+ de critères

 

Protéger le patrimoine naturel remarquable

Les réserves biologiques sont un instrument essentiel de l’action de l’Office national des forêts pour la protection du patrimoine naturel. Elles complètent ses outils de gestion durable.

Protéger le patrimoine naturel remarquable des forêts publiques

C'est par la gestion multifonctionnelle qu'est assurée principalement la conservation du patrimoine naturel des forêts gérées par l'ONF : une gestion qui, à l'échelle de la forêt, concilie l'ensemble des enjeux écologiques et socio-économiques (production de bois, accueil du public, prévention des risques naturels...).

Dans certains cas, la valeur patrimoniale particulièrement élevée d'un site, le besoin d'une protection réglementaire renforcée ou d'une gestion conservatoire spécifique, justifient d'aller au-delà de la gestion multifonctionnelle. C'est là que peuvent être créées des réserves.

La gestion multifonctionnelle et les espaces plus spécialisés que sont les réserves sont les deux faces de la gestion durable du patrimoine naturel des forêts.

Deux statuts complémentaires : les RB et les RN

Illustration
RBI des Pitons du Carbet, Martinique © ONF

Réserves naturelles (RN) et réserves biologiques (RB) sont deux familles d'espaces à protection réglementaire forte.

  • Les réserves naturelles nationales (RNN), régionales (RNR) ou de Corse (RNC), ont un champ d'application vaste. Elles peuvent concerner tous types de situations foncières : propriétés privées (de collectivités ou de particuliers), domaines publics, et sur terre comme en mer.
  • Les réserves biologiques (RB) sont un statut spécifique aux forêts de l'Etat (domaniales) et aux forêts des collectivités (communes, départements, régions...). A ce titre, elles sont gérées par l'ONF.

Comme les RN, et avec les cœurs de parcs nationaux et les arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB), les RB sont un des statuts retenus par la Stratégie nationale de création d'aires protégées (Scap) pour l'objectif de classement de 2% du territoire terrestre métropolitain sous statut de protection réglementaire fort.

Dans les départements d'Outre-mer également, les RB apportent une contribution importante aux politiques de protection de la nature.

On compte une cinquantaine de réserves naturelles début 2016, comportant une proportion plus ou moins importante de forêts publiques. Une quinzaine de ces RN sont gérées ou co-gérées par l'ONF.

A la même date, pour les réserves biologiques, on compte : 

  • en métropole : 157 réserves biologiques dirigées (RBD), 56 réserves biologiques intégrales (RBI) et 21 RB "mixtes" (RBI + RBD), pour une surface de 24.145 ha de RBD et 21.868 ha de RBI
  • dans les départements d'Outre-mer : 9 RBD, 7 RBI et 1 RB mixte, pour un total de 10.007 ha de RBD et 94.582 ha de RBI.

Réserves biologiques dirigées et réserves biologiques intégrales

Entre ces deux variantes des réserves biologiques, il n'y a pas de hiérarchie des statuts, mais des objectifs différents et complémentaires. Certaines RB (dites mixtes) ont une partie dirigée et une partie intégrale, avec un zonage bien défini.

Les réserves biologiques dirigées (RBD)

Les RBD concernent des milieux ou espèces remarquables qui nécessitent en général une gestion conservatoire particulière, comme :

  • restaurer ou entretenir des milieux ouverts comme les landes ou les pelouses
  • réaliser des travaux de gestion hydraulique, pour maintenir ou restaurer des zones humides
  • lutter contre des espèces exotiques envahissantes.

Le plus souvent, les RBD concernent des milieux ouverts, plus ou moins enclavés dans la forêt. Sans intervention, ces milieux risqueraient de se fermer par le développement naturel de la végétation forestière et de perdre leur richesse floristique et faunistique.

Du niveau de la mer jusqu'à 3000 m d'altitude, les RBD concernent une très grande diversité de milieux.

Illustration
La réserve biologique dirigée de la Côte d'Opale (62) : un complexe de milieux dunaires littoraux fragiles © ONF

Les réserves biologiques intégrales (RBI)

Les RBI sont des espaces-témoins voués à la libre évolution des forêts. Si les plus anciennes ont été créées il y a plus de 60 ans, c'est depuis les années 1990 que l'ONF a entrepris de constituer un réseau national représentatif de toute la diversité des milieux forestiers, des plus communs (mais typiques de grandes régions naturelles) jusqu'aux plus remarquables.

Les RBI sont des observatoires de la dynamique naturelle des forêts sur le long terme, notamment dans le contexte des changements climatiques. Elles sont aussi des conservatoires de formes de biodiversité plus rare dans les forêts exploitées : insectes et champignons liés au bois mort, etc.

Les RBI sont avant tout un terrain privilégié d'études scientifiques. En dehors de ces études, seuls certains actes de gestion sont possibles :

  • sécuriser des itinéraires de circulation qui longent ou traversent les RBI : sentiers pédestres balisés, chemins, routes
  • réguler les ongulés par la chasse pour préserver les équilibres naturels entre faune et flore en l'absence de prédateurs
  • éliminer des espèces exotiques.
Illustration
La forêt domaniale de Fontainebleau (77) héberge les plus anciennes réserves intégrales de France : réserves artistiques en 1861, première RBI en 1953 © ONF

Réglementation des usages en réserve biologique

Préserver le patrimoine naturel est la priorité des réserves biologiques. Les diverses activités humaines ne sont pas systématiquement interdites, mais réglementées.

C'est au cas par cas qu'un arrêté fixe la réglementation propre à chaque RB. L'accès et les usages (cueillette, etc.) peuvent être limités voire interdits, en fonction de la présence d'espèces vulnérables (flore fragile, faune sensible au dérangement), de milieux particulièrement sensibles, ou pour des motifs de sécurité du public (danger des arbres morts).

Dans les RBD, cette réglementation varie fortement en fonction des enjeux.

Dans les RBI, on trouve certaines constantes : interdiction des exploitations forestières, interdiction de la chasse au petit gibier. Mais le terme "intégral" ne signifie pas que toute activité est interdite : il vise avant tout les activités sylvicoles, tandis que l'accès du public reste souvent possible sous conditions. Il n'est pas rare qu'un sentier de randonnée balisé traverse une réserve biologique et permette sa découverte.

Illustration
Les célèbres faux de Verzy, sur la Montagne de Reims, sont protégés par une RBD © ONF

Les dispositions particulières aux RB s'ajoutent aux réglementations générales sur les espèces protégées, la circulation des véhicules dans les espaces naturels, l'interdiction du feu, la réglementation de la cueillette...

Partenariats

Aux niveaux national, régional et local, divers partenaires sont associés à la gestion des réserves biologiques, au sein d'instances consultatives : associations de protection de la nature, scientifiques, collectivités territoriales, usagers.

Pour les naturalistes et les scientifiques, les réserves biologiques sont un terrain d'études largement mis à disposition, moyennant contact préalable avec l'ONF.

Ressources