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Forêts tropicales : quelques curiosités naturelles

Grâce à la richesse de sa biodiversité, la forêt tropicale fourmille de curiosités. Nous avons choisi de vous en présenter quelques unes.

Les lianes

Les lianes partent du sol et s'appuient sur les troncs et branches - ou sur d'autres lianes - pour gagner les étages supérieurs. Elles peuvent envelopper leur arbre-support ou pendre en épais rideaux. Bénéficiant d'un support, elles économisent en fabrication de tissus de soutien.

Leur système de transport de l'eau est très performant. Sous les tropiques, les lianes pleines d'eau peuvent représenter une source d'eau potable souvent indemne de parasites.

Certaines lianes grimpent à la recherche de la lumière pour y étaler leurs feuilles. D'autres aiment l'ombre (les sciaphiles) et s'enroulent autour des troncs sans chercher à atteindre la partie supérieure de leur arbre support. Mais leur luxuriance et leur vitalité trouvent leur meilleur terrain en lisière, dans les forêt-galeries et les trouées provoquées par les chablis.

Beaucoup ont des fleurs spectaculaires qui apportent des notes de couleur. Parfois, ces fleurs recouvrent l'arbre-support au point que celui-ci paraît lui-même en fleur.

Les épiphytes

Ce groupe de plantes (jusqu'à 400 espèces dans les forêts pluvieuses) rampantes, grimpantes ou lianescentes vivent sur une autre plante sans point d'ancrage dans le sol. Elles affectionnent plus particulièrement les fissures d'écorce, les fourches et les creux des arbres. Elles sont en général fixées aux arbres par des crampons, là où se dépose une petite couche de débris. A la différence des plantes parasites, elles ne se nourrissent pas de leur hôte végétal, mais en profitent uniquement comme point d'appui vers la lumière.

Certaines épiphytes comme les broméliacées (famille de l'ananas) disposent de larges feuilles en entonnoir pour accumuler eau et humus, d'autres émettent de longues racines aériennes spongieuses qui se gorgent d'eau lors des pluies, voire même prélèvent directement ces éléments vitaux dans l'air.

La masse des épiphytes peut atteindre jusqu'au tiers du poids de l'arbre qui les supporte, et provoquer sa chute. Beaucoup d'arbres ont toutefois acquis une écorce lisse allant jusqu'à « muer » pour éviter une trop forte colonisation par les épiphytes.

La mangrove

La mangrove est une forêt originale qui pousse les pieds dans l'eau le long des côtes protégées des pays tropicaux, en zones basses inondées par l'eau de mer.

La vie végétale confrontée à des difficultés de fixation, d'asphyxie et de salinité ne s'y développe que grâce à des adaptations très spéciales qui lui confèrent un caractère original. Ainsi, par exemple :

  • les racines aériennes en arc-boutant. On parle de racines-échasses
  • les pneumatophores, ces tiges verticales qui pointent à travers la vase et sont branchées sur des racines horizontales qui servent à ancrer l'arbre.

Pour éviter une salure excessive, les cellules des racines arrivent à pratiquer un certain filtrage de l'eau. Seules quelques espèces d'arbres arrivent toutefois à s'installer, en se disposant le plus souvent en bandes parallèles au rivage, en fonction de la durée de la submersion et de la teneur en sel.

Beaucoup d'espèces marines utilisent les mangroves comme sites de reproduction : poissons, langoustes, mollusques... Les crabes y sont communs et se nourrissent d'animaux morts flottants dans l'eau.

Les « pestes végétales »

Dans la plupart des îles, de nombreuses plantes ont été amenées par l'homme, au début surtout pour leur intérêt utilitaire, aujourd'hui plus pour leurs qualités ornementales. Ainsi, à La Réunion, l'homme a introduit en seulement 340 ans plus de 2.000 espèces de plantes, alors que seul un millier d'espèces s'étaient installées naturellement sur l'île en 10.000 fois plus de temps !

Ces plantes sont devenues aujourd'hui très envahissantes, au point de constituer un grand danger pour les milieux et les espèces indigènes. Toujours à La Réunion, une centaine de ces plantes introduites se sont échappées des champs ou des jardins et envahissent maintenant les milieux naturels de l'île. Poussant plus vite et produisant plus de graines, elles modifient progressivement les écosystèmes indigènes et peuvent aller jusqu'à les remplacer totalement.

Les invasions par les plantes introduites constituent à long terme la plus grave menace pour les écosystèmes des îles tropicales. Outre la perte de biodiversité qu'elles induisent, elles contribuent aussi à une banalisation des paysages à l'échelle mondiale.

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