La réserve biologique du Petit Luberon

La réserve biologique du Petit Luberon couvre le versant sud de l’extrémité occidentale du massif du Luberon, dans le Vaucluse. Entièrement située en forêt domaniale, elle constitue le plus grand "cœur de nature" protégé au sein du Parc naturel régional du Luberon.

La réserve biologique du Petit Luberon a été créée en 1986 sur 128 hectares (ha), puis agrandie une première fois en 1995 sur 1 645 ha et une deuxième fois en 2016, elle atteint aujourd'hui 1 788 ha.

Située entre 150 et 720 mètres d'altitude, elle bénéficie d'un ensoleillement très fort et subit l'influence du climat montagnard au niveau des crêtes. Les calcaires donnent un relief de replats à formes mamelonnées, encadrés par des zones plus accidentées en falaises. Les sols sont superficiels, discontinus et tronqués par l’érosion.

Falaise de la Baume - ©ONF

Le Petit Luberon, une réserve biologique mixte

L’arrêté conjoint des ministères chargés de l’environnement et de l’agriculture, du 16 septembre 2016, a validé un nouveau plan de gestion et la création de la réserve biologique mixte actuelle, avec deux entités :

  • une réserve biologique dirigée de 873 hectares, composée de pelouses, garrigues et forêts qui est pâturée et fait l’objet de travaux pour maintenir les milieux ouverts. Sans intervention, ces milieux risqueraient de se fermer par le développement naturel de la végétation forestière et de perdre leur richesse floristique et faunistique.
  • une réserve biologique intégrale de 915 hectares, composée de chênaies, pinèdes et de falaises. Cet espace témoin laissé en libre évolution constitue un observatoire de la dynamique naturelle des forêts sur le long terme.

Ce dernier agrandissement permet une continuité de la réserve depuis les gorges en piémont jusqu'aux crêtes.

→ Pour en savoir plus : qu'est ce que les réserves biologiques ?

Des activités maîtrisées

L'ONF avec ses partenaires et en particulier le Parc naturel régional du Luberon œuvrent pour mener des actions de sylviculture, de gestion des pâturages et d’accueil du public, qui garantissent la pérennité de ce patrimoine naturel.

Un comité consultatif de suivi, composé de scientifiques, de naturalistes, d’élus locaux, d'organismes publics (DDT, OFB, SDIS…) et de représentants d’associations, se réunit régulièrement pour faire un bilan de la gestion, partager les résultats des études et échanger sur les nouveaux projets.

Une sylviculture douce

Elle ne concerne que les zones en réserve biologique dirigée et s'applique sur les quelques peuplements de Pin d'Alep et de Cèdres déjà existants. Ils sont traités en futaie régulière pour assurer leur maintien à long terme. L'objectif général de la gestion de cette partie de la réserve étant la conservation d'une mosaïque de milieux, avec de nombreuses lisières.

Peuplement de Pin d'Alep - ©ONF

Le pâturage ovin savamment dosé

La forêt domaniale du Luberon est incluse dans le périmètre d’application de la mesure agro-environnementale du Parc naturel régional du Luberon. A ce titre, les éleveurs peuvent bénéficier de primes européennes et nationales dans le cadre d’un contrat d’entretien des milieux ouverts. Les moutons contribuent à l’entretien des milieux ouverts pour prévenir les incendies et maintenir la richesse biologique.

Maintien des pelouses ouvertes et protection contre les incendies : les moutons à l'ouvrage - ©ONF

Des visiteurs invités à respecter les lieux

La forêt domaniale du Luberon présente de grandes richesses qui attirent un public régional, national, voire international. L’accès facile rend la fréquentation touristique importante et particulièrement concentrée sur les Gorges de Régalon. Pour préserver la quiétude des grands rapaces et des autres espèces, certaines activités sont réglementées. Ainsi chacun peut contribuer à la protection de la biodiversité.

La circulation des véhicules à moteur, la cueillette et le ramassage de bois mort sont interdits. La circulation des vélos et des chevaux est autorisée sur les itinéraires balisés. Dans la partie en réserve biologique intégrale, seuls les piétons peuvent circuler sur les itinéraires balisés. L’arrêté de protection de biotope, qui inclut la réserve biologique, interdit l’escalade, la photographie animalière et le survol. En tenant leur chien en laisse, les propriétaires d'animaux limitent tout risque de dérangement de la faune, en particulier lors de la période de reproduction au printemps. Pour profiter de la nature, ensemble protégeons-là !

La réserve biologique du Petit Luberon en images

De nombreux habitats d'intérêt communautaire

Pelouses sèches à brachypodes, landes à genêts de Villars, falaises calcaires, chênaies vertes à genévrier de Phénicie, pelouses sèches à Brome érigé... ces milieux fragiles sont répertoriés au titre de la directive européenne "Habitats".

Un patrimoine naturel remarquable

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