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Gérer les forêts : contrôler, ajuster, tirer des enseignements

Bilans annuels, à mi-parcours et en fin d’exécution rythment la vie d’un aménagement forestier. Ils permettent de tenir le cap et de préparer l’avenir.

Trois phases de contrôle

Régulièrement le forestier fait le point de l'évolution du plan de gestion avec les élus
Régulièrement le forestier fait le point de l'évolution du plan de gestion avec les élus © Philippe Lacroix / ONF

Contrôler la réalisation et l'efficacité des actions inscrites dans les aménagements forestiers revêt une double fonction : valider les options prises (ou, au contraire, les retoucher) ; et permettre au propriétaire au nom duquel agit l'ONF de disposer d'un bilan régulier sur la gestion de son patrimoine forestier.

Dans l'idéal, les critères et indicateurs de contrôle doivent être très complets et définis conjointement à l'approbation de l'aménagement forestier.

On distingue trois phases de contrôle :

- lors de la validation du document d'aménagement, il est nécessaire de vérifier la pertinence technique des options prises. Par exemple, l'existence et la bonne application des référentiels techniques de l'ONF (directives ou schémas régionaux d'aménagement, guides de sylviculture biogéographiques...)

- ensuite, le contrôle porte sur  le respect des plans d'action détaillés dans l'aménagement. Il s'agit de s'assurer que les mesures prévues sont effectivement exécutées

- enfin, à l'échéance de l'aménagement en cours et avant d'engager sa révision, il faut vérifier que les objectifs fixés ont été atteints, qu'il s'agisse des résultats de gestion ou de la structure de la forêt.

Le quotidien plutôt que l’extraordinaire

La forêt se vit au pas des saisons et des années, sa gestion aussi
La forêt se vit au pas des saisons et des années, sa gestion aussi © Pierre Cadiran

Le suivi a plus pour objectif de vérifier le quotidien que l'extraordinaire (comme la grande tempête de décembre 1999 qui impose de bouleverser la gestion ordinaire de la forêt).

Ce suivi et son historisation sont effectués chaque année dans toutes les forêts. Il permet de vérifier en particulier le suivi des coupes et des plans de régénération pour éviter le vieillissement trop important des peuplements. Une récolte différée alors que les peuplements sont arrivés à maturité peut faire perdre une partie de leur valeur commerciale aux bois récoltés et compromettre leur bon renouvellement ; des arbres trop âgés peuvent également être plus sensibles aux aléas climatiques (vent, sécheresse) et aux attaques de parasites.

À cette fin, chaque forêt dispose d'un document, le « Sommier », dans lequel est consigné le suivi des peuplements, des coupes, des travaux, de la biodiversité et du gibier. Il permet au forestier d'inscrire son action présente dans l'histoire de la forêt dont il a la charge et de tirer des enseignements pour l'avenir.

Bilans annuels et à mi-parcours

Chaque année, le maire d'une commune forestière reçoit un bilan qui retrace la vie de la forêt au cours des douze mois écoulés. Il lui permet de s'assurer que l'aménagement forestier auquel le conseil municipal a donné son accord, est mis en œuvre conformément aux objectifs visés, aussi bien en matière économique, sociale qu'environnementale.

À ces rapports annuels s'ajoute un bilan à mi-parcours. Quand on fait le point de ce qui a été fait au bout de sept à huit ans, on constate souvent un décalage avec ce qui avait été prévu. Le plus souvent il ne s'agit que de petits écarts, mais parfois les écarts peuvent être plus significatifs, en liaison avec des facteurs qui ont influencé le déroulement des opérations (absence de fructification, sécheresses répétées, déséquilibre forêt gibier accentué...).

Le bilan périodique sert alors de système d'alerte. Il est progressivement étendu à toutes les forêts publiques qui relèvent du régime forestier, et permet de procéder aux ajustements nécessaires au fur et à mesure des circonstances. Selon le contexte, il peut être réalisé sur une partie seulement de la forêt.

Du bilan d’étape à l’analyse finale

L'évolution actuelle de la révision à mi-parcours des aménagements est d'aller au-delà du recadrage rendu nécessaire par les écarts évoqués ci-dessus. La révision est aussi devenue un point de passage nécessaire pour tenir compte de nouvelles orientations stratégiques. On peut citer à ce titre l'une des conclusions du Grenelle de l'environnement relatif aux forêts : produire plus de bois tout en préservant mieux la biodiversité. Ou bien, l'adoption et la mise en œuvre d'un programme comme Natura 2000 avec l'obligation de protéger certains habitats forestiers (30% des forêts domaniales sont concernées).

Ces ajustements successifs, dus à la pratique du forestier ou bien à l'application de nouvelles orientations stratégiques, nationales et internationales, favorisent la continuité d'un aménagement à l'autre. Ils rapprochent le bilan qui sera dressé en fin d'aménagement, des options qui seront prises pour le suivant.

Logiquement, le document type de l'aménagement porte sur l'analyse critique de la gestion écoulée. Cet examen permet de dresser un constat : les options ont-elles été tenues, étaient-elles les bonnes ? C'est à partir de cette analyse rigoureuse que sont jetées les bases du nouvel aménagement forestier.

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