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A découvrir #UnPrintempsEnForêt - Épisode 3 : Protéger les jeunes pousses du gibier

Dans certains massifs, les populations de gibier mettent en péril la régénération forestière. Au printemps, des clôtures sont installées par les forestiers de l’ONF afin de protéger les jeunes arbres de la dent des animaux. Éclairage dans un nouvel épisode d’#UnPrintempsEnforêt !

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© Van Meer / ONF

Lors de vos récentes balades, peut-être avez-vous déjà remarqué des protections autour de certains arbres et jeunes plants ? « C'est le seul moyen d'assurer la croissance des jeunes tiges face aux dents du gibier. Nous savons que les plants que nous installons en forêt, après un à deux ans passés en pépinière, sont bien fertilisés et seraient rapidement consommés par les cervidés », explique Vincent Boulanger, responsable du pôle R&D de Fontainebleau à l'ONF.

Différents types de protection en forêt

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Enclos en forêt domaniale de Fontainebleau, Houx remarquablement abondant à l’intérieur © Vincent Boulanger / ONF

Le printemps est la saison privilégiée pour l'installation de clôtures anti-gibier. « On est au début de la saison de végétation. C'est à cette période que nous recommandons aux forestiers de mettre en place des mesures de protection», poursuit Vincent Boulanger. Si la présence des cervidés est une richesse considérable en matière de biodiversité, cette dernière ne doit pas se faire au détriment de la croissance et de la vitalité des jeunes arbres. « En situation d'abondance, les populations de gibier détruisent les plants d'avenir, ce qui a des conséquences directes sur la sylviculture et la biodiversité », explique Renaud Klein, expert national chasse à l'ONF. Une situation prise très au sérieux par les forestiers : dans près d'un tiers des surfaces des forêts domaniales, notamment dans le secteur nord-est, le déséquilibre forêt-gibier menace la pérennité des forêts.
 

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Enclos en forêt domaniale de Fontainebleau, croissance des Chênes remarquable à l’intérieur © Vincent Boulanger / ONF
Dans chaque forêt, les forestiers sont chargés d'évaluer la pression du gibier sur la végétation forestière puis de formuler une demande de clôture aux ouvriers des unités de production ONF.
Des protections dites « individuelles » autour de jeunes plants dans le cas des régénérations artificielles par plantation, ou « générales », englobant toute une parcelle dans les cas des régénérations par ensemencement naturel, peuvent alors être installées et régulièrement entretenues par les équipes de l'ONF. Ce n'est qu'une fois le bourgeon situé hors de portée de la dent du gibier que les clôtures pourront être retirées.

Des « enclos-exclos » pour évaluer les effets du gibier

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Parcelle de chênaie en FD Fontainebleau, couple enclos-exclos implanté après 1e coupe secondaire sur semis acquis. © Vincent Boulanger / ONF
Pour mieux appréhender l'ampleur du phénomène de déséquilibre faune-flore, les forestiers installent également des dispositifs en forêt, appelés « enclos-exclos ». Dans ces surfaces grillagées de 40m² environ, il s'agit d'exclure les populations de gibier d'une zone donnée. Les forestiers comparent ensuite l'état du milieu sans ongulés (l'enclos) à celui du milieu environnant où ils circulent librement (l'exclos). « Grâce à ce dispositif, nous pouvons mieux évaluer les conséquences des populations de gibier en forêt et renforcer nos mesures de protection», conclut Vincent Boulanger.

DESEQUILIBRE FORET-GIBIER

La recherche s'empare du sujet

En 2017, une étudiante en 3e année de thèse au CNRS Montpellier s'est penchée sur plusieurs situations d'échecs de régénération forestière. Co-encadré par des chercheurs de l'ONF et de l'ONCFS, sa thèse met en lumière l'existence d'un phénomène d'inversion des essences en forêt causé par le gibier. Une situation suivie de près par les chercheurs puisque certaines de ces essences menacées par le gibier sont identifiées comme mieux adaptées face au changement climatique.


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