favoriser une forêt vigoureuse et en bonne santé. Une dimension d'autant plus importante que le changement climatique observé par les scientifiques risque de se traduire par d'importantes modifications des précipitations et de leur répartition pendant l'année.

La pluviométrie, et sa répartition dans l'année, est un élément fondamental de la présence de certaines essences
© Jean-Marc Pechart / ONF La pluviométrie, et sa répartition dans l'année, est un élément fondamental de la présence de certaines essences

Le sylviculteur module ses interventions en fonction de la disponibilité en eau

Le gestionnaire forestier peut encore exercer un rôle actif tout au long de la vie du peuplement. Notamment en régulant les compétitions pour l'eau, les éléments minéraux et la lumière exercées par les espèces végétales concurrentes des arbres, et en conduisant une sylviculture active. Un peuplement plus clair résistera par exemple mieux à un déficit en eau qu'un peuplement trop dense.

Ainsi, au stade de régénération (naturelle ou non), la présence d'un couvert herbacé et/ou arbustif dense influe sur les conditions de croissance, voire de mortalité, des régénérations forestières naturelles ou artificielles. La végétation concurrente réduit en effet fortement aussi bien la disponibilité en eau et en éléments minéraux du milieu pour les jeunes arbres, que la lumière, dont le manque peut limiter la croissance de certaines espèces. Le travail du sol et la maîtrise de la végétation d'accompagnement permettent alors de favoriser la reprise et la croissance initiale des jeunes arbres.

Le forestier agit donc activement sur la gestion de l'eau, en conduisant une sylviculture attentive à la compétition entre les essences forestières et en préservant les caractéristiques physiques du sol notamment lors des travaux d'exploitation. Il s'agit d'éviter le compactage des horizons du sol et la mortalité des racines superficielles. Par ailleurs, le réseau de desserte doit être adapté en fonction des caractéristiques des stations forestières. 

La sylviculture peut contribuer à la maîtrise des risques naturels associés à l'eau

A l'opposé d'un sol nu, la forêt retient l'eau
© Vincent Pereira / ONF A l'opposé d'un sol nu, la forêt retient l'eau

A l'opposé d'un sol nu, la forêt retient l'eau. Si son effet reste incertain sur les crues très importantes (lire ci-dessous), il est en revanche démontré en montagne où la forêt peut contribuer grandement à limiter les risques naturels liés au facteur eau : avalanches, glissements de terrain et érosion superficielle par les eaux de ruissellement. Ce rôle de la forêt a été à l'origine des nombreux reboisements réalisés au XIXe siècle en montagne dans le cadre des lois de restauration des terrains en montagne (RTM).

La sylviculture doit alors être adaptée aux objectifs de protection du milieu physique. Il n'existe pas d'essences, ni de règles sylvicoles miracle : il convient de choisir les espèces forestières les mieux adaptées aux caractéristiques de chaque station.

En matière de risques de départ d'avalanches, l'action du forestier est essentiellement préventive, en installant des peuplements constitués d'arbres sains et vigoureux qui favorisent la stabilité de la couche de neige et empêchent la reptation du manteau neigeux.

Et en matière de glissements de terrain ou d'érosion superficielle des sols en pente, la priorité est accordée à la stabilité de la couverture végétale du sol au cours du temps et l'hétérogénéité horizontale et verticale du couvert est alors favorisée : sont privilégiés les peuplements forestiers mélangés et de structure irrégulière. 

Forêt et crues

Il apparaît difficile dans l'état actuel des connaissances de dégager un consensus sur le rôle précis que la forêt peut jouer lors des crues : elle aurait un rôle bénéfique pour des événements modérés telles les crues décennales, mais elle n'aurait pratiquement pas d'influence lors de crues plus importantes.

La présence d'une forêt peut diminuer l'importance des crues, mais pas forcément davantage que celle d'un autre couvert végétal. C'est donc l'opposition sol nu-sol couvert qui détermine des processus hydrologiques très différents.

Enfin, l'effet réducteur de crues est constaté pour les petits bassins versants, mais il s'atténue à des échelles plus grandes.

Haut de page

Zope 3