Incendie des forêts du Diois : plus de 4 200 hectares parcourus par le feu
Alerte : Fermeture du massif forestier du Diois
Par arrêté préfectoral du 24 juillet 2026, les forêts domaniales de Justin, Laup et Solaure sont interdites de fréquentation.
A ce stade, le feu est fixé, mais pas éteint. Les pompiers du SDIS, avec le soutien des patrouilles DFCI (défense des forêts contre les incendies) de l'ONF, interviennent tous les jours sur des points chauds ou des fumerolles pour éviter toute reprise de feu.
L'accès au massif forestier est interdit par arrêté préfectoral du 17 juillet, dans le périmètre délimité sur la carte ci-après. Pour votre sécurité, n'entrez pas dans le massif forestier. Les arbres fragilisés, les sols instables et les risques de chutes de blocs nécessitent de maintenir des restrictions d'accès pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Plus de 4 200 hectares parcourus
Le 20 juillet, plus de 4 200 hectares de forêt étaient parcourus par le feu :
- 33% en forêt domaniale de Justin
- 26% en forêt domaniale de Solaure
- 13% en forêt domaniale de Laup
- 0,2% en forêt communale de Solaure-en-Diois et Aix-en-Diois
- 27% en forêt privée
Près de 2 600 hectares de bois avaient brûlés, c'est-à-dire concernés par des indices de sévérité de l'incendie moyen à fort.
Les peuplements impactés sont essentiellement composés de pin noir d’Autriche issus de boisements RTM (restauration des terrains en montagne) réalisés entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. L’ONF en assurait la gestion dans un double objectif de protection contre les risques naturels (chutes de blocs, érosion, crues torrentielles) et de production de bois destinés à plusieurs usages : bois de sciage, fabrication de poteaux, bois énergie.
Les forêts du Diois abritent plusieurs espèces patrimoniales remarquables, parmi lesquelles :
- flore : cotonéaster du Dauphiné
- faune : l’aigle royal, le circaète Jean-le-Blanc, l’autour des palombes, le busard Saint-Martin, l’écrevisse à pattes blanches, le lézard ocellé ou le petit et grand rhinolophe (chiroptère).
Après l'incendie : sécuriser, accompagner et reconstruire
Le passage d’un feu de forêt laisse derrière lui un paysage désolant (sol carbonisé, troncs d’arbres noircis…), potentiellement dangereux, et associé à une odeur de brûlé qui se diffuse plusieurs jours après l’incendie. Une autre phase commence alors : celle de la gestion post-incendie.
Les équipes de l'ONF interviennent d'abord en urgence pour sécuriser les secteurs touchés (danger de chute d'arbres) et prévenir les risques secondaires (érosion, instabilité des sols, chutes de blocs ou crues torrentielles).
Compte tenu du rôle de protection contre les risques naturels joué par les forêts du Diois impactées par l’incendie, des expertises pour analyser les conséquences du feu sur la stabilité des versants et le fonctionnement des bassins versants seront lancées dans les semaines à venir afin d’identifier les secteurs les plus exposés.
Il s'agira ensuite d'évaluer les dégâts, de surveiller l'état sanitaire de la forêt, et d'observer la capacité de résilience de la forêt, à travers la régénération naturelle.
Le reboisement n'est pas systématique : lorsque les conditions le permettent, la nature est capable de se régénérer d'elle-même. En revanche, lorsque la régénération naturelle est insuffisante ou inadaptée aux enjeux locaux – qu’ils soient paysagers, patrimoniaux ou liés à la production forestière – des plantations peuvent être envisagées. Celles-ci sont alors réalisées en privilégiant la diversité des essences forestières, l’introduction d’espèces plus résistantes au changement climatique ainsi que l’installation d’espèces qui adultes procurent un couvert dense moins vulnérable aux incendies futurs.
Observer, ne pas précipiter les décisions, la reconstitution forestière s'inscrit dans le temps long.
Une tournée presse a été organisée le 23 juillet sur la gestion post-incendie des forêts du Diois ; elle a rassemblé des médias nationaux et locaux (AFP, TF1, Europe 1, Nostalgie, France 3, Ici Drôme-Ardèche, Le Dauphiné Libéré et Le journal du Diois).