+ de critères

Exploiter la forêt est un acte de gestion durable

La production de bois résulte d’actes de gestion sylvicole qui permettent d’entretenir et valoriser le patrimoine forestier.

Une éclaircie ouvre le ciel de la forêt pour faire s'étaler la cime des plus beaux arbres
Une éclaircie ouvre le ciel de la forêt pour faire s'étaler la cime des plus beaux arbres © Philippe Lacroix / ONF

L'exploitation des forêts contribue à leur gestion durable et à la préservation du patrimoine forestier. « Nous ne sommes pas dans un système d'exploitation minière de la forêt qui consisterait à prélever tous les bois au gré des besoins », explique Laurence Lefebvre, responsable du département Forêts de l'ONF.

Elle définit ainsi le rôle de la sylviculture : « Nous accompagnons dans leur croissance une mosaïque des peuplements de différents âges, du jeune semis à l'arbre mûr dont les dimensions ont atteint l'optimum économique. Au cours de leur cycle de vie, il est nécessaire de faire des éclaircies qui diminuent progressivement le nombre d'arbres d'un peuplement, pour favoriser les arbres les mieux à même de produire du bois de qualité, maintenir leur vitalité et leur potentiel de croissance, assurer leur bon état de santé, maintenir une diversité d'espèces, et enfin préparer leur régénération lorsqu'ils arrivent en fin de cycle sylvicole. »

La sylviculture se résume souvent dans cette formule : « Imiter la nature et hâter son œuvre » (lire l'encadré ci-dessous sur les critères de gestion durable). Aux différents âges de cette conduite sylvicole de la forêt sont réalisées des coupes qui fournissent des produits à commercialiser. 

Du pourquoi au comment

L'efficacité des actions forestières dépend de leur cohérence et de leur continuité vis à vis d'objectifs choisis. Une programmation des coupes et un bon suivi des résultats contribuent à l'efficacité de la gestion.

La planification de la gestion forestière se décline du niveau national jusqu'à la forêt elle-même :

  • le Code forestier fixe les principes de gestion durable des forêts publiques et privées
  • le Programme forestier national et la Loi d'orientation forestière fixent les objectifs de la politique forestière de l'Etat
  • ils sont prolongés par des textes de portée régionale, les orientations forestières, directives et schémas régionaux d'aménagement
  • enfin, chaque forêt publique dispose d'un document, l'aménagement forestier, qui planifie sa gestion.

 

L'aménagement forestier : un plan de gestion généralement pour vingt ans

Un plan de gestion à long terme (20 ans) guide les choix du forestier
Un plan de gestion à long terme (20 ans) guide les choix du forestier © Philippe Lacroix / ONF

L'aménagement forestier est le maillon essentiel de la gestion forestière. Ce plan de gestion est établi pour quinze ou vingt ans par les forestiers de l'ONF. Il est avalisé par le ministère de tutelle pour les forêts domaniales, et par les préfets de région pour les forêts des collectivités territoriales. Il a donc une valeur juridique.

L'aménagement forestier comprend :

  • une analyse qui, outre le bilan de l'aménagement précédent, décrit la composition de la forêt et ses différentes fonctions : protection des sols en montagne ou des dunes sur la côte, usages récréatifs en forêt péri-urbaine, forêt majoritairement de production, volonté de conserver la biodiversité...
  • une fois ces fonctions mises en évidence, des objectifs hiérarchisés sont alors assignés à la gestion forestière, tant au niveau de la production de bois, du paysage, de l'accueil du public, de la biodiversité....

Tout cela se traduit par des actions concrètes, dont la récolte des bois, avec les coupes programmées sur vingt ans, ou des travaux à caractère patrimonial dans la forêt, qui sont refinancés par le produit de la vente des coupes.

Le document précise à quel moment une parcelle sera exploitée, en application d'un principe de sylviculture.

Pour protéger la biodiversité, le document identifie les habitats particuliers pour lesquels les exploitations seront adaptées ou même exclues temporairement.

Perpétuer le patrimoine

L'aménagement forestier, même s'il est précis dans ses objectifs, n'est pas figé (lire l'entretien ci-contre avec Laurence Lefebvre).

« Nous gérons des écosystèmes vivants, des aléas surviennent et tout ne se déroule pas toujours comme le forestier l'avait prévu. Il peut alors être nécessaire de procéder à des ajustements du plan d'action, voire si nécessaire de le réviser en profondeur », explique Laurence Lefebvre.

La volonté de léguer aux générations futures le même patrimoine forestier, voire un patrimoine amélioré, est un objectif qui anime l'aménagement forestier. Il faut savoir que le renouvellement de la forêt se fait principalement par régénération naturelle, et de telle sorte que toutes les classes d'âges soient représentées.

Des principes pour une gestion et une exploitation durable des forêts

La vitalité d'une forêt est sa meilleure protection contre les attaques
La vitalité d'une forêt est sa meilleure protection contre les attaques © Yvan Orecchioni / ONF

Dans une perspective de gestion durable, les grands principes de l'exploitation des forêts ont été précisés lors de différentes conférences internationales. La Conférence européenne pour la protection des forêts en Europe a, lors la réunion d'Helsinki en 1993, énuméré les critères retenus.

Ces critères de gestion durable sont repris dans l'article 1 du Code forestier. Les principaux sont les suivants :

  • assurer la santé et la vitalité des forêts
  • s'assurer des capacités de régénération des forêts, c'est-à-dire ne pas se mettre dans des situations où on n'arrive plus à renouveler les peuplements à leur terme pour les générations futures
  • s'assurer que la fonction économique de la forêt est durablement satisfaite, notamment pour les besoins en éco-matériaux de la filière bois, ce qui contribue à lutter contre l'effet de serre par piégage du carbone tout en maintenant la productivité des forêts
  • s'assurer que les fonctions sociales et environnementales sont prises en compte, notamment concernant l'accueil du public, le maintien de la biodiversité et l'équilibre faune-flore.

La plupart de ces critères sont traités dans les aménagements forestiers (fonctions économique, sociale et environnementale, capacités de régénération...). Quelques autres, comme la nécessité d'assurer la santé et la vitalité des peuplements, sont des principes de base de la sylviculture.

Ressources