Les forêts, au cœur de l'identité des îles de l'océan Indien

Les forêts réunionnaises abritent une faune et une flore très riches, dont de nombreuses espèces endémiques. En partenariat avec le Conseil départemental et les acteurs locaux, l’ONF s’engage pour la protection de cette biodiversité. Il agit également pour informer et accueillir le public, dans des forêts qui attirent chaque année de nombreux touristes.
©Yabalex

Des sites forestiers remarquables et valorisés

À La Réunion, la surface du couvert forestier totalise 120 000 ha soit 45% de la superficie de l’île. L’essentiel des forêts se trouve dans l'espace montagneux central, au cœur du Parc national. Inauguré en 2008, ce parc couvre 42% de la surface de l’Île et comprend des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco : les « pitons, cirques et remparts », parmi lesquels le volcan du Piton de la Fournaise.

Poursuivant le travail mené par des générations de forestiers, l’ONF continue d’œuvrer à la préservation et à la valorisation des forêts, dans toute l’île. Dans les terres, sur le littoral également, des forêts telles que celle de L'Étang-Salé ou Mare-Longue sont ainsi de véritables sanctuaires de biodiversité.

Les massifs les plus importants sont la forêt de la Coloraie du Volcan (23 479 ha), située au sud-est de l'île, la forêt des Hauts-sous-le-Vent (8 211 ha) et le massif forestier de Bébour - Bélouve (9 390 ha).

Sentier Affouches, forêt de la Roche Ecrite - ©DR

Ce statut de forêt départemento-domanial, propre aux Départements, régions et collectivités d’outre-mer (DROM-COM), concerne 91% des forêts publiques de La Réunion. Héritage du passé, il permet au département de conserver la nue- propriété des forêts ; en contre-partie, l’État en obtient le droit d’usage. Cette particularité fait du Conseil départemental de La Réunion (le propriétaire) le principal partenaire de l'ONF (le gestionnaire).

©ONF

L'île de La Réunion compte deux essences locales principales : le Tamarin des Hauts, qui s’épanouit entre 1200 et 1800 m d'altitude et le Cryptoméria du Japon, arbre à croissance rapide planté au-dessus de 1000 m d'altitude. De nombreuses autres espèces endémiques peuplent l’île. C’est le cas notamment dans les forêts de Bois de couleur des Hauts et des Bas, réputées pour la richesse de leur écosystème.

Plantation de cryptoméria du japon en forêt - ©Yabalex

Le territoire en bref

48%
de couverture forestière
84%
de forêts publiques
dont
91%
de forêts départemento-domaniales
dont
3%
de forêts domaniales
dont
3%
de forêts départementales
dont
1%
de forêts communales
16%
de forêts privées
Grumes de Tamarin
©ONF

L’ONF, pourvoyeur de la filière bois locale

L’ONF produit annuellement 10 à 15 000 m3 de bois destinés à alimenter une filière en bois d'ébénisterie (Tamarin) et en bois d'aménagement de bâtiments et de construction (Cryptoméria). Largement utilisé dans le bois d’œuvre et l’aménagement intérieur, le Cryptoméria assure aussi souvent une fonction de protection contre l'érosion des sols.

Leur commercialisation se fait au travers d’un contrat d’approvisionnement pluriannuel avec Sciages de Bourbon SA, scierie installée à Saint-Benoît, au cœur du pôle bois de La Réunion, depuis 2008. Innovation majeure pour l’ONF, son actionnariat est privé à 51% et public à 49%. Elle a permis de recentrer l’activité de la filière bois sur la sylviculture et l’approvisionnement, laissant le soin à la société Sciages de Bourbon d’assurer la transformation.

Au premier plan, des fougères arborescentes
©Yabalex

Une biodiversité variée et singulière

La présence de trois importants cirques naturels (Mafate, Cilaos, Salazie), du Piton des neiges et du Piton de la Fournaise se traduit par la présence de plus de 100 micro-climats sur l'île ! On compte ainsi près de 1 000 espèces de plantes, 30 espèces d'oiseaux, 6 espèces de reptiles et des centaines d'espèces d'insectes.

Plan de travail 123

Des espèces endémiques

Faune : le Papangue, le Tuit-tuit, le Tec-tec, le Lézard vert de Manapany

Flore : le Tamarin des hauts, le Fanjan, le Bois corail, le Bois de nèfles…

L’ONF Réunion, engagé dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes

Les milieux insulaires, caractérisés par un fort taux d’endémisme, sont particulièrement sensibles aux bouleversements écologiques. À la Réunion, l’invasion de plantes exotiques constitue la principale menace pour les espèces indigènes. Le Longose, le Raisin marron, le Bringellier marron, le Fuschia, l’Ajonc d’Europe, la Liane papillon ou encore le Goyavier font partie de la centaine de plantes invasives répertoriées sur l’île. Réduire leur prolifération est fondamental pour garantir la survie des espèces endémiques végétales de l’île. C’est pourquoi l’ONF poursuit une lutte active contre ces parasites depuis les années 80 via l’élaboration - en partenariat avec les collectivités et ses partenaires européens - de stratégies de restauration du milieu naturel.

Peste végétale, vigne marronne - ©Yabalex / ONF
Des chantiers de lutte financés par le Conseil départemental et l’Europe - ©Héléna Sautron / ONF

Lutter contre les pestes végétales en forêt

Très prisée des randonneurs, la forêt de Bon Accueil aux Makes (Saint-Louis) constitue l’une des plus belles forêts de bois de couleurs de La Réunion. Dans cette forêt, les ouvriers forestiers de l’ONF assurent la préservation de plusieurs espèces endémiques faunistiques et floristiques menacées par la présence de pestes végétales telles que la longose, la vigne marrone ou encore le goyavier. Les techniques de lutte déployées sur le terrain ont notamment permis de mettre en évidence l’impact des pestes végétales sur les espèces endémiques de l’île. Ce travail, financé par le Conseil départemental et l’Europe, a notamment fait l’objet d’un reportage diffusé par le site Actu-Environnement utile à la sensibilisation du public.

Table d'orientation donnant sur le Piton de la Fournaise
©Yabalex

De multiples infrastructures d’accueil en milieu naturel

Terre de randonnées par excellence, les forêts réunionnaises accueillent chaque année plus de 5 millions de visiteurs en quête d’évasion. Une fréquentation rendue possible par l’existence d’un vaste réseau de sentiers et d’équipements d’accueil du public qui épousent parfaitement le milieu naturel. Soucieux de préserver la bonne santé des écosystèmes, les forestiers de l’ONF veillent à ce que tous les usagers puissent profiter de ces milieux naturels sans risquer d’endommager la faune et la flore.

Les 987 km de sentiers sont parcourus chaque année par plus d'un million de randonneurs - ©ONF

L’accueil du public en chiffres

Sentiers de randonnée, bâtiments d’accueil, expositions, supports pédagogiques, visites guidées… En collaboration avec les collectivités et l’Université de La Réunion, l’ONF s’est engagé dans de multiples projets d’infastructure d’accueil et de sensibilisation du public en milieu naturel. Ces derniers sont le fruit d’une politique dynamique et volontariste d’accueil engagée par le Département et soutenue par l’Europe. Près de 3 millions d’euros sont débloqués chaque année par le Conseil départemental pour leur financement.

Les enfants et leur malette pédagogique lors d'une opération de sensibilisatione en milieu naturel - ©ONF
Plan de travail 111

Une application livre les secrets du volcan du Piton de la Fournaise

L'ONF et le Conseil départemental ont mis en place une application multimédia "La route du volcan au fil du temps". Cet outil permet une découverte innovante et interactive du massif de La Fournaise en offrant au visiteur un voyage dans le temps à la rencontre des "Hommes du volcan" qui ont vécu et travaillé sur le massif.

Le pôle DFCI et ses partenaires
©Ludovic Lai Yu / ONF

La prévention contre les risques naturels

Protéger les forêts contre les incendies

Outre sa participation aux plans ORSEC « cyclones », « crues-inondations » et « volcan », l’ONF est fortement mobilisé dans des opérations de défense des forêts contre les incendies (DFCI), notamment sur deux sites forestiers à risque élevé : les forêts de Hauts-sous-le-vent et le massif forestier du Volcan. Lors d’éruption volcanique, l’ONF participe notamment à la reconnaissance des sentiers avec les partenaires locaux pour décider de l’accès à l’enclos du Piton de la Fournaise.

Un « Plan de secours spécialisé feux de forêt »

L’ONF mène une lutte contre les incendies sur la base d’un « Plan de secours spécialisé feux de forêt » et grâce à l’action conjointe des sapeurs-pompiers et des forestiers. En période de risque d’incendie, les équipes patrouillent les week-ends et complètent ainsi les dispositifs mis en œuvre dans le cadre de « plans de massifs » rédigés en amont par l’ONF.

Ouvrage de la Ravine à Jacquot (Salazie) - ©DR

Lutter contre l’érosion

La gestion des mouvements de terrain est une importante préoccupation des forestiers du pôle gestion des risques naturels, qui mettent en œuvre différentes techniques de régulation du régime des eaux et de stabilisation des sols :

  • aménagement des torrents par des techniques de génie civil douces
  • utilisation de technique de génie végétal
  • protection des sols sur le littoral grâce à des plantations pour retenir les dunes.

 

Ouvrage en gabions sur la route forestière du Haut Mafate - ©DR

Lors de phénomènes naturels affectant les sentiers, l’Office intervient aussi en tant qu’expert pour :

  • décider de la fermeture - par arrêté préfectoral - de l’itinéraire
  • réaliser les travaux de mise en sécurité adaptés (purge, pose de filets, construction d’ouvrage de franchissement…).

Mayotte, île volcanique de l’océan Indien

La surface du couvert forestier à Mayotte est de 10 792 ha, soit un taux de boisement de 28,8%, très proche du taux moyen national. Le domaine forestier public représente 5 580 ha, dont les trois quarts appartiennent au Département. Il couvre principalement les reliefs et sols pentus de l’île et concentre une large majorité d'espèces indigènes et endémiques.
Mayotte est une île volcanique de l’océan Indien au climat tropical humide, qui abrite une biodiversité exceptionnelle : sur moins de 400 km², l’île héberge 610 espèces indigènes de plantes vasculaires (fougères, arbres, orchidées et autres plantes à fleurs). Il existe par ailleurs 7 espèces de mammifères indigènes ou endémiques dont le Lémurien de Mayotte, appelé « maki », 137 espèces d’oiseaux dont 14 endémiques de la région tel que le « Drongo de Mayotte » et 18 reptiles dont 11 endémiques, comme le gecko à rayures noires. Située dans le lagon du côté est de Mayotte, la Réserve naturelle nationale de l’Îlot M’bouzi est une des rares réserves naturelles à posséder à la fois une partie terrestre (82 ha) et une partie marine (60 ha).

En partenariat avec la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, l’ONF s’engage actuellement dans une étude de préfiguration à la mise en place d'une protection forte adaptée au territoire. Cette valorisation des milieux forestiers est par ailleurs un enjeu important pour le développement touristique et économique de Mayotte.

L’ONF à La Réunion et à Mayotte

Dans l'Océan indien, l'ONF compte plus de 300 salariés. La direction régionale est basée à La Réunion tandis que Mayotte dispose d'une agence territoriale.

ONF - Direction régionale de La Réunion et Mayotte

Boulevard de la Providence - CS 71072
97404 Saint-Denis Cedex

Phone: 02 62 90 48 28

Contact

ONF - Agence de Mayotte

16 Lotissement Coconi 1
97670 Ouangani

Phone: 02 69 61 70 56

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