Aigoual, Forêt d'Exception® : les actions en cours
Les axes stratégiques du contrat de projet
Le collectif porteur de la Forêt d’Exception® de l’Aigoual a une ambition : tisser des liens temporels, pour répondre aux enjeux contemporains d’un territoire emblématique, en rassemblant ls acteurs autour d’un projet commun. Le contrat de projet s’articule ainsi autour de 3 axes.
Axe 1. Patrimoines : s’appuyer sur le passé pour enchanter l’avenir
Valoriser le patrimoine bâti, les paysages et l'histoire forestière du territoire : rénovation du réseau des arboretums
Au XIXe siècle, la collaboration entre le conservateur des Eaux et Forêts Georges Fabre et le professeur de botanique de Montpellier Charles Flahaut, a permis la création du réseau des arboretums du massif de l'Aigoual. Ces arboretums ont une place toute particulière dans l'accueil du public sur l'Aigoual.
Pour les mettre en valeur, de nouveaux supports de communication sur les sentiers de découverte de l'arboretum de l'Hort de Dieu ont été créés, en parallèle avec les travaux effectués sur les tracés. Des études paysagères ont permis de proposer des améliorations du cheminement au cœur des arboretums, et de la signalétique, notamment pour ceux de la Foux et de Puéchagut.
Des panneaux présentant des photographies anciennes illustrent l'évolution du paysage depuis le reboisement. Le Parc national des Cévennes a également installé des panneaux d'information sur le site de Saint-Sauveur des Pourcils, en collaboration avec l'ONF.
Un accent a été mis sur celui de l'Hort de Dieu, situé à proximité du sommet emblématique de l'Aigoual : étude paysagère, travaux de mise en valeur du bâtiment et des collections d'arbres.
Le chalet-laboratoire de l'arboretum de l'Hort de Dieu en 1904 et après restauration en 2019
Favoriser l'accès au massif
Pour faciliter l'accès des visiteurs, un projet de renforcement de la signalétique touristique est engagé afin de matérialiser les portes d’entrée sur le massif et rendre visible le label : signalisation routière, implantation de totems aux différents points d'entrée du massif, kiosques "Forêt d'Exception" dans les offices de tourisme, sont autant d'actions utiles.
Œuvrer pour la coexistence des diverses activités de pleine nature
Par exemple, un sentier accessible à tous a été inauguré durant l’automne 2021 sur le site de Puéchagut : il permet une découverte sensorielle du milieu forestier, adaptée à tous les publics, notamment les personnes en situation de handicap.
Axe 2. L’Aigoual, porte-étendard des enjeux climatiques, entre résilience et démonstration
Poursuivre l'acquisition de connaissances et croiser les approches sur le changement climatique : dispositif de suivi des zones forestières en sylviculture et en protection
En forêt les mesures de conservation de la biodiversité se font à plusieurs échelles. A l'échelle du massif par la constitution de zones placées en réserves biologiques (ici pour 500 hectares), dans un peuplement de production en classant des îlots de sénescence (pour 540 ha) et aussi à l'échelle des arbres d'intérêt écologique : 1 200 arbres à loges de Pic noir sont par exemple répertoriées.
Aux réserves s'ajoutent 3 500 hectares de forêt hors sylviculture car d'accès difficile ou en forte pente. Ce sont donc 28 % du massif de l'Aigoual laissés en évolution naturelle.
Depuis 2007, les réserves et les îlots font l'objet d'un suivi standardisé, que l'on peut comparer au suivi mené sur les 170 placettes installées en forêt gérée en sylviculture en 2015. Ces études permettront à terme d'orienter les décisions de gestion.
La révision de l'aménagement forestier bénéficie du projet Forêt d’Exception®
Un document unique de gestion a été rédigé pour la période 2017-2036 côté gardois du massif de l'Aigoual, où il en existait six distincts, pour bénéficier d'une gestion forestière cohérente. De l'analyse du foncier jusqu'aux propositions de gestion, ce travail a été mené entre 2013 et 2016. Le tout en concertation permanente avec le Parc national des Cévennes et les collectivités concernées. En effet, la forêt domaniale se situe à 81 % en cœur du Parc.
Dans le même temps, la démarche Forêt d'Exception® a permis de compléter l'aménagement forestier :
- par la rédaction du schéma d'accueil du public sur l'ensemble du massif, qui inclut un programme d'actions pluriannuel ;
- par une étude paysagère menée sur le côté gardois du massif ;
- par l'implantation d'un réseau de 170 placettes permanentes pour assurer un suivi dans le temps de la gestion sylvicole en futaie irrégulière et de différents indicateurs de biodiversité.
Axe 3. Un territoire en quête de culture forestière
Communiquer sur les enjeux de la gestion forestière et de la filière bois locale à destination des différents publics
En s’appuyant sur le "marteloscope" des Pises, outil de vulgarisation de la gestion forestière. Depuis 2021, les animations se succèdent sur le site, à destination des collégiens, lycéens, étudiants, et du grand public.
Sur un parcours balisé en forêt, à l’aide d’une application sur tablette, les "forestiers d’un jour" peuvent observer les arbres du site et choisir ceux à conserver ou à couper. Un professionnel explique la gestion forestière et ses enjeux écologiques, sociaux et productifs.
Adapter la gestion forestière aux vulnérabilités du massif
Agir au bénéfice des bords de cours d'eau : laisser la végétation spontanée s'exprimer et les papillons librement circuler ! L'action (terminée en 2021) a consisté à retrouver la végétation spontanée des ripisylves, ces boisements de bord de cours d’eau avec des espèces feuillues diversifiées, et à retrouver des zones herbeuses semi-ouvertes sur le cours supérieur de la rivière Dourbie. En reconnectant les zones humides, un milieu favorable à la biodiversité a été restauré.
Protection contre les incendies
Dans le contexte du changement climatique, les vulnérabilités du massif forestier de l’Aigoual sont liées à des phénomènes de dépérissement d’une part, à l’augmentation du risque incendie d’autre part. Pour ce qui concerne le risque feu de forêt, et même s’il est aujourd’hui modéré sur le massif de l’Aigoual par rapport aux zones de garrigues et de maquis du département du Gard, le développement d’une culture du risque, mêlant information, travaux de prévention, surveillance et application de la réglementation, ne pourra se révéler que bénéfique.