#Toutsavoirsurlesforêts : La forêt française va bien !

La forêt française va bien et augmente même en superficie. Riche de 138 essences d’arbres différents, sa surface a doublé en l’espace de 200 ans. Le quatrième épisode de votre série #Toutsavoirsurlesforêts vous invite à la découverte de la forêt française métropolitaine.

Découvrez #Toutsavoirsurlesforêts, la web série de l’ONF qui teste vos connaissances des forêts. La forêt française se porte-t-elle bien ? Avant d'aborder plus en détails l'évolution de la surperficie de la forêt française à travers les âges, découvrez quelques réponses du public en vidéo !

©ONF

La forêt française métropolitaine gagne du terrain. Selon l'inventaire forestier 2017 de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), sa superficie augmente tous les ans depuis 1985. De 8, 5 millions d'hectares en 1850, puis 14,1 millions d'hectares en 1985, la métropole compte aujourd'hui 17 millions d'hectares de forêt (+ 100% en 160 ans ; + 21% en 30 ans).

Le volume de bois présent en forêt augmente également, avec 180 m3 de bois par hectare contre 100 m3 au 19e siècle (+ 80%). Derrière la Suède et la Finlande, la France est le troisième pays le plus boisé d'Europe, avec des forêts couvrant 31% du territoire.

©Giada Connestari / ONF

Une augmentation aux origines diverses

Plusieurs phénomènes sont à l'origine d'une croissance de la superficie forestière depuis le milieu du 19e siècle. Au début de la révolution industrielle (1850), le charbon, puis le pétrole, se sont substitués à l'utilisation intensive du bois de combustion prélevé en forêt. Ainsi, la pression sur les forêts a diminué, ce qui leur a permis de se reconstituer de manière spectaculaire.

Dans le même temps, la déprise agricole a permis de libérer des terres. L'élevage en montagne, notamment, s'est raréfié du fait de l'exode rural. L'agriculture s'est alors intensifiée en plaine, sur des surfaces moins difficiles d'accès. L'abandon de l'agriculture et des pâturages a ainsi permis la reforestation naturelle de certaines zones montagneuses autrefois dépourvues d'arbres. Un boisement naturel auquel s'est ajouté une politique de reboisement massive, développée avec les équipes du service de restauration des terrains de montagne de l'ONF (voir témoignage ci-dessous).

Au-delà des phénomènes naturels qui expliquent l'augmentation de la superficie des forêts françaises, de grands projets de boisement ou d'amélioration forestière ont permis de reboiser les forêts métropolitaines. Depuis 1860, l’État a engagé, avec l'Administration des Eaux et Forêts (devenue l'Office national des forêts), une politique de restauration des terrains de montagne destinée à reboiser près de 350 000 hectares.

Une deuxième action de reboisement a été menée dans les Landes à partir du 19e siècle : on y trouvait des moutons, mais bien peu d'arbres. Or, le massif forestier landais est aujourd'hui la plus grande forêt artificielle d'Europe occidentale ! Enfin, la politique forestière française et européenne menée depuis la Seconde Guerre mondiale a permis d'amplifier l'effort de valorisation de la forêt sur plus deux millions d'hectares.

Un troisième chantier a été mené à partir des Trente Glorieuses, celui du «Fonds forestier national ». La France a alors engagé une politique ambitieuse avec les professionnels des forêts visant à renouveler et améliorer la forêt française, pour produire durablement du matériau bois, ressource naturelle et renouvelable. De nos jours, L'Europe soutient la politique forestière insufflée par l’État et les régions françaises, au profit de nos forêts et des services qu'elles rendent à la société.

Xavier Gauquelin, expert national aménagement-sylviculture à l’ONF

©Giada Connestari / ONF

Une gestion sylvicole encadrée

Garant d'une gestion durable des forêts publiques françaises, l'ONF gère 25% de la forêt française, soit l'équivalent de 4,6 millions d'hectares en métropole et 6,4 millions d'hectares dans les DOM. La gestion et l'entretien des forêts des collectivités et des forêts domaniales, à l'image des massifs emblématiques de Bercé, Fontainebleau ou Tronçais, sont le fruit de la mobilisation de plusieurs générations de forestiers.

Si les forêts publiques françaises se portent bien, c'est aussi grâce à la mobilisation des femmes et des hommes de l'ONF qui veillent à la santé, au maintien et au renouvellement des écosystèmes forestiers, en s'assurant notamment que les volumes de bois prélevés ne dépassent pas l'accroissement naturel des forêts.

©ONF

Des spécificités selon les régions

L'augmentation de la surface forestière varie selon les régions. Le pourtour méditerranéen et la Bretagne connaissent le plus grand taux d'expansion : de 1 à 2% par an environ. En revanche, la progression est moindre dans les régions traditionnellement forestières comme le nord-est ou le massif landais, ou en milieu urbain comme la région parisienne, avec 0,3% de croissance par an.

Parmi les départements ayant les plus forts taux de boisement - supérieur à 45%, pour une moyenne nationale à 30% - on recense la Corse-du-Sud et ses chênes remarquables, le Var et ses beaux pins d'Alep ou encore les Landes, royaume du pin maritime ! Le volume des feuillus augmente également. Ces peuplements représentent 67% de la superficie forestière.

Découvrez les autres épisodes de #Toutsavoirsurlesforêts