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Forêts tropicales : une diversité biologique exceptionnelle

Chacun de nous a son image de la forêt tropicale : pour les uns c’est un enfer vert, pour les autres la jungle de Mowgli… En fait, le terme de forêt tropicale est générique, et aucune définition ne fait autorité dans le monde scientifique. Par contre, tous s’accordent à dire que ce foyer de biodiversité est aujourd’hui menacé.

10% des terres émergées

Les forêts tropicales s’étendent sur 1.700 millions d’ha, soit plus de 10% des terres émergées et près de 50% de la superficie totale des forêts.

Elles se concentrent… Plus sur: 10% des terres émergées

Une grande variété de forêts tropicales

Tout au plus peut-on dire que la forêt tropicale appartient à la zone géographique qui s'étend du tropique du Cancer au tropique du Capricorne.

Mais, comme pour toutes les formations végétales, latitude, altitude, nature du sol, climat sont des facteurs qui conditionnent la forêt tropicale si bien qu'on en trouve une grande variété : forêts humides (ou pluvieuses), forêts sèches (plus ou moins denses), forêts de montagne (ou de nuages), mangroves...

Températures, précipitations et rythme des saisons diffèrent

Globalement, les forêts tropicales se trouvent dans des régions soumises à des climats de type chaud :

  • moyennes mensuelles toujours supérieures à 18°C et plus proches de 25-30°C, avec une amplitude relativement faible, de l'ordre de 5°C
  • précipitations fortes pendant les trois quart de l'année, supérieures à 1.500 mm/an avec toujours plus de 100 mm mensuels. Cette régularité est déterminante car elle entretient une forte humidité (80% au sol en moyenne).

Toutefois, en s'éloignant de l'Equateur, l'alternance de saisons sèches et de saisons humides devient de plus en plus marquée : la saison sèche s'allonge, et les variations thermiques s'accroissent.

Toutes les forêts tropicales abritent une très forte biodiversité

Christophe Colomb avait perçu cette spécificité puisque dès le 28 octobre 1492, il décrivait en ces termes la forêt tropicale au roi Ferdinand II et à la reine Isabelle : « ... jamais n'ai pu admirer de telles beautés, des arbres splendides et verts, très différents des nôtres, aux fleurs et aux fruits distincts selon les espèces; des oiseaux nombreux, dont des petits au chant fort mélodieux ... ».

Les forêts tropicales sont considérées comme le premier réservoir mondial de diversité biologique terrestre, aussi bien en ce qui concerne les espèces que les écosystèmes.

Parmi elles, la forêt tropicale humide se distingue particulièrement par sa richesse. Alors qu'elle ne couvre que 6% de la surface de la planète, on estime qu'elle renferme 50 à 80% des espèces animales ou végétales terrestres : 80% des insectes, 84% des reptiles, 91% des amphibiens, 90% des primates, 70% des espèces végétales connues dont près de 50.000 espèces d'arbres.

Les perspectives sont menaçantes

La progression de la demande de bois tropicaux et de produits agricoles a conduit à des défrichements importants : au cours des années 1990, environ 15 millions d'ha de forêts tropicales (soit à peu près la surface forestière de la France métropolitaine) ont été perdus chaque année, et de nombreux écosystèmes forestiers se dégradent parfois de façon irréversible ou se morcellent.

Il s'agit d'un risque environnemental mais aussi économique, social et culturel car quelques 500 millions de personnes, dont 150 millions d'autochtones, vivent à l'orée ou au sein des forêts tropicales. C'est par exemple la situation des peuples Baka du bassin du Congo, des Dayak de Bornéo ou encore des Kayako d'Amazonie.

Grâce à une grande connaissance et expérience de la forêt, ces peuples indigènes ont pu s'adapter et vivre dans des milieux hostiles et complexes. Le contact direct et permanent avec la nature leur a appris à observer et à connaître le monde végétal et animal. Le cycle des éléments naturels - saison des pluies et saison sèche, lever et coucher du soleil...- rythme la vie des hommes qui dépendent étroitement de la forêt et des ressources qu'ils en tirent.

Les entreprises qui exploitent dans ces régions les bois tropicaux et le riche sous-sol, ou brevètent des variétés de plantes médicinales et/ou alimentaires, abusent trop souvent des droits des peuples autochtones et les contraignent alors à fuir et à renoncer à leur vie économique et sociale basée sur la forêt. La survie de ces populations s'en trouve de plus en plus menacée. Avec la disparition de la forêt, c'est la biodiversité mais aussi des peuples et tous leurs savoirs qui s'éteignent à jamais.

Une mobilisation internationale

Cette imbrication des enjeux environnementaux, économiques et de développement explique les difficultés rencontrées par la communauté internationale pour élaborer une véritable stratégie en vue de la préservation des forêts tropicales.

Cette stratégie se met cependant en place, notamment à travers les programmes de travail sur les forêts élaborés dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique et du Forum des Nations unies sur les forêts, ainsi qu'au sein de l'Organisation internationale des bois tropicaux. 

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