Plan de relance : l’Etat s’engage pour préserver les forêts de demain

C’est officiel : le volet forestier du plan de relance a été lancé. Mardi 22 décembre 2020, les acteurs de la filière forêt-bois et l’État ont scellé, par la signature d'une charte, leur engagement pour lutter contre le dépérissement forestier et la préservation de ces écosystèmes menacés par le changement climatique.

Mardi 22 décembre, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, et les acteurs de la filière forêt-bois se sont réunis par visioconférence. L'ordre du jour : le lancement officiel du volet forestier du plan de relance. Les deux parties ont donc concrétisé les actions à mettre en place. D'un côté, la remise d'une feuille de route pour l'adaptation des forêts au changement climatique, que le ministre a reçu en présence de la députée Anne-Laure Cattelot (autrice du rapport "La forêt et la filière bois à la croisée des chemins : l’arbre des possibles"). De l'autre, la signature d'une charte d'engagement pour sceller cette dynamique.

La consécration de cet engagement entre l'Etat et la filière forêt-bois a été suivie par une visite de Julien Denormandie en forêt domaniale de Lyons (Eure), accompagné d'Anne-Laure Cattelot. Tous deux ont été accueillis par Bertrand Munch, directeur général de l'Office National des Forêts (ONF), et Jean-Yves Caullet, président du conseil d'administration de l'ONF. Le ministre a pu saluer le professionnalisme et l'engagement des équipes de l'office au service de l’avenir des forêts publiques françaises. Il a également insisté sur la nécessité d'accroître la résilience des forêts, un enjeu qui passe notamment par la recherche d’une plus grande diversité des essences et qui rejoint la stratégie de constitution d’une "forêt mosaïque" développée sur le terrain par les forestiers.

Julien Denormandie en compagnie des forestiers à Lyons-la-Forêt. - ©ONF

La forêt est au cœur des enjeux du changement climatique et de la transition écologique : investir aujourd’hui dans la forêt française, c’est agir pour le climat et pour le développement d’une économie verte et source d’emplois.

Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

Le volet forestier du plan de relance sera doté de 200 millions d'euros pour les deux prochaines années. Afin d’en assurer la réussite, plusieurs dispositifs d'aide ont été envisagés pour chaque maillon de la chaîne. L’ambition générale :  adapter les forêts au changement climatique et initier leur renouvellement pour protéger la biodiversité et répondre aux besoins de la société en produits de bois.

Toutes les actions prévues sont axées autour de 4 objectifs principaux :

  • Accompagner la forêt vers plus de résilience et d’adaptation face au défi du changement climatique.
  • Promouvoir le bois en tant que ressource renouvelable et écologique, en particulier pour le stockage du carbone dans la construction.
  • Réconcilier et créer un lien indéfectible entre l’amont et l’aval au service d’une production de bois souveraine, compétitive et durable.
  • Reconnaître et valoriser la multifonctionnalité de la forêt, dans toutes ses dimensions (économiques, écologiques et sociétales).

Décomposition du budget alloué au volet forestier

Un effort inédit de 150M € en faveur du reboisement forestier

Le plan de relance dédie 150 millions d’euros pour engager le renouvellement forestier dans le contexte du changement climatique, en incitant les propriétaires forestiers à investir pour adapter leurs forêts ou pour améliorer leur contribution à l'atténuation du changement climatique. Ainsi, c’est plus de 45 000 hectares de forêts qui devraient pouvoir être adaptés, régénérés ou reconstitués, soit environ 50 millions d'arbres.

Destinée aux propriétaires forestiers, publics et privés, cette enveloppe financière doit permettre de :

  • Renouveler les peuplements forestiers sinistrés par les effets du changement climatique (notamment les forêts du quart Nord-Est de la France durement touchées par la crise des scolytes) ;
  • Adapter les peuplements montrant des signes de vulnérabilité ;
  • Renforcer l’effet d’atténuation du puits de carbone forestier en améliorant les peuplements forestiers pour permettre la production de bois d’œuvre et le stockage de carbone dans les matériaux bois.

Modalités des aides indiquées par l’Etat :

1) Des taux d'intervention incitatifs

  • 80% pour la reconstitution des forêts dépérissantes, notamment dans le cadre de la crise des scolytes dans les régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes ;
  • 60% pour le renouvellement de forêts déjà identifiées comme vulnérables au changement climatique, et pour la conversion/transformation de peuplements forestiers pauvres afin d’améliorer leur contribution à l'atténuation au changement climatique.

2) La diversification des essences pour favoriser la résilience des forêt au changement climatique, en fixant comme condition d'accès à l'aide un taux minimum de diversification de 20 % à partir de 10 hectares.

Renforcer les capacités de la filière graines et plants

Renouveler les forêts françaises et favoriser leur adaptation au changement climatique passe nécessairement par un approvisionnement suffisant et de qualité en graines et plants. C’est pourquoi un appel à projet à hauteur de 4,5 millions d’euros a été lancé afin de permettre aux pépiniéristes et entreprises de reboisement de moderniser et d’augmenter leur capacité de production.

L’Etat a également annoncé un soutien de 1 million d’euros à l’ONF pour lui permettre de renouveler et de réinvestir dans les vergers à graines de l’Etat qui fournissent aujourd’hui 80% des semences pour la production des plants forestiers.

Un dispositif pour toutes les forêts françaises

Le volet forestier de ce plan de relance concerne toutes les forêts françaises. Pour l’année 2021, l’Etat a prévu d’allouer 30 millions d’euros aux forêts domaniales. Concernant les forêts communales (gérées par l’ONF) et les forêts privées, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé le 3 décembre à destination des opérateurs économiques de l'amont forestier de la filière forêt-bois, avec des propositions attendues pour le 7 janvier 2021.

Trois objectifs principaux :

  • identifier /démarcher/conseiller et susciter l’adhésion des propriétaires forestiers potentiellement concernés par ce volet "Renouvellement forestier" du plan de relance ;
  • regrouper les dossiers de ces propriétaires et repré­senter ces derniers auprès des services de l’État en charge de leur instruction ;
  • sécuriser la mise en œuvre de ces opérations sylvicoles dans des conditions garantissant la qualité des prestations fournies et le respect des délais prescrits.
Ramassage de glands de chênes pour la sécherie de la Joux (Jura). - ©Felix Vigne / Imagéo

Les autres grands axes du plan de relance

  • Renforcer les connaissances pour l’adaptation des forêts et de la filière forêt-bois au changement climatique ;
  • Promouvoir le bois en tant que ressource renouvelable et écologique ;
  • Créer un lien indéfectible entre l’amont et l’aval au service d’une production de bois souveraine, compétitive et durable ;
  • Valoriser la multifonctionnalité de la forêt, dans toutes ses dimensions avec le renforcement de l’opération "La Forêt s'invite à l'école"…

Retrouvez toutes les mesures du plan de relance dans le dossier de presse du ministère de l’Agriculture.

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