La présidence française du Conseil de l'Union européenne compense ses émissions carbone avec l'ONF

Compenser une partie de ses émissions de gaz à effet de serre induites par ses activités. Voilà l'objectif de la présidence française de l’Union Européenne. Cette dernière a sollicité les experts de l’Office national des forêts (ONF) dans un projet ambitieux : dix plantations en forêt domaniale.

Dix projets de reconstitution de forêts en dépérissement ont été identifiés aux quatre coins de l’Hexagone pour une surface totale de 170 hectares. Cette surface représentant l’équivalent d’environ 170 terrains de football pourra à terme séquestrer 27 764 tonnes de CO2.

Les peuplements forestiers sélectionnés ont subi des crises sanitaires (attaque de scolyte, un insecte ravageant les épicéas ou la propagation de la chalarose, un champignon qui affaiblit les frênes), des incendies ou des dépérissements liés aux sécheresses. Le choix des essences à replanter est primordial et repose sur la résilience des peuplements face au changement climatique.

Au-delà de la séquestration du carbone, ces reconstitutions rempliront plusieurs objectifs : 

  • amélioration de la qualité de l’air,
  • préservation de la biodiversité,
  • préservation du patrimoine naturel et forestier de demain…

A ce jour, la préparation des sols a commencé afin que les plantations puissent se dérouler durant l’automne/hiver 2022-2023.

Présentation des 10 projets

Projet de la forêt domaniale de la Haye d’Aubenton dans l’Aisne

En 2018 et 2019, 22 hectares de cette forêt ont subi des dépérissements intenses en raison d’attaques de scolytes sur les peuplements d’épicéa. Cette surface va être reboisée à raison de 1 470 plants par hectare pour à terme séquestrer 4 459 tonnes de carbone. Les essences envisagées pour les plantations sont le douglas, le chêne de Hongrie ou encore le sapin de Bornmuller.

Projet de la forêt domaniale de Samoussy dans l’Oise

En 2018 et 2019, les peuplements d’épicéa de cette forêt ont subi d’importants dépérissements dus aux scolytes. 23 hectares vont être reboisés à raison de 1 405 plants par hectare pour à terme séquestrer 3 946 tonnes de CO2. Les essences envisagées pour les plantations sont le chêne sessile, le chêne pubescent ou encore le pin laricio de Corse.

Projet de la forêt domaniale de Lagnereau en Gironde

À la suite d’un incendie, 38,8 hectares de cette forêt vont être reboisés à 89% en pin maritime et 11% en chêne liège et en pin parasol. A terme, ce reboisement permettra de séquestrer 7 952 tonnes de CO2.

Projet de la forêt domaniale de Corgebin en Haute-Marne

En 2018, les peuplements d’épicéa de cette forêt ont subi d’importants dépérissements dus aux scolytes. Les sécheresses et canicules des années suivantes ont amplifié et généralisé le dépérissement sur 24 hectares de la forêt sur plusieurs parcelles. Le reboisement, à raison de 1 400 plants par hectare, permettra, à terme, de séquestrer 3 282 tonnes de CO2. Les essences envisagées sont le cèdre de l’Atlas, le pin de Salzmann ou encore l’érable champêtre.

Projet pour la forêt domaniale de Bouzonville en Moselle

Les peuplements d’épicéa de cette forêt ont subi plusieurs attaques successives de scolytes causant d’importants dépérissements. Les sécheresses et canicules des années suivantes ont amplifié et généralisé le dépérissement sur 13 hectares. Le reboisement, à raison de 1 600 plants par hectare, permettra, à terme, de séquestrer 2 288 tonnes de CO2. Les essences envisagées pour les plantations sont le chêne sessile, le pin sylvestre ou encore l’alisier torminal.

Projet pour la forêt domaniale de Moyeuvre en Moselle

Depuis 2018, les peuplements d’épicéa de cette forêt ont subi plusieurs attaques successives de scolytes causant d’importants dépérissements. Les sécheresses et canicules des années suivantes ont amplifié et généralisé le dépérissement sur 13 hectares. Le reboisement, à raison de 1 600 plants par hectare, permettra, à terme, de séquestrer 2 030 tonnes de CO2. Les essences envisagées pour les plantations sont le chêne pubescent, le cèdre de l’Atlas.

Projet de la forêt domaniale de Donon dans le Bas-Rhin

De 2018 à 2020, sept parcelles de cette forêt ont subi d’importants dépérissements dus aux scolytes. 5 hectares vont être reboisés à raison de 1 400 plants par hectare pour, à terme, séquestrer 1 093 tonnes de CO2. Les essences envisagées pour les plantations sont le cèdre de l’Atlas, le douglas et du châtaignier en mélange pour accroître la résilience du peuplement.

Projet de la forêt domaniale de Mouterhouse en Moselle

En 2018 et 2019, 4 hectares d’un peuplement d’épicéa ont subi d’importants dépérissements dus aux scolytes. Cette surface va être reboisée à raison de 1 600 plants par hectare pour, à terme, séquestrer 381 tonnes de CO2. Les essences envisagées pour les plantations sont le chêne pubescent et le cormier en mélange avec du châtaignier pour accroître la résilience du peuplement.

Projet de la forêt domaniale de "François Bryas" dans les Ardennes

Depuis 2018, les peuplements d’épicéa de cette forêt ont subi plusieurs attaques successives de scolytes causant d’importants dépérissements. Le reboisement sur 7 hectares, à raison de 1 300 plants par hectare, permettra, à terme, de séquestrer 753 tonnes de CO2. Les essences envisagées pour les plantations sont le chêne sessile, le mélèze et le châtaignier.

Projet de la forêt domaniale de la Montagne Noire

En 2019, un incendie s’est déclenché durant plusieurs jours et a principalement touché des jeunes peuplements. Ce sont 17,56 hectares de jeunes arbres plein d’avenir qui ont été entièrement brulés. Connue et appréciée de la population locale, cette forêt multifonctionnelle a vocation à accueillir les promeneurs, stocker du carbone et alimenter la filière bois très dynamique sur le secteur. Le choix des essences repose sur l’adaptation des peuplements face au changement climatique, qui sont adaptés au site de plantation. Basé sur l’étude post-incendie, différentes espèces vont être plantées en mosaïque :

  • 7 360 cèdres,
  • 2 720 chênes sessiles,
  • 2 720 chênes rouges,
  • 8 336 douglas,
  • 2 640 pins maritimes
  • 2 080 sapins de Bornmüller,
  • 1 440 sapins de Céphalonie,
  • 800 chênes de Hongrie.

Les travaux de plantation sont prévus pour être réalisés à partir de l’automne 2022.

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