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La réserve naturelle de Petite Terre

La Réserve naturelle de Petite Terre, créée officiellement en 1998, est un des joyaux écologiques de la région, tant sur le plan marin que terrestre. C’est en effet un espace naturel majeur en matière de conservation des habitats et de la biodiversité dans l'archipel guadeloupéen.

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Illustration
© Plisson la Trinité Vue aérienne
  •  création : le 3 septembre 1998 par décret ministériel n° 98-801
  •  statut : réserve naturelle nationale, propriété du Conservatoire du littoral
  •  catégorie UICN : catégorie IV
  •  surface : 990 ha dont terrestre de 148 ha et maritime de 842 ha. Composée de deux îlets : Terre de Haut et Terre de Bas
  •  commune de rattachement : La Désirade
  •  gestionnaire : co-gestion ONF et association Ti-Tè
  •  propriétaire : ONF, Conservatoire du littoral.

 

Localisation

La réserve est située sur le territoire de La Désirade. Elle est composée de deux îlets séparés par un chenal étroit de 150 mètres de large environ qui forme le lagon.

Ses coordonnées géographiques sont 16°11' Nord et 61°07 Ouest. Elle est située à 12 km au Sud de La Désirade, et à 8 km à l'Est de la Pointe des Châteaux.

La faune et la flore marine

Petite Terre possède trois des habitats marins les plus riches de la zone Caraïbe :

  • les platiers récifaux à peuplements coralliens vivants ou morts
  • les dalles rocheuses immergées
  • quelques zones d'herbiers.

Le récif corallien de Terre de Haut possède la communauté récifale la plus diversifiée, dominée par de grands coraux (Acropora palmata). Le lagon situé entre les deux îlets est aussi protégé par un récif corallien riche en espèces de poissons juvéniles. La zone est propice à l'installation et au développement des poissons de récif. On y rencontre notamment le Chirurgien noir (Acantharus bahianus), le Colas (Ocyurus chrysurus), le cardinal queue-fine (Holocentrus rufus)...

Le Grand Dauphin (Tursiops truncatus) et autre mammifère, le Mégaptère (Megaptera novaenglia) sont régulièrement observés à proximité de Petite Terre.

Les phanérogames marines forment de véritables "prairies sous-marines" et constituent une biocénose d'une incomparable productivité, jouant un rôle essentiel dans l'écosystème marin. Trois espèces de phanérogames sont présentes à Petite Terre : Thalassia testudinum, Halodule beaudetti et Syringodium filiforme. Trente-huit espèces d'algues ont été recensées dans la Réserve Naturelle. On y retrouve, entre autre, la Padine jamaïcaine (Padina jamaicensis), l'Haliméda (Halimeda).

 

La faune et la flore terrestre

Petite Terre abrite l'Iguane antillais (Iguana delicatissima), espèce endémique des Petites Antilles protégée par arrêté ministériel. On estime sa population à environ 9.500 individus. Son évolution fait l'objet d'un suivi scientifique.

C'est aussi un site privilégié pour la protection de nombreuses espèces d'oiseaux. Les plus rares en Guadeloupe sont l'Huitrier d'Amérique (Haematopus palliatus) et la Petite Sterne (Sterna antillarum).

Ses lagunes salées, ses plages et ses zones rocheuses de bord de mer favorisent les haltes migratoires et forment une zone d'hivernage pour un grand nombre d'espèces de limicoles nord-américains. Les espèces les plus observées sont le Tournepierre à collier (Arenaria interpres) et les bécasseaux.

Quant à la flore, l'absence d'eau douce, le climat sec et la faible capacité de rétention en eau des sols expliquent une composition floristique particulière où l'on distingue :

  • le système émergé qui se développe sur les zones calcaires composées de gaïacs, mapous, poiriers, gommiers...
  • le système littoral qui occupe les zones sableuses ou soumises à des inondations récurrentes où l‘on trouve les palétuviers, raisiniers, mancenilliers...

Enfin, l'île de Terre de Bas héberge le seul peuplement relictuel de gaïac présent dans l'archipel de la Guadeloupe. C'est pourquoi sa conservation est un objectif essentiel. Proche du phare, on retrouve une agave endémique des Petites Antilles, l'Agave karatto.

Des îlets... une histoire

Des sites archéologiques amérindiens situés sur Terre de Bas témoignent de la première occupation du site. Il s'agit de gisements composés de débris d'outils et de poteries utilisés entre 600 et 1500 ap. J-C.

Les îlets furent ensuite occupés pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle par des planteurs de coton avec leurs esclaves. Le recensement de l'année 1858 indique que 28 personnes vivaient sur Petite Terre. Leurs ressources étaient variées : pois, giraumons, pastèques, manioc, patates douces, ignames et maïs. Les habitants pratiquaient aussi la pêche et l'élevage des cabris, des moutons et des porcs.

On assiste à l'abandon des terres cultivées en 1947. Les derniers habitants - le gardien du phare et sa famille, - quittent l'île en 1974.

En 1994, le Conservatoire du Littoral devient propriétaire de la partie centrale des deux îlets. Cette acquisition contribue à la protection des îlets : le site est alors inscrit à l'inventaire ZNIEFF et fait l'objet d'un Arrêté de Protection de Biotope.

En 2002 l'association désiradienne Ti-Tè voit le jour et la gestion de Petite Terre est organisée entre les co-gestionnaires.

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