Le chêne des Hindrés en forêt domaniale de Paimpont – ©Félix Vigne / Imagéo / ONF

La forêt de Paimpont (Brocéliande), là où mythes et mystères s’entremêlent

Envie de passer une journée dans un univers enchanté et plein de surprises ? En Ille-et-Vilaine, la forêt domaniale de Paimpont, nichée au cœur du massif de Brocéliande, saura vous surprendre par ses nombreux lieux aux légendes et mythes mystérieux. La beauté de cette forêt, à la faune et à la flore variées, vous transportera le temps d’un instant.

Le jour se lève sur la forêt domaniale de Gaël-Paimpont (Bretagne). Les quelques rayons de soleil perçant la fine épaisseur des nuages créent une légère brume. En pénétrant dans ce massif connu pour ses légendes et autres mythes, une étrange sensation envahit le promeneur. Des rubans sont accrochés aux branches. Un peu plus loin, une petite porte a été taillée au pied du tronc d’un arbre. Très vite, le visiteur se prend au jeu et se demande si, au détour d’une allée, il ne va pas croiser quelques fées, sorcières ou korrigans...

Lieu fictif des mythes arthuriens, la forêt domaniale de Gaël-Paimpont s’étend sur 557 hectares au cœur de la légendaire forêt de Brocéliande. "L’engouement pour les légendes de ce lieu est une des principales raisons du tourisme sur le site aujourd’hui. Nombreux sont ceux à vouloir visiter le tombeau de Merlin, le Val sans retour ou l’hottier de Viviane", confie Johnattan Barbier, forestier à l'Office national des forêts (ONF) en Ille et Vilaine. Mais les légendes ne sont pas les seules attractions de cette forêt. Les amateurs de pêche, de chasse ou même de randonnées aiment profiter de ce massif.

Mais alors, où est la forêt de Brocéliande ?

Il faut bien distinguer le massif de Brocéliande qui représente l’ensemble de la forêt soit environ 11 000 hectares, une entité imaginaire sans réalité administrative : elle n’est pas définie comme telle sur les cartes IGN, mais comme la forêt de Paimpont.

La commune de Paimpont possède la forêt communale de Paimpont.

Et la forêt domaniale de Gaël-Paimpont, dans laquelle vous vous promenez avec nous, représente une goutte d’eau par rapport au massif entier (557 hectares sur les 11 000 du massif) !

Forêt à l’âme mystérieuse, Paimpont se caractérise par ses affleurements rocheux, reconnaissables par une pierre rouge ocre, le schiste de Montfort. Disséminée tout au long du massif, cette pierre offre des paysages de landes propres à la Bretagne, peignant aux visiteurs un tableau naturel d’une grande beauté. Si elle est précieuse par son bois pour les forestiers, le manque de sol terreux ralentit et affaiblit la croissance des arbres. Malgré tout, quelques spécimens centenaires sont parvenus à trouver leur place.

Ainsi, sur leur chemin, quelques promeneurs s’étonneront de voir un arbre s’élever au-dessus d’une roche. Prouesse dont seule la Nature a le secret. Au sol, dans les callunes et bruyères, tout un cortège de faune et de flore s’est adapté à ce milieu si spécial. Lézards verts, pic épeiche, pic noir et huppe fasciée ainsi que les fourmis rousses cohabitent et se partagent troncs morts, rochers ensoleillés et lisières. Site exceptionnel pour la préservation des espèces végétales et animales, la forêt de Paimpont a été classée ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique floristique et faunistique).

Les sites emblématiques de Paimpont

Sur les terres des héros du mythe arthurien, les visiteurs ne peuvent passer à côté des sites phares de Paimpont. Au bout d’une allée, la "ligne du Tombeau de Merlin", le tombeau de Merlin se dessine. Ce héros légendaire du Ve siècle, fils d’un démon et d’une nonne, devenu devin et magicien continue, encore aujourd’hui, de faire rêver petits et grands.

La curiosité de bon nombre de promeneurs les a amenés à se retrouver devant ces imposants rochers. A leur pied, des rubans et mots en papier sont laissés là pour perpétuer le mythe. Le site est un vestige d’une ancienne allée couverte datant de l’époque du néolithique. Selon la légende bretonne, c’est ici même que la fée Viviane a enfermé l’enchanteur en traçant neuf cercles d’air tout en prononçant neuf formules magiques le gardant ainsi auprès d’elle pour l’éternité.

Durant la pleine saison, je vous conseille de venir le matin de bonne heure pour profiter des lumières, de la fraîcheur et de la tranquillité. Munissez-vous d’une bonne carte et osez-vous promener en dehors des boucles touristiques...

Johnattan Barbier, forestier de l'ONF en Ille-et-Vilaine.

Si vous êtes passionnés de ces légendes et des lieux mythiques, plusieurs endroits pareils à celui-ci, sauront vous faire voyager dans cette forêt domaniale. En vous perdant dans les sillages du massif, tout en restant sur les chemins, peut-être arriverez-vous aux Brousses Noires où repose le tombeau des Anglais.

Là encore, plusieurs mégalithes alignés témoignent du passé de la forêt. Un effort d’imagination est nécessaire ici, où le monument datant de 3 000 à 2 500 avant J.-C. a été bouleversé par la végétation et les chercheurs de trésors du XIXe siècle. Le tombeau des Anglais aurait été ainsi nommé en souvenir de la bataille de Mauron en 1352 durant la guerre de succession de Bretagne.

En vidéo, Johnattan Barbier présente le vallon

©ONF

Le chêne des Hindrés, un monument de Paimpont

Au cœur de la forêt de Paimpont, un arbre remarquable surplombe, se distingue de ses voisins et attire de nombreux visiteurs chaque année. Ce colosse de vingt mètres de haut repose solidement sur son tronc de plus de cinq mètres de circonférence et s’étend majestueusement à sa cime avec d’imposantes branches garnies de feuilles d’un vert vif. Ses caractéristiques impressionnantes lui ont valu l’appellation d’Arbre remarquable.

"Il est le vestige des gestions passées, témoignant de l’exploitation des forges sur la commune de Paimpont. C’est aussi le plus gros et le plus beau des chênes que l’on peut trouver ici en forêt domaniale, c’est pour cela qu’il est autant apprécié par le public, mais aussi par les forestiers", confie Johnattan Barbier.

Face à l’attraction touristique du chêne des Hindrés, l’Office national des forêts a aménagé le site en 2017 pour éviter un tassement du sol trop important à son pied. Ainsi, ce lieu emblématique de Paimpont est préservé et perdurera. Pour le découvrir, rendez-vous au parking du Rocher Cadieu et arpentez l'allée du Chêne des Hindrés sur 800 mètres.

La terre des forges et charbonniers

A quelques mètres du chêne des Hindrés, une étrange cabane de bois attire l’œil. Sur le panneau lui faisant face il est inscrit : "reconstitution d’une fouée de charbonniers". Voilà une nouvelle histoire que la forêt de Paimpont s’apprête à nous dévoiler. Il y a plusieurs décennies de cela, des centaines d’hommes travaillaient au sein du massif, passant leur journée à transformer des branches en charbon. Les fouées, lieu où l’on empilait le bois d’une certaine manière pour le faire brûler, comme celle du chêne des Hindrés, étaient dispersées çà et là dans la forêt. Aujourd’hui encore, les promeneurs peuvent retrouver des traces de ces mini-usines par des places circulaires légèrement surélevées ou en grattant un peu le sol à la recherche de restes de charbon.

Une fois le charbon produit, il était directement envoyé sur les forges pour alimenter les fours des métallurgies. Pendant plus de cent ans, des centaines d’hommes ont travaillé le métal à Paimpont pour fabriquer des clous, des canons ou des rails, très demandés lors des guerres du XXe siècle. Le dernier charbonnier a cessé son activité en 1970, peu de temps après le ralentissement de l’activité des métallurgies.

La forêt de Gaël-Paimpont en détails

Infos pratiques : accès

Depuis Paimpont par la RD71 direction Saint-Malon-sur-Mel ; depuis Plélan-le-Grand par la RD59 direction Saint-Malon-sur-Mel ; depuis le château de Comper par la RD31.

Et aussi :