La réserve naturelle régionale “Tourbière des Saisies – Beaufortain – Val d’Arly”

Cette tourbière d’altitude présente une biodiversité et un fonctionnement remarquables au cœur d’une forte zone touristique en Auvergne-Rhône-Alpes. L'Office national des forêts (ONF) vous dévoile ici toutes ces richesses.

Ce site unique de 292 hectares situé à environ 1500 mètres d’altitude, en Savoie, à cheval entre le Beaufortain et le Val d’Arly, héberge la plus grande tourbière acide à sphaignes de l’arc alpin. Il s’agit d’une zone humide, née il y a plus de 10 000 ans. Elle est constituée de tourbe, matière organique mal décomposée issue de mousses (sphaignes), qui s’est lentement accumulée dans l’eau au fil des siècles après la fonte des glaciers.

Dans ce contexte très particulier règnent des conditions assez hostiles à la vie (acidité, humidité, froid). Les écosystèmes qui s’y sont développés sont remarquables, et se raréfient aujourd’hui en France et dans le monde. Ils accueillent des habitats tourbeux en bon état de conservation, d’intérêt européen, une centaine d’espèces végétales, animales et de champignons protégées, rares ou menacées, et rendent des services aux communautés humaines du territoire (régulation des eaux, stockage de carbone, paysage, etc.).

En images, la tourbière de cette réserve régionale...

Situé intégralement en forêts communales relevant du régime forestier, classé en Arrêté de Protection de Biotope en 1989 et en site Natura 2000 en 2005, cet espace est devenu le 11 juillet 2013 la première réserve naturelle régionale de Savoie. Une de ses particularités les plus notables est d’accueillir aussi une large variété d’activités humaines, dont les 2/3 du domaine skiable nordique de la station des Saisies.

Pouvant paraître incompatibles au premier abord, les objectifs de préservation et de développement touristique cohabitent depuis plusieurs décennies, grâce à un cadre technique et scientifique précis, l’adaptation des statuts de protection du site au fil du temps et le dialogue permanent entre les acteurs.

Une biodiversité remarquable, un tourisme dynamique...

Un site co-géré par l’ONF et le SIVOM des Saisies

La réserve naturelle et le site Natura 2000 sont co-gérés par les équipes de l'ONF en Savoie et le Syndicat intercommunal à vocations multiples des Saisies (SIVOM) depuis 2015. L’ONF est le gestionnaire "historique" et assure la coordination générale et pilote les activités scientifiques et de surveillance. Le SIVOM des Saisies pilote la communication, la pédagogie et la maîtrise d’ouvrage de tous les travaux.

Les principaux financeurs sont la Région Auvergne-Rhône-Alpes (pour la réserve naturelle), l’Etat et l’Union européenne (pour le site Natura 2000), qui soutiennent chaque année l’animation du site et la réalisation des actions prévues au programme. Plus ponctuellement, d’autres financeurs sont sollicités sur des projets particuliers (Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, EDF , fondations…). Les co-gestionnaires assurent également une partie d’auto-financement.

Les financeurs de ce projet :

Les co-gestionnaires

Un programme d’action riche et varié

Le sentier des Arpelières, pour une découverte des secrets de la réserve - ©G. Canova / Sivom des Saisies

Après 20 ans d’actions scientifiques et de communication menées par l’ONF depuis la fin des années 1990, le premier plan de gestion commun à la réserve naturelle et au site Natura 2000 a permis, à partir de 2016, de consolider les acquis et d’insuffler une nouvelle dynamique, avec des moyens plus conséquents et stables. Les maîtres-mots : préserver, connaître et faire connaître. Ainsi, l’ONF et le SIVOM des Saisies, avec l’aide de nombreux partenaires, peuvent mener à bien leurs trois missions :

  • préserver ce site fragile grâce à une gouvernance partagée entre les différents acteurs favorisant le dialogue, au déploiement de la nouvelle réglementation et de la signalétique, aux moyens de surveillance accrus et à la réalisation de travaux de génie écologique ;
  • connaître les écosystèmes, leur fonctionnement, les espèces qui les peuplent, mais aussi les liens entre le site protégé, le territoire et la société, grâce à la poursuite ou la mise en place d’inventaires, d’études et d’outils de suivi ;
  • faire connaître la richesse et la vulnérabilité du site aux habitants, au grand public, aux enfants, grâce à un programme d’animations et de visites, à l’aménagement de sentiers sur caillebotis et d’une maison des tourbières et au développement de nombreux supports pédagogiques (panneaux, dépliants, site internet, posters d’exposition, films, outils muséographiques…).

La bonne articulation de ces trois missions et le dialogue entre les acteurs sont essentiels pour faire perdurer, voire améliorer, l’équilibre entre protection et activités humaines, entre réglementation et pédagogie, pour permettre la transmission en bon état de cet exceptionnel patrimoine aux générations futures. C’est un défi d’autant plus grand à l’heure du dérèglement climatique, où le lien entre nature et sociétés humaines est plus que jamais interrogé.

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