Des nouveaux observatoires pour mieux connaître, préserver et valoriser la forêt

La Haute-Savoie sera bientôt dotée d’un observatoire forestier. A l’aide de nouvelles technologies et de placettes permanentes sur le terrain, ce projet partenarial permettra d'affiner la gestion forestière d'un territoire recouvert à 40% par la forêt.

L’observatoire de Haute-Savoie sera le troisième de France, après de premières expérimentations concluantes dans les départements de l’Ain et de la Savoie. Quel est son but ? A terme, il offrira une représentation précise de la ressource forestière, et permettra de mesurer les dynamiques de la forêt à l’échelle de l’ensemble du département : du changement des essences à la régénération en passant par le vieillissement ou le rajeunissement des peuplements forestiers.

Les applications possibles de l’observatoire sont concrètes et multiples. "Création de routes forestières, préparation des martelages, réalisation des aménagements forestiers, adaptation des peuplements au changement climatique, suivi du rôle des indicateurs favorables à la biodiversité, et même archéologie ! Cet outil fera à n’en pas douter, évoluer en profondeur la manière d’aborder la gestion par les forestiers, et notamment la programmation des actions", explique Hervé Nemoz-Rajot, directeur de l’agence ONF Haute-Savoie.

Cette démarche prometteuse s'appuie sur le temps long, sur le travail de forestiers qui relèvent les données de terrain grâce à un réseau de placettes permanentes et sur une technologie, le LiDAR. Il s'agit d'un système de télédétection par laser aéroporté qui permet d'obtenir une représentation très précise du relief du sol et de la végétation forestière en 3D. 

Le LiDAR, une technologie au service de la gestion forestière et des observatoires

Ensuite, les experts de l’ONF croiseront les données du nuage de points 3D LiDAR avec celles du terrain pour produire des modèles des variables forestières et une cartographie beaucoup plus précise que celle réalisée à partir des inventaires classiques. Par exemple, avec des informations telles que la hauteur ou le diamètre moyen des arbres, et le volume de bois.

Après une phase de recherche démarrée il y a une dizaine d’années, le département RDI de l’ONF a mis en place des processus opérationnels, transférables et utiles pour le travail quotidien des forestiers. Grâce aux données LiDAR, nous établissons une cartographie extrêmement fine de la forêt, avec le détail au niveau d’une parcelle, à l’échelle de tout un massif forestier. Nous obtenons également une indication précise du relief, ce qui est particulièrement intéressant en contexte de montagne

Catherine Riond, responsable du pôle RDI de Chambéry à l’ONF.

En Haute-Savoie, la mise en place de l’observatoire forestier prendra deux ans, pour réaliser deux campagnes de relevés de données, en 2020 et en 2021. Les données Lidar seront fournies par l’IGN, puis traitées et modélisées par les experts internes de l’ONF au fur et à mesure de la collecte des informations de terrain.

Grâce à la prise de données environnementales sur le réseau de placettes permanentes, l’observatoire de la forêt proposera un état des lieux des micro-habitats (trous de pics, décollement d’écorces, cavités et blessures) et du bois mort, qui abritent la biodiversité en forêt.

Mai 2020, coup d'envoi des relevés de terrain

Après la première campagne de relevés, réalisée par des équipes du CRPF, de la chambre d’agriculture, et de l’ONF, prévue pour s’achever à l’automne 2020, un bilan sera fait pour préparer la deuxième phase de collecte, en 2021.

La spécificité de l’observatoire de Haute-Savoie tient à ce relevé de données à caractère environnemental, qui pourrait permettre d’avoir une cartographie prédictive des habitats favorables à telle ou telle espèce, et ainsi d’orienter la gestion forestière en fonction de ces enjeux.

Nathan Devin, adjoint au reponsable de service forêt, agence ONF Haute-Savoie.

Un projet multipartenarial mené par l’ONF

L’ambition de cartographier l’ensemble de la forêt du département nécessite de mettre autour de la table de nombreux acteurs forestiers.

Pour la forêt privée, le Centre régional de la propriété forestière Auvergne-Rhône-Alpes (CRPF) et la Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc assureront la campagne de relevés de données sur leurs territoires.

Pour la collecte d’informations relatives à la biodiversité, l’association des réserves naturelles de France (RNF) apportera son expertise dans la mise en place du protocole et la formation des personnels de terrain.

Pour la géomatique, l’IGN (Institut national de l'information géographique et forestière) fournit les données géographiques, et la régie de gestion des données Savoie Mont Blanc les diffusera.

Du côté des collectivités, le Département de la Haute-Savoie, qui soutient le projet depuis le début, a voté le 14 avril 2020 l'attribution d'une subvention de 142.000€. Le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a également été sollicité pour un financement au titre de l’innovation. L’association des communes forestières de Haute-Savoie participera au projet lors de la phase de diffusion des données.

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