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Mener les programmes de recherche

La préservation de la forêt tropicale de Guadeloupe passe par une meilleure connaissance de ses ressources. Ainsi, afin d’améliorer en continu la gestion des forêts publiques, l’ONF porte divers projets de recherche dont voici une courte présentation.

L’Observatoire des écosystèmes forestiers de la Guadeloupe

Placette en forêt dense humide
Placette en forêt dense humide © Thibaut Foch / ONF

La mise en place d'un réseau de placettes permanentes représentatif des grands types d'écosystèmes forestiers en Guadeloupe résulte d'un partenariat entre l'Office national des forêts (ONF), le Parc national de Guadeloupe (PNG) et l'Université des Antilles (UAG). Ce dispositif doit permettre de mieux comprendre :

  • la dynamique naturelle des forêts tropicales de la Guadeloupe à court, moyen et long termes- l'influence des conditions microclimatiques sur cette dynamique
  • le rôle que joue cette forêt dans la séquestration du carbone.
  1. Forêt dense humide

Installé en 2012, ce dispositif est constitué de 8 placettes permanentes d'un hectare (100m x 100m) disposées sur le massif de Basse-Terre de manière à représenter l'ensemble des étages de végétations de la forêt dense humide.

A l'intérieur de ces placettes, l'ensemble des arbres de diamètre supérieur à 10 cm sont identifiés, géo-référencés et équipés de dendromètres mesurés tous les quatre ans. L'analyse de ces données permettra par exemple de déterminer la vitesse de croissance des essences en fonction des conditions microclimatiques du milieu. Il est important de mieux connaitre la forêt dense humide de Guadeloupe dont la valeur patrimoniale est exceptionnelle.

  1. Forêt sèche

Installé en 2013, ce dispositif est constitué de 14 placettes permanentes de 400 m² (20m x 20m) disposées sur deux des derniers massifs boisés du Nord Grande-Terre, la Barre de Cadoue et la Mahaudière. Dix placettes sont positionnées dans des boisements relativement âgés et quatre sur des friches à Leucaena leucocephala, afin notamment d'étudier l'évolution des friches post-cultures jusqu'au stade forestier.

A l'intérieur des placettes, l'ensemble des arbres dont la circonférence est supérieure à 10 cm sont identifiés et mesurés tous les 4 ans. Il est important de mieux connaitre la dynamique de reconquête des forêts sèches dans un contexte où ces dernières ont quasiment toutes disparu.


La régulation des espèces invasives

Souche de bambou
Souche de bambou © Thibaut Foch / ONF

Les espèces invasives sont aujourd'hui la deuxième cause d'érosion de la biodiversité après la destruction des habitats. En milieu insulaire, la problématique est à prendre très au sérieux car les écosystèmes, historiquement isolés, sont d'autant plus sensibles aux nouvelles invasions. L'ONF s'investit entièrement dans la lutte contre ces invasives.

  1. Le bambou - Bambusa vulgaris

Le Bambou de Chine, originaire d'Asie, a été introduit en Guadeloupe à des fins ornementales, comme matériau de construction et pour stabiliser les talus. Aujourd'hui, les tiges posent au contraire des problèmes de sécurité aux usagers de la route et l'espèce est parfois considérée comme invasive, notamment dans le cœur du Parc national.

En 2013, un partenariat entre le PNG et L'ONF a permis d'effectuer des tests de régulation du bambou sur les abords de la route de la Traversée. Dix-sept touffes de bambou ont été traitées par une entreprise spécialisée en élagage et selon un protocole précis établis conjointement par l'ONF et le PNG. Les résultats montre que la technique suivante permet de d'éradiquer efficacement une touffe de bambou :

  • coupe des tiges à ras du sol
  • évacuation des tiges ou stockage en forêt sur un dispositif de "pourrissement"
  • couverture de la souche avec une bâche épaisse- suivi et coupe des rejets éventuels pendant un an.

Bien que coûteuse, cette méthode s'avère efficace. Le PNG et l'ONF travaillent actuellement à la mise en place d'une exploitation encadrée du bambou afin de diminuer le coût et de multiplier les actions de régulation en cœur de Parc.

 

  1. La sansevieria - Sansevieria hyacinthoides

La sansevieria, originaire d'Afrique du Sud, a été introduite en Guadeloupe comme plante de jardin et servait à la confection de cordes. Elle est aujourd'hui très invasive en forêt sèche où elle forme des tapis très denses qui gênent localement la régénération forestière.

En 2014, l'ONF a mis en place un chantier de régulation sur les secteurs de Cadoue et de d'anse Laborde en Nord Grande-Terre. Cinq placettes ont été mise en place afin de tester 3 méthodes d'éradication :

  • arrachage de la partie aérienne
  • arrachage de la partie aérienne et extraction des rhizomes
  • arrachage de la partie aérienne et pose d'une bâche.

Par ailleurs, 8 tapis de Sansevieria ont été totalement arrachés et les rhizomes extraits du sol. Les placettes sont actuellement suivis deux fois par ans afin d'observer l'efficacité des trois méthodes qui seront au besoin complétées par l'arrachage des rejets éventuels.

 

  1. L'Orangine - Triphasia trifoliata

L'orangine, originaire d'Asie du Sud-Est, a été introduite en Guadeloupe à des fins ornementales. Cet arbuste est localement très invasif en forêt sèche où le sous-étage de certains secteurs est entièrement composé de cette espèce.

En 2015, l'ONF et le Conseil départemental ont réalisé un chantier de régulation de l'orangine dans la forêt départementale de la barre de Cadoue. Plusieurs dizaines de mètres carrés de sous-étage colonisés par l'orangine ont été rasés et des espèces locales plantées en remplacement. Le suivi en cours montrera si cette méthode permet de favoriser les essences locales au dépend de l'Orangine ou si malheureusement cette dernière recolonise le milieu.

La restauration écologique

Enclos de régénération
Enclos de régénération

Les forêts de Guadeloupe subissent de nombreuses pressions, et notamment les forêts sèches et littorales. C'est donc au sein de ses forêts que les projets de restauration écologique sont menés en priorité.

  1. Enclos de régénération

Afin des restaurer des portions de forêt du littorale très dégradées par le piétinement et l'arrachage de végétaux, 12 enclos de régénération ont été mis en place sur les secteurs de Cluny et Grande-anse de Deshaie en 2008.

Ce projet a également pour objectif de restaurer l'habitat terrestre des tortues marines. Les enclos, constitués de piquets en bois et de fil métallique, empêchent tout intrusion et permettent la régénération naturelle. Cette reconquête forestière est d'ailleurs suivie grâce à des inventaires botaniques précis réalisés deux fois par an. Les premières analyses montrent des résultats très positifs. En 7 ans, la jeune forêt a déjà repris place.

Au vu de cette réussite, le dispositif "enclos de régénération" est aujourd'hui largement déployé sur les autres sites très fréquentés de la forêt domaniale du littoral.

 

Plants de poiriers pays
Plants de poiriers pays © Thibaut Foch / ONF
  1. Plantation de poiriers-pays - Tabebuia heterophylla

En 2014, une plantation d'un hectare de poiriers-pays a été réalisée par l'ONF sur des terrains du Conseil départemental aux abords de la retenue de Gaschet en Nord Grande-Terre.

Cette plantation avait pour objectif de tester la résistance des poiriers dans un milieu très sec, envahi par l'acacia Saint Domingue (Dichrostachys cinerea) et par les fourmis manioc (Acromyrmex octospinosus). La plantation s'est effectuée en plusieurs étapes :

  • production des plants de poiriers de 60 cm par un pépiniériste
  • ouverture de layons de 3 m de large, tous les 5 m dans le peuplement dense d'acacias
  • plantation des plants de poiriers en ligne tous le 3 mètres
  • pose de glue arboricole anti fourmi manioc
  • détourage régulier des rejets d'acacia.

La croissance des plants de poiriers est actuellement suivie afin de définir la meilleure méthode de plantation qui devra être déployée de plus en plus dans des milieux similaires, où les conditions d'accueil sont très difficiles.

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