Giec : la gestion durable des forêts, un levier essentiel pour lutter contre le changement climatique

Le dernier rapport du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), publié le jeudi 8 août 2019, alerte sur les effets du changement climatique sur les sols. Parmi les solutions envisagées : une nécessaire gestion durable des forêts pour permettre à ces forêts, ainsi qu'aux arbres récoltés pour la filière bois, de jouer pleinement leur rôle dans la séquestration des émissions de gaz à effet de serre. Eclairage.

Réunis à Genève du 2 au 8 août 2019, les délégations des 195 Etats membres du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ont rendu un rapport sur le changement climatique et les sols. Plus précisément, les scientifiques décrivent les impacts du réchauffement climatique sur "la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres". Le document rappelle que nous disposons de connaissances et de stratégies efficaces pour atténuer les changements climatiques et modérer ses impacts sur les écosystèmes terrestres. Le document insiste notamment sur la nécessité de préserver les sols qui, par leur couverture végétale et boisée, contribuent à absorber 30% des émissions de CO2.

©Frédéric Glon / ONF

La gestion durable des forêts comme réponse

Les experts ont mené une analyse complète sur l’ensemble des paysages agricoles et forestiers en prenant en compte leur diversité dans le monde entier. Selon eux, la gestion durable des forêts est un moyen de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts dans le monde. "En fournissant durablement des ressources pour les populations autochtones, la gestion durable peut permettre de réduire la conversion des forêts pour des usages non forestiers, comme les terres cultivées ou les zones d'habitation", indiquent les scientifiques.

Le rapport  rappelle également que cette gestion durable permet de préserver ou améliorer la séquestration de carbone en forêt. Les forêts, et notamment les sols forestiers, constituent en effet le deuxième plus grand puits de carbone de la planète après les océans. Jusqu'à sa maturité, un peuplement forestier capte et capture du CO2, participant ainsi à la réduction de la présence de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Mais ce n'est pas là le seul atout. Une fois récoltés, les arbres continuent de jouer leur rôle de "stockage de carbone sur le long terme, et peuvent être substitués à des matériaux plus énergivores, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre dans d'autres secteurs".

Les 3 S de la forêt

Séquestration : Par le mécanisme de la photosynthèse, la forêt capte le CO2 de l'atmosphère.

Stockage : Lors de l'exploitation des arbres, une partie du carbone reste stockée dans les produits bois utilisés.

Substitution : L'utilisation du bois-construction et du bois-énergie permet d'éviter le recours à d'autres matériaux plus énergivores en énergies fossiles.

Parmi les autres enjeux essentiels pointés par les scientifiques : la conservation et la préservation des prairies, des zones humides côtières et des tourbières (dont la capacité de stockage de carbone s'étend sur des siècles) afin d'amoindrir les impacts négatifs du changement climatique.

Dans son rapport, le GIEC réaffirme l’enjeu crucial d’une gestion durable des forêts et rappelle l’importance du bois dans la lutte contre le changement climatique. Ces orientations sont totalement en phase avec l’action menée au quotidien par les équipes de l’Office national des forêts. Par ailleurs, les importants dépérissements forestiers constatés ces derniers mois dans les forêts de l'Est de la France nous alertent sur la nécessité de concevoir rapidement l'adaptation de nos forêts à ces bouleversements climatiques.

Patrick Falcone, adjoint au directeur général de l'ONF.

La forêt et le carbone en chiffres :

L'effet cascade :

Le bois est un matériau écologique et renouvelable avec lequel rien ne se perd, tout se transforme. Son utilisation en cascade, de la construction au bois énergie permet de cumuler les effets de substitution et donc de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

©DR

Stockage de carbone dans les sols forestiers : les explications du réseau RENECOFOR

©ONF/RENECOFOR

Pour en savoir plus sur ce sujet :

Tous les articles de l'ONF sur la sécheresse et ses conséquences