La protection des captages d’eau, une expertise de l’ONF au service des collectivités

Protéger la qualité de l'eau, installer et entretenir les périmètres de protection des captages gérés par les collectivités territoriales... A travers deux chantiers, en Savoie et en Isère, l’Office national des forêts apporte des éclaircissements sur son expertise dans le domaine.

La qualité de l’eau constitue un enjeu majeur en France : il est nécessaire de la préserver contre les risques de pollution, en particulier quand elle est destinée à la consommation humaine. En ce sens, la forêt joue un rôle protecteur sur sa qualité. Elle assure la préservation du sol et sa capacité de filtration de l’eau ; les éléments minéraux se recyclent par l’activité biologique constante qui s’y produit. La couverture forestière a également un rôle d’intermédiaire en restituant progressivement l’eau lors des fortes pluies, ce qui réduit les phénomènes d’érosion.

Lorsque des travaux forestiers sont mis en œuvre, l’Office national des forêts (ONF) prend les précautions nécessaires pour ne pas endommager les sols et préserver la qualité des eaux souterraines. En périmètre de captage d’eau potable, une réglementation stricte s’applique afin de protéger la ressource vis-à-vis des pollutions.

Pour protéger ces sites sensibles et respecter la déclaration d’utilité publique (DUP) instaurant des périmètres de protection des ouvrages, les collectivités peuvent faire appel à l’ONF. Ses compétences s’étendent de l’élaboration de plans de gestion de forêts situées dans des zones de captage, jusqu’à l’installation et l’entretien des périmètres de protection des ouvrages. Elles ont été mises en œuvre sur deux chantiers d’envergure : dans la vallée des Belleville en Savoie et dans la métropole de Grenoble en Isère. Découvrez-les ici !

Les captages des Belleville en Savoie

C'est un chantier d'envergure ! Fort d’une longue expérience du terrain, l’ONF s’est vu confier suite à un marché public la création des périmètres de protection de 30 captages pour le compte de la commune des Belleville en Savoie sur les secteurs de Saint Martin, les Ménuires et Val Thorens, pour un périmètre de près de 10 kilomètres cumulés.

Périmètre d'un captage. - ©ONF

Pour la création de ces périmètres de protection autour des captages d’eau, c’est la commune qui était maître d’ouvrage des travaux de création et mise en conformité des captages. Les périmètres ont été préalablement repérés, implantés et géolocalisés au GPS par le technicien forestier, interlocuteur unique de la commune tout au long du chantier.

L’ONF est intervenu avec une équipe locale de 10 ouvriers pendant près de 2.700 heures de travail. Les sites les plus éloignés en montagne ont fait l’objet d’un appui hélicoptère pour réaliser le chantier dans de bonnes conditions. Une fois l’installation des clôtures terminée, un entretien périodique sur le périmètre permet de préserver la qualité de l’eau.

Les énormes quantités de fournitures nécessaires au chantier ont fait l’objet de plusieurs séries de livraison et étapes de stockage avant d’être transportées sur chaque captage, en 4*4 ou en hélicoptère. La gestion des fournitures a représenté une belle opération logistique sur ce chantier d’ampleur !

Martial Holvoet, technicien forestier territorial en Savoie.

A Grenoble, l’entretien des captages

C'est un incontournable. Lors d’un marché public de la métropole de Grenoble en avril 2019, l’ONF a remporté l’entretien des abords d’environ 80 captages avec deux passages annuels sur une période de quatre ans. Pour la réalisation du chantier, une équipe de deux ouvriers en moyenne intervient par site. L’entretien des abords d’un captage dure au minimum quinze minutes sur les petits sites mais cela peut monter à plusieurs jours pour certains périmètres de captage.

La multiplicité des types d’interventions (entretien des accès, clôture, entretien intérieur, extérieur, bûcheronnage, etc.) demande une bonne organisation entre tous les acteurs. En fonction du personnel formé et des spécificités des chantiers de Grenoble telles que la haute sensibilité des sites, les risques de pollution de l’eau et le respect de l’environnement, des règles sanitaires et de sécurité s’appliquent pour une mise en application du plan Vigipirate sur les captages et réservoirs.

Au démarrage de la prestation, un des problème rencontré était la difficulté de localisation des sites par la collectivité, et la méconnaissance de l’état de leur patrimoine. La compétence de l’ONF est alors très appréciée car nous disposons de personnels répartis sur tout le territoire, formés et outillés au relevé de surface et GPS. Nous savons géolocaliser les sites et faire remonter les besoins en travaux d’entretiens à réaliser.

Albane du Boisgueheneuc, responsable commerciale ONF Isère

La création et l’entretien des périmètres de captages, des chantiers très encadrés

Le service de l’Etat en charge de l’application de la réglementation sur l’eau potable (et donc sur la protection des captages) est l’Agence régionale de santé (ARS). Les servitudes réglementant les activités dans les trois périmètres de protection, ainsi que les travaux prescrits pour protéger l’eau captée, sont spécifiques à chaque captage et déterminées grâce à l’expertise d’un hydrogéologue agréé. De plus, la réglementation est adaptée en fonction de la situation : nature des ouvrages, nature des nappes d’eau et du sous-sol, occupation du sol, activités présentes, volume d’eau prélevée et population desservie, etc.

En 2019, en Auvergne-Rhône-Alpes, sur les 8.227 captages alimentant les réseaux publics d’eau potable, 77% disposent d’une protection (arrêté préfectoral de DUP avec périmètres de protection). Cela correspond à 88% des volumes d’eau produits. (source : site ARS Aura).

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