+ de critères

 

Protection des forêts : l’Europe dans une logique continentale

La préservation du patrimoine forestier et son exploitation raisonnée s’inscrivent dans la coopération pan-européenne et le respect des engagements internationaux.

Une approche pan-européenne

La Conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe (CMPFE) a été créée en 1990. Quarante-quatre pays européens et la Communauté européenne y participent, ainsi… Plus sur: Une approche pan-européenne

« La place de plus en plus importante des forêts dans les débats internationaux et les initiatives sur le développement durable ont été des forces motrices conduisant à l'adoption de la stratégie forestière de l'Union européenne », explique la Commission européenne dans la présentation du « Plan d'action de l'UE pour la gestion durable des forêts », en juin 2006 (lire l'encadré).

Ce plan d'action est l'aboutissement de la volonté commune des États membres et des institutions communautaires européennes de dégager des principes généraux pour une gestion durable des forêts.

Amorcée au tournant des années 80, cette réflexion a trouvé des points d'appui aussi bien au niveau pan-européen lors des Conférences ministérielles pour la protection des forêts en Europe (lire l'encadré) qu'à l'échelon international avec la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (Rio de Janeiro, 1992).

Le processus d’Helsinki

Les tourbières d'Europe centrale sont des milieux à suivre
Les tourbières d'Europe centrale sont des milieux à suivre © Phillipe Lacroix / ONF

De fait, le plan d'action de l'Union européenne revendique sa filiation avec les grands principes du développement durable définis à Rio, mais aussi avec l'application de ces principes aux forêts européennes tels qu'ils figurent dans le processus d'Helsinki en 1994 : la gestion et l'utilisation des forêts et des terrains boisés doivent être menées de manière :

  • à maintenir leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes aux niveaux local, national et mondial
  • à ne causer aucun préjudice aux autres écosystèmes.

38% du territoire

Le domaine forestier de l'Union européenne est de première importance, tant dans sa dimension environnementale qu'économique et patrimoniale. Les forêts couvrent près de 38% du territoire de l'UE, leur superficie totale augmente régulièrement (+ 2,3 millions d'ha entre 2000 et 2005) et elles abritent la plus grande variété d'espèces du continent.

15 millions de propriétaires privés détiennent 60% des forêts et 3,4 millions de personnes travaillent dans la sylviculture et les activités forestières.

Exploiter et préserver

En plaine, l'Orchis pyramidal est un reliquat de forêts montagnardes
En plaine, l'Orchis pyramidal est un reliquat de forêts montagnardes © Alain Blumet / ONF

L'articulation entre l'exploitation raisonnée de ces ressources forestières et la préservation de ce patrimoine met en jeu tous les acteurs européens, qu'ils soient publics ou privés. La difficulté peut venir de la répartition des responsabilités : il n'existe pas de « politique forestière commune » au sens de la « politique agriculture commune » où les compétences sont partagées entre les États et la Communauté européenne.

La gestion des forêts reste du ressort des États, mais les règles de fonctionnement de l'Union européenne permettent à la Commission d'agir en appui des politiques nationales en assurant un rôle de coordination et d'impulsion. Ce que le Conseil européen lui a demandé de prendre en charge avec la préparation du plan d'action pour la gestion durable des forêts.

Enfin, la Commission européenne peut aussi agir à travers les relations commerciales, domaine dans lequel les États ont transféré leur compétence au niveau communautaire. Ce pouvoir peut par exemple s’exercer sur les modalités de certification des produits de la forêt, ce qui n’est pas neutre au regard de leur gestion durable.

La Commission est aussi présente à travers l’action des directions générales en charge de l’agriculture et de l’environnement et de programmes spécifiques comme Natura 2000.

Ressources