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Les feuillus

Je suis du genre Quercus, qui viendrait du celte « kaerquez », « bel arbre », et me décline en plusieurs espèces : chêne pédonculé et chêne sessile ou rouvre en France ; mais aussi chêne vert, chêne liège, chêne chevelu, chêne blanc.

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Qui mieux que moi symbolise la force et la majesté ?

De 40 m de hauteur, de tronc droit et puissant – jusqu’à 2 m de diamètre, voyez-un peu la chose – une longévité qui se compte en centaines d’années, des racines profondes et des branches massives et tortueuses, mon nom est Chêne !

Je suis tellement impressionnant que mon nom grec, dru, signifie "arbre", rien que ça !

Tout comme le Châtaignier et le Hêtre, j'appartiens à la famille des Fagacées, du grec phago, "manger", en référence à mes glands comestibles.

J'aime la lumière

Je suis une essence de lumière avant tout
© Alain Blumet / ONF Je suis une essence de lumière avant tout

En France, je recouvre 40% des forêts.

C'est sous ma forme "Chêne pédonculé" que je suis le plus connu, le plus typique des forêts françaises, même si je suis absent des Alpes du Sud et du pourtour méditerranéen. J'aime les climats très lumineux et ne supporte pas le couvert !

Je m'installe ainsi en lisère ou en haie, sur des sols compacts, profonds, frais et humides. Au dessus de 500 m, je ne pousse plus.

Associés au Hêtre, nous formons des chênaies-hêtraies.

Zoom : la forêt de Tronçais

En 1669, pour répondre aux besoins du pays en bois de marine, Colbert entreprit un vaste programme de plantation de chêne rouvre : il en reste de belles forêts comme celle de Tronçais.

Un feuillage ajouré

Mon feuillage, assez léger, permet à la lumière de filtrer. Les semis en profitent
© Jean-Pierre Chasseau / ONF Mon feuillage, assez léger, permet à la lumière de filtrer. Les semis en profitent

Mes feuilles simples, alternes, mesurent de 7 à 13 cm de long et présentent un découpage en cinq à sept lobes si caractéristiques : arrondis asymétriques, séparés par des sinus relativement profonds.

Elles arborent une couleur vert foncé sur le dessus et une coloration plus pâle en dessous. La base de leur limbe est étroite et comporte deux petits lobes en oreillettes.

Mon feuillage ajouré permet le passage de la lumière, favorisant le développement des semis et d'un sous-bois arbustif.

En hiver, mes feuilles se dessèchent avant de tomber (feuilles marcescentes comme les membres des Fagacées en général), contrairement à celles du Chêne liège et du Chêne vert.

Sur un pied d'égalité

Je porte aussi des fleurs, voici mes fleurs mâles
© Thierry Triballier / ONF Je porte aussi des fleurs, voici mes fleurs mâles

Côté reproduction, je suis monoïque : je porte mes fleurs mâles et femelles sur un même pied.

Mes chatons mâles, longs et jaunâtres, pendants, croissent de fin avril à mai, à l'extrémité de ma pousse annuelle. Tandis que mes chatons femelles, minuscules, sont placés dans une cupule à l'extrémité d'un long pédoncule.

Ils apparaissent sur mes pousses annuelles, peu de temps après la feuillaison.

Selon les chênes, les formes des glands varient. Ici, des glands de Chêne pubescent
© Alain Blumet / ONF Selon les chênes, les formes des glands varient. Ici, des glands de Chêne pubescent

Les fruits qui résultent de la fécondation sont des glands ovoïdes allongés, de 1,5 à 3 cm de long, groupés sur un long pédoncule (d'où mon nom).

Une cupule écailleuse les couvre sur un tiers. La fructification a lieu en septembre et octobre.

Comme la plupart des feuillus, je suis un Dicotylédone : à l'état embryon, dans la graine, je possède deux cotylédons, des lobes foliacés qui me servent de réserves.

Mon écorce

Mon écorce est très crevassée. Ici, une écorce de Chêne sessile
© André Alain / ONF Mon écorce est très crevassée. Ici, une écorce de Chêne sessile

Mon écorce grise, lisse dans les premières années, se creuse de sillons longitudinaux roses et ocres de plus en plus profonds à partir de 20 ou 30 ans.

Un bois dur et durable

Mon bois est souple quand il est frais, dur en vieillissant, empêchant ainsi les vers de s'y loger.

Il est d'ailleurs le plus dur et le plus durable des bois européens. Il est donc utilisé pour la charpente, les traverses de chemin de fer et bien sûr pour l'ébénisterie et la sculpture. Mon bois est aussi très dense et très lourd, avec une densité supérieure à 1 tonne par m3.

Mis en œuvre sous l'eau, ma durabilité est presque illimitée. Idéal pour des pilotis !

Comme il résiste bien à l'eau, le bois de mes branches courbes était très utilisé pour la construction navale. Mon bois sert aussi à faire des tonneaux, une utilisation due à la qualité de mes bois de merrains et à la présence de tanin. Pour la même raison, mon écorce est utilisée pour tanner le cuir.

Côté alimentation, mes glands riches en amidon servaient à engraisser les porcs. Tandis que torréfié, ils peuvent être un substitut de café.

Quelle différence entre les chênes ?

  1. Chêne sessile
  • feuilles caduques
  • pétiole assez long et régulier
  • écorce jeune lisse brun vert
  • gland sans pédoncule.

 

  1. Chêne liège
  • feuilles persistantes
  • hauteur : 20 m
  • feuilles dentées et coriaces, verts sombre et luisant sur le dessus, grise, pubescente et blanchâtre dessous
  • gland sans pédoncule, surmonté de petits poils
  • l’écorce épaisse et craquelée fait aussi la différence.

  1. Chêne vert
  • feuilles persistantes, dentées et épineuses, rappelant celles du Houx
  • face supérieure vert foncé luisant, face inférieure blanchâtre et grise tomenteuse
  • écorce jeune, crevassée, lisse et grisâtre
  • gland sans pédoncule surmonté d’une longue pointe glabre.

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