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Les forêts françaises

Après avoir connu un creux au milieu du XIXe siècle, la superficie forestière française a depuis regagné son niveau de la fin du Moyen Age, soit 15,5 millions d’hectares.

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400.000 km2 à son maximum aux environs de 6500 ans avant notre ère ; 75.000 km2 à son minimum au milieu du XIXe siècle ; 155.000 km2 aujourd'hui : on se rend compte, en trois repères, à quel point la surface forestière française a connu d'importantes fluctuations au fil du temps.

A la fin de la dernière période glaciaire, il y a 18.000 ans, la forêt, de succession en succession de la végétation, a reconquis très progressivement de vastes espaces jusqu'à couvrir les trois-quarts du territoire national actuel.

Sous l'effet de la croissance démographique, les besoins de la population en surface agricole, bois de chauffage et bois d'œuvre, ont conduit à des défrichements et des extractions de bois considérables. Si bien que la surface forestière fut réduite à 13,6% du territoire, avant de remonter à 28% aujourd'hui, soit le niveau qu'elle occupait à la fin du Moyen Age.

Moins de surfaces agricoles

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© Phillipe Lacroix / ONF Illustration

Cependant, si les besoins de l'agriculture vivrière ont évolué à la hausse dans le lointain passé, ils diminuent aujourd'hui sous l'effet du renforcement de la productivité et de l'abandon des terres les moins fertiles.

Le passage de l'agriculture extensive à l'agriculture intensive a abouti à une première déprise agricole au début du XXe siècle. Une seconde vague est apparue dans les années 80 suite à l'évolution de l'agriculture, particulièrement dans les zones de montagne.

Un autre élément contribue à la forte extension forestière en France : « L'apparition d'une nouvelle forme de ruralité liée à la défense de l'environnement et à la création de liens nouveaux entre villes et campagne. » (La forêt, un espace aux utilités multiples, Gérard Buttoud, 2003).

Si la France offre des conditions climatiques et des écosystèmes favorables à un reboisement spontané assez rapide, cette donnée n'explique pas à elle seule le développement de la superficie forestière : s'y ajoute l'action volontariste de ceux qui ont en charge la gestion de la forêt.

Le creux du XIXe siècle

Le recul atteint au XIXe siècle a été un signal d'alarme.

Déjà sous Colbert, en 1669, le royaume avait adopté la Grande Ordonnance qui fixait des règles d'exploitation tenant compte « de l'état et de la possibilité de chaque forêt » avec un effort de reboisement.

Un peu moins de deux siècles plus tard, en 1827, l'Etat adoptait le Code forestier qui reste en vigueur aujourd'hui avec des mises à jour régulières. Ainsi, toutes les forêts publiques ou privées de plus de 10 ou 25 ha, selon les régions, dépendent d'un document de gestion approuvé par les pouvoirs publics.

Le rôle de la puissance publique

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© Granereau / ONF Illustration

Un exemple illustre particulièrement l'action que peut mener la puissance publique : la forêt des Landes et de Gascogne.

Dès le XVIIIe siècle, les paysans commencèrent à assainir cette région marécageuse en aménageant des fossés de drainage. Il fallait aussi bloquer la progression dans les terres des sables de la côte landaise.

En 1857, sous Napoléon III, une loi rendait les communes responsables de l'assainissement des terres et de leur ensemencement en pins.

Alors que la forêt, essentiellement constituée de pins maritimes et de hêtres, couvrait alors 250.000 ha, sa superficie atteint aujourd'hui environ un million d'ha répartis entre les départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Il s'agit du massif forestier né d'une action volontaire de reboisement le plus important en Europe.

+ 50.000 ha par an

Si la surface forestière continue de s'étendre actuellement en moyenne de 50.000 ha par an, cette augmentation cache des disparités : les zones périphériques perdent une part de leur surface forestière, tandis que les zones plus rurales et montagnardes continuent au contraire à s'accroître.

Il est aussi significatif de relever que les prélèvements de bois sont inférieurs à l'accroissement naturel des forêts. Le bilan est donc positif en terme de gestion durable : en 2005, 51,5 millions de m3 ont été extraits, soit la moitié de l'accroissement annuel de bois sur pied.

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