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Les arbres, grands amateurs d’eau

L’eau sert de solvant pour la nourriture et de pompe aspirante pour la sève. Aspirée vers le feuillage, elle est restituée en partie à l’atmosphère par transpiration.

Impressionnants consommateurs d'eau, les arbres sont particulièrement sensibles aux périodes de forte sécheresse, même si les besoins varient d'une espèce à l'autre.

En région tempérée, un hectare de forêt peut absorber jusqu'à 4.000 tonnes d'eau par an ! Il n'est donc pas étonnant que les arbres sortent passablement stressés de longs épisodes secs et chauds, pour ne pas parler de ceux qui n'y résistent pas.

Pourquoi cette soif ?

En forêt, les arbres absorbent l'eau lentement
En forêt, les arbres absorbent l'eau lentement © Jean Rabil / ONF

Pourquoi cette soif que les arbres étanchent grâce aux racines qui peuvent aller chercher l'eau à plusieurs mètres de profondeur ?

L'eau sert de solvant et de pompe aspirante. Si les éléments dont se nourrissent les arbres et les plantes ne se présentaient pas en solution dans l'eau, ils ne pourraient pas les absorber. L'eau, aspirée par osmose dans les racines, alimente le flux ascendant de la sève brute jusqu'aux parties aériennes.

Arrivée à cette hauteur, une partie s'évapore par les stomates des feuilles. Cette transpiration, moteur de la pompe, augmente la concentration de la sève brute, et participe aussi à la régulation de la température de l'arbre. La sève descendante, ou sève élaborée, est constituée de la sève brute enrichie de protéines élaborées par la photosynthèse. C'est cette sève qui nourrit l'arbre.

À titre d'exemples :

  • un chêne adulte hisse quotidiennement près de 200 litres d'eau à une hauteur d'une trentaine de mètres
  • un hectare de hêtraie, qui consomme de 2.000 à 5.000 tonnes d'eau par an, en restitue 2.000 par évaporation.


Ces données permettent d'apprécier l'importance de l'action des forêts sur la régulation du climat et du régime des eaux.

Des essences plus ou moins hygrophiles

La forêt transpire même si ce n'est pas visible
La forêt transpire même si ce n'est pas visible © Lilian Micas / ONF

Tous les arbres sont hygrophiles, principalement en période de feuillaison. Les besoins en eau, cependant, varient selon les essences. Le sapin et l'épicéa exigent au moins 1.000 mm d'eau annuellement, le hêtre de 700 à 1.500 mm, le pin sylvestre et le mélèze d'Europe de 500 à 1.300 mm, le chêne vert de 400 à 700 mm seulement.

Si l'eau représente, en quantité comme en disponibilité saisonnière, l'élément le plus essentiel pour l'existence des écosystèmes forestiers, les besoins de chaque essence en détermine l'implantation géographique. En deçà d'une certaine limite hydrique - de l'ordre de 500 mm par an pour une station forestière -, apparaissent la savane ou le désert.

La soif d'eau des végétaux est telle que leur existence est aussi conditionnée par la reconstitution régulière des réserves. Les trois-quarts de l'eau qui tombent du ciel, cependant, échappent aux végétaux. Une partie est interceptée par la couronne des arbres et s'évapore directement ; une autre est arrêtée par la végétation. Au final, sur la portion d'eau qui parvient au sol, seule une fraction s'infiltre.

La capacité d'interception des précipitations, variable selon le type de feuillage, a une forte influence sur la composition des forêts. Ainsi, certains pins a une faible capacité d'interception de la pluie, ce qui renforce son aptitude à pousser dans des régions sèches ; par contre, l'épicéa, le sapin ou le douglas, dont le feuillage retient beaucoup plus d'eau, sont très sensibles à un faible niveau de précipitation.

Trop d’eau nuit

L'eau, cependant, n'est pas qu'un facteur essentiel de la vie végétale, elle peut aussi créer des nuisances. Un sol saturé d'eau peut empêcher toute végétation en asphyxiant les racines. La grêle brûle et déchiquette les tissus des fleurs et des feuilles. Par leur poids, la neige humide et la glace du givre entraînent des dégâts en provoquant la rupture des branches.

Tout est question d'équilibre et de mesure. Mais l'homme n'a pas la maîtrise de la météo.

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