Les forêts de Martinique, entre préservation des espaces naturels et accueil du public

Bien connue pour ses plages, la Martinique dispose également d’un patrimoine forestier avec un écosystème d’une très grande richesse. Ce territoire d’outre-mer doit ainsi faire face à plusieurs enjeux : préservation de la biodiversité, accueil du public production de bois, gestions des risques naturels... L’ONF est en première ligne pour y répondre.
©Philippe Catherine / ONF

Cinq types de forêts publiques

Sur les 46 273 ha de forêts martiniquaises, l’ONF en gère environ un tiers. Ces espaces naturels sont situés majoritairement au nord de l'île mais aussi en bordure littorale.

Le territoire en bref

41,3%
de couverture forestière
34,2 %
de forêts publiques
dont
21%
de forêts territorialo-domaniales
dont
4%
de forêts domaniales littorales
dont
3%
de forêts territoriales
65,7%
de forêts privées
400
espèces de feuillus
©ONF

L’ONF intervient ainsi sur cinq types de forêts publiques :

  • les forêts domaniales littorales (1826 ha) bordant 240 km de côtes, soit 50% du littoral martiniquais
  • les forêts territorialo-domaniales (9720 ha)
  • les forêts territoriales (1464 ha), propriétés de la Collectivité territoriale
  • les forêts du Conservatoire du littoral (2491 ha)
  • les mangroves (635 ha), zones inondées par de l'eau douce ou salée, d'une grande valeur écologique.

Les forêts emblématiques de Martinique

La Montagne-Pelée et les Pitons du Carbet sont des éléments structurants des paysages nord martiniquais. Ils s’intègrent dans des massifs forestiers qui présentent une grande diversité biologique, relativement épargnée en raison d’une accessibilité difficile et des mesures de protections prises. De nombreux sites majeurs pour l’accueil du public martiniquais s’y trouvent. Ils font actuellement l’objet d’une procédure de labellisation Foret d’Exception® en tant que « Forêt des Volcans de Martinique ».

La Montagne-Pelée (1397 mètres) - ©ONF

La forêt domaniale littorale - qui s’étend sur près de la moitié des rivages martiniquais - est également l’une des forêts emblématiques de l’île. Elle abrite certains des plus beaux sites de l’île, tels que les Salines, l’Anse Trabaud, le Cap Macré ou l’Anse Céron. Elle représente un enjeu très important puisque 90% de sa surface est classée « espace remarquable ». L’ONF y mène de nombreuses actions depuis 1998 pour protéger et mettre en valeur ce milieu naturel : reboisement, aménagements de sentiers, ou encore destruction de constructions illégales. Elle constitue la ceinture verte de l’île.

L’Anse Charpentier, située entre la ville de Sainte-Marie et de Marigot, est un site bien connu des surfeurs - ©Laure Georgeon / ONF

3,757 millions d’euros ont été investis pour l’entretien des forêts en 2016 dont 1,5 millions d’euros par la Collectivité territoriale de Martinique

Les espèces emblématiques de Martinique

Les forêts de Martinique recèlent une faune et une flore très variées, avec près de 40 espèces endémiques, en particulier dans les zones d’altitude qui sont exposées à des conditions météo particulières (fortes humidités, basses températures, faible ensoleillement).

©ONF

Une production de bois d’œuvre et d’énergie

En Martinique, l'ONF gère près de 1 250 hectares de forêts publiques, avec comme objectif premier la production de bois. On compte environ 120 emplois liés à la filière bois. Le massif emblématique des Pitons du Carbet représente à lui seul environ 8% du patrimoine géré.

Les principales essences cultivées sont :

  • l’acajou du Honduras, localement appelé Mahogany grandes feuilles
  • le Mahot bleu (< 5%).
Grand carbet - ©ONF

Un programme régional de la forêt et du bois (PRFB) en cours d’élaboration

Ce programme piloté et mis en œuvre par la Commission régionale de la Forêt et du Bois (CRFB) rassemble de nombreux acteurs, parmi lesquels la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la Martinique (DAAF), la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Deal), les représentants de la filière (utilisateurs et transformateurs du bois), les représentants des associations de protection de l’environnement et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). L'ONF y siège en tant que propriétaire mais également en tant qu'acteur central de la filière.

Trois axes de travail ont été définis :

  • développer une filière vertueuse pour le territoire (ressource, débouchés, techniques de mobilisation, visibilité de la filière, emploi et compétences)
  • assurer la continuité d’un patrimoine forestier multifonctionnel (connaissance et protection des habitats et du foncier, restauration des milieux fragiles et dégradés, prévention des risques naturels et du changement climatique, développer une filière à faible impact)
  • analyser le potentiel de l’agroforesterie (réfléchir sur les lieux propices, les modes de gestion et les méthodes incitatives).
©ONF

Concilier préservation de la biodiversité et accueil du public

Aux côtés de leurs partenaires – État, communautés d’agglomération, communes, instances professionnelles et associations locales – les équipes de l’ONF ont pour objectif de concilier la préservation des espèces emblématiques de l’île avec les activités humaines courantes. Chaque année, plus d’1,5 million de personnes arpentent les sentiers et sites gérés par l’ONF. Face à cet afflux de visiteurs et de nouveaux habitants, l’Office a pour mission de mettre en œuvre des conditions d’accueil du public optimales en forêt, que ce soit sur le littoral ou dans les terres, tout en préservant le milieu naturel. 

L’accueil du public en chiffres

PICTOS web
32 sentiers pédestres
Plan de travail 82
220 km de randonnées
PICTOS web
13 sites d'accueil
PICTOS web
+ de 800 mobiliers extérieurs

Cinq réserves biologiques ont été créées, constituant un outil de gestion efficace des espaces naturels

Aucune intervention sylvicole n’est réalisée dans les trois réserves biologiques intégrales (RBI)1 :

  • La Montagne-Pelée, l’un des volcans les plus célèbres du monde, avec un patrimoine géologique et historique très fort
  • Les Pitons du Carbet, massif forestier très primitif qui procure l’essentiel de l’eau potable
  • Prêcheur/Grand-Rivière, site aux paysages remarquablement sauvages, avec des massifs très denses.

1 Les RBI sont des espaces-témoins protégés voués à la libre évolution des forêts (landes, mares, tourbières, dunes). Ils sont un terrain privilégié pour les scientifiques, qui y étudient la dynamique spontanée des écosystèmes. 

 

©ONF

Deux réserves biologiques dirigées (RBD)2 existent également depuis 2017, visant la sauvegarde d’espèces particulières à forte valeur patrimoniale : l’une pour la préservation des Sternes de Dougall, espèce remarquable nichant dans les forêts publiques, et l’autre pour la protection des sites de ponte de tortues marines.

2 Les RBD concernent des milieux ou espèces remarquables qui nécessitent en général une gestion conservatoire particulière visant la protection d’espèces et d’habitats remarquables ou menacés.

Bientôt un Réseau écologique des départements d’Outre-mer (REDOM)

Ce projet vise à obtenir un réseau de sites représentatifs des habitats naturels et abritant des espèces remarquables. Il permettra de valoriser les espaces déjà protégés et de mettre en évidence les sites ne faisant pas encore l’objet d’une protection.

Le défrichement placé sous contrôle de l’ONF

La forêt fait partie intégrante du patrimoine culturel et écologique martiniquais. Elle protège les sols de l’érosion, préserve la qualité et la quantité d’eau, et abrite une faune et une flore mondialement reconnues. C’est pourquoi l’ONF entend limiter le défrichement, qui a pour effet de détruire l’état boisé d’un terrain et de mettre fin à sa destination forestière via l’arrachage d’arbres, le brûlage ou encore le pâturage.

En Martinique, il est strictement interdit de défricher ses bois sans autorisation. Missionné par l’Etat, l’ONF est chargé d'étudier les demandes de défrichement et de faire des propositions à la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF) qui prononce les décisions.

Plan de travail 79

Des sanctions en cas de fraude

Un défrichement effectué sans autorisation est un délit sanctionné d’une amende pouvant s’élever à 150 euros/m2 défriché, et jusqu’à 450 euros/m2 si le maintien d’un boisement était imposé.

L'ONF en Martinique

L'ONF rassemble en Martinique près de 90 personnels, répartis au sein de deux unités territoriales, d’un bureau d’études, d’un atelier bois et d’une pépinière.

ONF – Direction territoriale de Martinique

78, route de Moutte - BP 578
97207 Fort-de-France Cedex

Phone: 05 96 60 70 70

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