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Les feuillus

Hum, de bons marrons grillés… Sauf que mon nom est châtaignier et que mes fruits dont vous vous délectez en hiver sont en fait des châtaignes ! Cette petite précision effectuée, je peux vous raconter qui je suis.

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De nom latin Castanea sativa, je suis membre de la famille des Fagacées, comme le Hêtre et le Chêne.

Castanea viendrait du grec kastanon, faisant référence à une ville du même nom en Thessalie, renommée dans l'Antiquité pour la qualité des châtaignes qu'on y récoltait. Sativa signifie cultivé.

Originaire d'Europe méridionale et orientale, je couvre globalement environ 1,5% de la forêt française.

Répandu par l'homme

Mes grandes feuilles dentelées se présentent souvent par paquets
© Maurice Dedieu / ONF Mes grandes feuilles dentelées se présentent souvent par paquets

Essence de lumière ou demi-ombre, je peux me contenter de sols pauvres, acides ou sableux.

Cependant, je crains les grands froids et les sols calcaires. La Bretagne et le Massif Central correspondent à mes attentes et j'y suis très présent. Je m'associe au Pin sylvestre et au Chêne sessile, mais j'apprécie surtout de me retrouver avec mes semblables.

Je suis un bon moyen de protection contre les incendies.

Je prospère en moyenne montagne (800 m), parfois jusqu'à 1000 m d'altitude. C'est l'homme qui m'a étalé sur le territoire français à partir du littoral méditerranéen.

Je suis aussi fréquemment planté dans les parcs publics ou utilisé pour former des haies à recépage facile.

Une exceptionnelle longévité !

Un de mes records est ma longévité ! J'atteins les 500 à 1.000 ans et il existe même en Sicile, sur une pente de l'Etna, un châtaignier colossal de 62 mètres de circonférence, âgé d'environ 3.000 ans.

Mon tour de tronc voisine facilement avec les 10 m et je monte jusqu'à 35 m de haut : impressionnant, non ?

Quant à mes rameaux, ils poussent de manière tortueuse, participant ainsi à l'impression de puissance que je dégage.

Mon écorce brune est d'abord lisse, puis se crevasse en spirale, au fil des ans.

Comme la plupart des feuillus, je suis un Dicotylédone : à l'état embryon, dans la graine, je possède deux cotylédons, des lobes foliacés qui me servent de réserves.

Mes grandes feuilles (jusqu'à 20 cm) sont disposées de façon alternée sur mes branches, pétiolées, coriaces et bordées de grosses dents pointues.

De vert luisant, elles passent à l'automne par un beau jaune éphémère avant de virer au marron. Marcescentes, elles se dessèchent sur mes branches avant de tomber en hiver.

Vous connaissez bien mes bogues épineuses

Piquantes comme des oursins, mes bogues enveloppent une à deux châtaignes
© Maurice Dedieu / ONF Piquantes comme des oursins, mes bogues enveloppent une à deux châtaignes

Dès mes 20 ans, je fleuris.

Mes fleurs apparaissent en juin-juillet. Comme mes chatons mâles et femelles ne sont pas mûrs en même temps, il ne peut y avoir d'auto-fécondation. Ce sont le vent et les insectes qui s'en chargent en transportant le pollen.

En octobre, mes bogues épineuses abritent chacune trois châtaignes.

D'un diamètre de 6 cm, elles sont recouvertes d'épines et s'ouvrent en 4 parties. C'est entre 40 et 60 ans que j'en produis le plus !

Lorsque les châtaignes tombent au sol, vers octobre-novembre, elles sont disséminées par des animaux (rongeurs, geais) : ils les enterrent pour se faire un garde-manger pour l'hiver. Mais, oubliant parfois où ils ont caché leurs réserves, ils offrent une chance aux graines de germer, une fois le printemps arrivé.

De la farine à la charpente, en passant par les castagnettes

De croissance rapide, je repousse facilement après la coupe et produis des tiges régulières et faciles d'emploi.

Mon bois brun clair servait autrefois à la tonnellerie et en bois de mine. Actuellement, je suis utilisé, en menuiserie, petite charpente, piquets et également pour la couverture de bâtiments sous la forme de lauzes de châtaigniers.

Parfois atteint par le défaut de roulure (les cernes se décollent), je ne puis alors être utilisé pour des poutres de grande section. Pourtant mes poutres chassent les araignées !

J'ai fait l'objet de nombreuses autres utilisations : riche en tanins (5 à 8%), j'ai été très largement exploité pour cette raison, surtout dans la région lyonnaise au XIXe siècle ; les castagnettes sont faites de mon bois ; mes feuilles servent parfois à parfumer et emballer le fromage de chèvre ; autrefois utilisées comme farine, mes châtaignes sont désormais surtout appréciées en confiserie pour les « marrons » glacés.

Quant au miel tiré de mes fleurs, il est foncé et de goût prononcé.

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