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L'homme cueilleur : cueillir avec modération

Cueillir, oui, bien sûr, la nature y invite, mais encore faut-il le faire avec retenue, modération et discernement, dans le respect des grands équilibres forestiers. La cueillette est en effet tout un art : elle a ses règles et ses principes. Les respecter, c’est profiter de la nature tout en la protégeant.

Aujourd’hui, de l’utilitaire au loisir

Contrairement à d'autres continents (Afrique, Amérique du Sud...), les cueillettes forestières n'ont plus, en France aujourd'hui, le même caractère de nécessité pour la subsistance des populations. Elles n'ont pas pour autant disparu.

Certains produits, champignons, baies, mais aussi plantes médicinales, aromatiques ou ornementales sont en partie commercialisés, dans un cadre réglementé, et contribuent à l'économie locale.

Mais la cueillette, sous toutes ses formes, est en grande partie aujourd'hui une pratique de loisirs, plébiscitée par 35% de la population (enquête ONF/Université de Caen, 2004). Du bouquet de jonquilles aux châtaignes et aux feuilles ramassées à l'automne, la cueillette est l'un des plaisirs de la sortie en forêt. Les produits de ces cueillettes sont alors utilisés ou consommés directement dans le cadre familial.

Les fruits et produits appartiennent aux propriétaires des forêts

La cueillette familiale fait partie des plaisirs de la promenade en forêt
La cueillette familiale fait partie des plaisirs de la promenade en forêt © Jean-Marc Brézard / ONF

Que les forêts soient privées ou publiques (forêts domaniales et forêts des collectivités), il n'est pas permis de cueillir des plantes, champignons, de ramasser des matériaux... sans l'autorisation des propriétaires. Un tel principe s'applique même si les forêts sont ouvertes au public.

Toutefois, dans les forêts publiques, les cueillettes à caractère familial (petites quantités) sont tolérées sauf lorsqu'une trop forte pression du public risque de conduire à la disparition des espèces concernées.

Les cueillettes à des fins commerciales (prélèvements importants en vue de la revente) ne peuvent s'effectuer qu'après un accord exprès du propriétaire, qui est légitimement en droit d'exiger le paiement des fruits et produits prélevés.

En vue d'éviter les prélèvements abusifs, le Code forestier institue des sanctions pénales à l'encontre des auteurs de cueillettes et de ramassages non autorisés.

Des protections spéciales

Des réglementations ou législations particulières existent pour assurer la protection de milieux naturels remarquables ou fragiles, ou celles d'espèces animales ou végétales rares ou menacées. Il faut bien les connaître.

Les principales concernent les parcs, réserves et espèces protégées. Ainsi, les parcs nationaux, les réserves biologiques en forêt domaniale, les réserves naturelles... ont pour objectif de préserver les richesses de la nature. Les cueillettes y sont très réglementées et souvent totalement interdites. On ne glanera qu'avec les yeux !

Plantes protégées

Cette charte établie en partenariat est diffusée dans les forêts de l’Orne
Cette charte établie en partenariat est diffusée dans les forêts de l’Orne

Beaucoup de plantes sont menacées de disparition. Des mesures ont été prises pour les protéger. Ainsi, plus de 400 plantes bénéficient d'un statut intégral de protection : il est totalement interdit d'y toucher.

D'autres bénéficient d'une protection partielle : pour les prélever, il faut une autorisation.

Enfin, certaines plantes courantes (jonquilles, muguet), tout comme les champignons, sont parfois trop cueillies, ce qui met par endroits leur existence en danger. Des arrêtés préfectoraux peuvent alors interdire ou restreindre les cueillettes.

Bien connaître

Bien cueillir, c'est bien connaître ce que l'on prélève, pour éviter les problèmes juridiques et les intoxications. Des livres sur le flore ou sur les champignons permettent d'améliorer les connaissances. On peut aussi participer aux activités de terrain proposées par l'ONF et de nombreuses associations naturalistes ou de mycologie : il n'y a pas mieux pour apprendre.

Le rôle du forestier et des « gardes nature »

Les forestiers, les « gardes-nature » et gardes-chasse, les gardes des parcs, et de manière générale toutes les personnes qui ont des attributions en matière de police de la nature, ont pour mission de surveiller les milieux naturels.

Ils ont un rôle d'information du public et d'aide à la découverte de la nature.

Ils ont aussi un rôle de répression et peuvent verbaliser toute personne qui commet une infraction.

Attention, danger


Bien cueillir, c'est aussi bien connaître ce que l'on prélève : on évitera ainsi les intoxications, qui peuvent être mortelles. Dans tous les cas, la prudence impose de ne cueillir que les champignons ou les fruits connus. Les jeunes enfants doivent être surveillés attentivement et ne rien porter à leur bouche.

En cas d'ingestion de plantes ou de champignons toxiques, contacter le centre antipoison régional, le Samu ou gagner l'hôpital le plus proche.

Des maladies parasitaires, parfois graves, et souvent insidieuses, car leur période d'incubation est longue, peuvent aussi être transmises en mangeant des baies sauvages. La plus connue est l'échinococcose alvéolaire dont les œufs sont déposés sur les végétaux par les renards infectés. La maladie est répertoriée sur toute la France mais les zones d'endémie se concentrent dans le Massif Central, la Franche-Comté, la Lorraine et les Alpes. La seule prévention efficace consiste à faire cuire les fruits qui pourraient être contaminés, car ni le lavage ni la congélation ne suffisent à éliminer le parasite.