Un été en forêt

La forêt, telle qu’on la connaît, majestueuse, riche, accueillante, est le fruit d’un travail passionné. Ce travail, ce sont les forestiers de l’ONF qui le mènent depuis des générations à travers la gestion forestière. Préserver la biodiversité, récolter du bois, accueillir le public : ces actes ont une saisonnalité qui respecte le rythme naturel de la forêt, mais aussi celui des hommes.
©Giada Connestari / ONF

Préparer la forêt de demain

Été comme hiver, les forestiers s'occupent de la forêt et préparent son avenir. Dégagement, élagage, nettoiement, éclaircies ou encore dépressage... Ces mots vous sont sûrement inconnus mais ils recouvrent des actions sylvicoles majeures pour assurer l'entretien des forêts. Réalisées toute l'année, certaines d'entre elles sont toutefois plus fréquentes en été :

  • Les opérations de dégagement : elles consistent à supprimer une végétation dite « concurrente », comme par exemple les ronciers, qui font de l'ombre aux jeunes plants d'arbres. Les forestiers réalisent ce dégagement lorsque les arbres sont inférieurs à 3 mètres de haut.
  • Les opérations de dépressage : elles concernent des arbres compris entre 3 et 10 mètres de haut et servent à diminuer la densité forestière d'une parcelle. Les arbres restants auront ainsi plus d'espace pour développer leur tronc et leur houppier, c'est-à-dire l'ensemble de leurs branches.
  • L'élagage de formation : il consiste à couper les branches situées sur le tronc qui sera récolté plus tard. L'élagage peut se pratiquer jusqu'à 6 mètres de hauteur et permet d'obtenir des arbres sans défaut, qui seront valorisés au sein de la filière bois. Les plus beaux d'entre seront par exemple destinés à la tonnellerie et abriteront les meilleurs vins du monde...
©Giada Connestari / ONF

Lutter contre les feux de forêt

Dégagement des pistes menant aux citernes d'eau, débroussaillement de la végétation, sensibilisation du public... Toute l'année, les 230 membres du service de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) de l'ONF anticipent les feux de forêt qui sévissent pendant la saison chaude estivale.

Avec la chaleur et le vent, l'été est une période particulièrement délicate pour les forêts. En 2017 notamment, les incendies ont été très virulents, brûlant au moins 20 000 hectares de forêt dans la sud de la France. Une fois les incendies déclarés, les équipes de la DFCI interviennent dans la lutte contre le feu au travers de plusieurs actions phares :

Partage d’informations entre la patrouille forestière de prévention des incendies et le Commandant des opérations de secours - ©Gérard Graule

Etape 1 : guider les forces de secours

Grâce à un réseau de surveillance sur le terrain, les équipes de la DFCI, lorsqu'elles repèrent un feu, peuvent transmettre très rapidement sa localisation aux pompiers. Le forestier de terrain se met ensuite à disposition des services de secours pour les informer des enjeux de la zone (localisation des citernes à eau, pistes à emprunter, types de végétation).

Lors des incendies, les forestiers sont mobilisés pour apporter leur expertise et appuyer les services de lutte. Ici pour une mission de renseignement sur l’évolution du front de flammes - ©Yvon Duché / ONF

Etape 2 : cartographier le feu

Lors des incendies, les forestiers sont mobilisés pour apporter leur expertise et appuyer les services de lutte. Ici pour une mission de renseignement sur l’évolution du front de flammes.

Lorsque le feu prend de l'ampleur, les forestiers réalisent, grâce à un système d'information géographique, une cartographie évolutive des contours du feu. Cette carte permet aux pompiers de connaitre précisément la position du feu et d'anticiper une stratégie de lutte en fonction de l'avancée des flammes.

Luc Vénot, coordinateur DFCI dans les Bouches-du-Rhône, est intervenu sur le feu de Saint-Cannat qui s'est déclaré le 15 juillet dernier et a brûlé plus de 800 hectares de végétation : « Cartographier le feu, c'est primordial. Ne serait-ce que pour aider les pompiers à l'enrayer et pour protéger la population des flammes. Avec mon équipe, nous avons travaillé une grande partie de la nuit pour élaborer ces cartes. Nous sommes en alerte permanente ! »

DFCI : forestier et gendarme sur un périmètre identifié de départ de feu - ©Nathalie Pétrel / ONF

Etape 3 : déterminer l’origine du feu

Si le feu est très important ou si son origine est suspecte, l'ONF prend part à la cellule de Recherche des causes et circonstances des incendies (RCCI). Ce dispositif, qui réunit forestiers, pompiers et forces de l'ordre (police ou gendarmerie), permet, grâce à un partage de compétences, de déterminer la zone de départ de feu et sa cause.

Image satellite Sentinel 2B du 17/07/2017 à Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône) - ©CNES 2017 / ESA 2017

Etape 4 : utiliser des images satellites

Depuis 2016, l'agence spatiale européenne met à disposition du public des images satellites du territoire. Utilisées lorsque l'incendie est terminé, elles permettent, en comparant les données avant et après le feu, de cartographier la trajectoire et les contours de l'incendie. Cette analyse aide notamment à déterminer les zones où les feux sont les plus fréquents, pour y organiser une meilleure stratégie de prévention. Gratuite, cette méthode représente aussi un important gain de temps, puisqu'elle vient remplacer un long travail de terrain au GPS. Ces images satellites seront désormais utilisées sur tous les feux de plus de 50 hectares.

Etape 5 : et après ?

Conseils auprès des élus locaux inquiets de la dangerosité des arbres brûlés ; étude des zones incendiées ; travaux de prévention des risques (chutes d'arbres, éboulements...), coupes esthétiques ou sanitaires... Une fois le feu éteint, les forestiers continuent de s'activer pour que la forêt reprenne ses droits. Et si elle s'avère trop endommagée pour assurer sa régénération naturelle, les forestiers seront là pour l'aider grâce aux semis et aux plantations !

Les effets d’un incendie survenu en 2016 dans la commune de Martigues - ©Frédéric Glon / Giada Connestari
©Giada Connestari / ONF

Préserver la biodiversité et la santé des forêts

La forêt est un écosystème riche d'une grande biodiversité animale et végétale mais, comme tout équilibre, elle est aussi sensible à son environnement et sujette aux maladies. Des parasites néfastes, comme par exemple la chalarose du frêne, peuvent attaquer les arbres et provoquer, parfois, leur mort sur pied. Le changement climatique, lui aussi, est un facteur de stress pour la forêt.

Afin d'anticiper ces risques et de mieux comprendre les évolutions de la forêt française, l'ONF a créé en 1992 le Réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers (RENECOFOR). Composé d'une centaine de sites d'observation, ce réseau a permis la mise en place d'une surveillance sanitaire de la forêt dans ses différentes composantes : des arbres au sol, en passant par l'atmosphère et la diversité végétale de la forêt.

©Nathalie Petrel / ONF

En été, les équipes de l'ONF continuent d'assurer cette surveillance sanitaire et observent particulièrement trois phénomènes : l'évolution de la forêt face au changement climatique, l'influence de la pollution atmosphérique sur son équilibre nutritif et la diversité de ses espèces végétales.

Cette accumulation de données sur la forêt est une véritable mine d'or pour les milieux scientifiques, qui utilisent ces informations pour mieux comprendre le fonctionnement de nos écosystèmes forestiers et s'adapter aux changements environnementaux. Les résultats du RENECOFOR servent aussi très souvent de repère pour établir des politiques publiques avisées en matière de pollution atmosphérique.

Entretenir les structures d’accueil du public

©Débora Linel / ONF

Bancs, tables, panneaux de signalisation et d'information... L'ONF met de nombreux mobiliers à disposition de tous les publics. Chaque été, les équipes des ateliers bois de l'Office, qui fournissent ce matériel, veillent à ce qu'il soit en bon état. Cela passe par des travaux d'entretien, comme par exemple le brossage du bois ou encore la pose d'huiles naturelles traitantes et protectrices. La forêt est ainsi fin prête pour vous accueillir !

©Jean-Yves Lacote / ONF

Près de 18 000 km de sentiers pédestres parcourent les forêts publiques françaises, ainsi que de nombreuses routes. Afin que les promeneurs puissent en profiter et ce en toute sécurité, les ouvriers forestiers de l'ONF veillent à leur entretien. Fauchage des accotements, élagage des arbres en bordure, bouchage des nids de poules... autant de travaux légers réalisés pour le confort du public en forêt !