+ de critères

 

Forêts du monde : l’homme, acteur du devenir des forêts

Selon leurs modes de vie et les ressources qu’elles cherchent à tirer de la forêt, les populations humaines en dessinent les aspects et en déterminent en partie l’avenir.

L’exemple de l’hévéa

Les plantations de production assurent une part importante de l’approvisionnement mondial en bois d’œuvre et d’industrie. Le développement de ce type de peuplements forestiers… Plus sur: L’exemple de l’hévéa

Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.

Chateaubriand, même s'il force le trait en faisant des hommes d'implacables destructeurs, souligne une double réalité : l'homme et la forêt ont à partager un espace limité, mais le premier a besoin des richesses forestières.

Là où elle malmène la forêt, la population se prive durablement de ses ressources. Là où ils sont respectés, les principes d'une gestion durable de la forêt en assurent la pérennité.

Le rôle de la sylviculture

A travers la sylviculture, l'homme modèle et oriente les forêts
A travers la sylviculture, l'homme modèle et oriente les forêts © Lilian Micas / ONF

Quelle que soit la nature de ses interventions, l'homme agit de toute façon sur le devenir des forêts : elles sont en général en mesure de se perpétuer par elles-mêmes, mais elles ne répondent pas toujours aux besoins des sociétés humaines.

Telle est la fonction de la sylviculture qui permet « de faire évoluer les forêts, en mettant à profit les facteurs écologiques et les potentialités naturelles, afin d'optimiser durablement les produits et les services que l'homme peut en attendre ».

La production régulière de bois de qualité, la préservation de la biodiversité végétale et animale, l'aménagement des forêts pour des activités de loisirs... répondent aux besoins de l'homme.

Des paysages façonnés

Activité humaine et forêt ont toujours modelé le paysage
Activité humaine et forêt ont toujours modelé le paysage © Alain Blumet / ONF

Là où il intervient, l'homme contribue ainsi à façonner les paysages forestiers, soit par le choix et le mélange des essences, soit par les différents traitements sylvicoles en futaies régulières ou jardinées, en taillis ou bien encore en taillis-sous-futaie.

L'intervention de l'homme se traduit dans la classification des forêts du monde selon leurs caractéristiques :

  1. un peu plus d'un tiers seulement est classé en « forêts primaires », c'est-à-dire composées d'espèces locales et sans trace d'activité humaine
  1. les deux autres tiers, donc, sont marqués par l'activité humaine avec une progression sensible des forêts de production et de protection depuis le XXe siècle surtout - et l'introduction, dans certains cas, de nouvelles essences (lire l'encadré).

Ainsi, pratiquement tout le couvert forestier européen a été modifié depuis plusieurs millénaires par la sylviculture et l'exploitation forestière, ou bien ressort de plantations à des fins productives.

À l'inverse, 80% des forêts denses tropicales sont naturelles. Mais, au contraire des zones tempérées, la superficie du couvert forestier est en déclin sous l'effet des besoins de la population.

Concurrence pour l’occupation des terres

Depuis la nuit des temps, le bois de chauffage a été prélevé en forêt
Depuis la nuit des temps, le bois de chauffage a été prélevé en forêt © Alain Blumet / ONF

L'évolution des surfaces boisées en zone tempérée et en zone tropicale illustre bien la double réalité évoquée plus haut : concurrence pour l'occupation des terres, mais recherche des richesses de la forêt.

En zone tempérée, dont l'économie s'est depuis longtemps diversifiée, le recul des surfaces agricoles favorise la reconquête de ces espaces par la forêt ; en zone tropicale, où l'économie de survie prédomine, les besoins de la population entraînent une déforestation annuelle d'une quinzaine de millions d'ha pour l'agriculture, l'élevage extensif, la surexploitation du bois d'œuvre et du bois de feu (deux milliards d'êtres humains n'ont pour seule source d'énergie que le bois). La part des plantations de reboisement n'atteint pas trois millions d'ha.

Si l'on ajoute que la richesse forestière potentielle en produits ligneux et non-ligneux se trouve en grande partie dans les pays en développement, on voit à quel point le sort des forêts au niveau mondial est intimement lié à celui des populations.

La nature aussi

Pour autant, l'homme n'est pas le seul responsable du devenir des forêts. La nature, faut-il le rappeler, reste un acteur majeur.

Indépendamment du cycle dynamique des forêts qui peut conduire à leur déclin après différents stades de successions, elles peuvent en effet subir d'importants dommages à la suite d'incendies (provoqués par la foudre et non par la malveillance de l'homme), de tempêtes, d'épisodes climatiques extrêmes (gel, canicule, inondation).

Dans ces cas, le rôle des spécialistes de la forêt peut être déterminant pour accompagner sa régénération.

Ressources