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Un "cœur de nature" dans la plaine de la Scarpe

Ancienne propriété de l'abbaye de Marchiennes, la forêt domaniale de Marchiennes fut intégrée aux biens nationaux pendant la Révolution. Presque totalement rasée lors de la Grande Guerre, elle a été reconstituée dans les années 20. Aujourd’hui, sa vocation d’accueil du public se conjugue avec la production de bois et la protection de la biodiversité.

> La forêt dans son territoire

Illustration
© Christine Drobny / ONF

La forêt s’étend dans la plaine alluviale de la Scarpe. L’absence de relief et la nature du sol (sables et argiles) sont à l’origine des nombreuses mares qui ponctuent le sous-bois. C’est d’ailleurs la pauvreté et le caractère marécageux des terres qui ont sauvé ce massif des grands défrichements du Moyen Age.

Elle doit son aspect actuel à la colonisation par le Chêne pédonculé après les destructions de la Première Guerre mondiale, et à la plantation de pins sylvestres dans les années 1920 au titre des dommages de guerre.

Elle constitue aujourd’hui un paysage boisé remarquable au cœur du Parc naturel régional de Scarpe-Escaut, lié par une charte transfrontalière au Parc naturel des Plaines de l’Escaut, en Belgique.

Outre son rôle essentiel dans la gestion des eaux du bassin de la Scarpe, ce milieu abrite plusieurs espèces animales protégées au niveau européen. Par exemple le Triton crêté qui trouve refuge dans les zones humides, et le Pic noir qui affectionne les vieux arbres. La forêt est couverte par plusieurs dispositifs de protection de l’environnement, dont le réseau Natura 2000.

> Les forestiers en action

L’objectif des forestiers est d’avoir une forêt mieux équilibrée. Les trois quarts des peuplements actuels sont en effet de la même classe d’âge - de 80 à 100 ans -, conséquence de la Grande Guerre. Plus de 200 ha de forêt seront ainsi ouverts à la régénération à l’horizon 2030. Cette évolution permettra de remplacer le Chêne pédonculé, aujourd’hui prédominant, par le Chêne sessile qui devient "l’essence objectif" car mieux adapté à l’acidité des sols et au réchauffement climatique.

La production de bois repose sur une gestion sylvicole en futaie régulière qui intègre les enjeux liés au paysage et à la biodiversité : traitement paysager des fronts de coupe et des lisières, maintien d’arbres morts, protection de l’habitat du Triton crêté, préservation des sols…

La fréquentation par le public fait l’objet d’une attention particulière. Elle implique la mise en place d’une politique d’accueil à l’échelle du massif avec l’ensemble des acteurs concernés.

> Les forestiers vous recommandent

35 km de cheminements sillonnent la forêt et offrent autant de possibilités de découverte et de promenade à pied, à cheval ou en VTT. De nombreuses aires de pique-nique vous attendent.

Plusieurs itinéraires pédestres sont aménagés en boucle. Le circuit de l’Abbaye vous conduit jusqu’à Marchiennes, au sud de la forêt, avec son riche passé monastique (vestiges de l’abbaye).

Le circuit de Croix-ou-Pile privilégie la découverte des amphibiens et autres habitants des mares et des milieux humides.

La forêt est aussi traversée par le GR 121 et par la voie verte de la Plaine de la Scarpe. Celle-ci emprunte, sur 11 km entre Orchies et Fenain, le trajet d’anciens chemins de fer désaffectés. Accessible à tous, c’est l’itinéraire idéal des balades familiales.

  • Situation : département du Nord sur les communes de Marchiennes, Beuvry-la-Forêt, Tilloy-lez-Marchiennes
  • Altitude : de 17 à 22 m
  • Surface : 800 ha
  • Principales essences : Chêne pédonculé (71%), Pin sylvestre (9%), Frêne (7%), autres feuillus (13%)
  • Aménagement forestier : de 2011 à 2030.
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