Promener mon chien sans laisse en forêt : je peux ou je ne peux pas ?
Vous êtes en forêt, accompagné de votre animal de compagnie préféré - le chien bien sûr - et naturellement, vous voulez lui enlever sa laisse pour qu'il puisse gambader partout ? Attention danger ! Pas pour lui, ni pour vous, mais pour les animaux de la forêt, oui. Ce réflexe peut en effet avoir des conséquences très lourdes, parfois même irréversibles, sur les mammifères et les oiseaux qui vivent dans les bois.
En effet, la forêt accueille une faune sauvage très variée, parmi laquelle de nombreuses espèces classées sur la liste rouge des espèces protégées en France. Respecter leur tranquillité, c'est assurer leur survie, leur reproduction et l'équilibre des écosystèmes forestiers.
Les règles à suivre
Tout au long de l'année, les chiens doivent impérativement rester sous la surveillance de leur maître et ne pas s'éloigner à plus de 100 mètres. Au printemps, la règlementation se durcit : du 15 avril au 30 juin de chaque année, un arrêté ministériel impose aux propriétaires canins de tenir leurs animaux en laisse en dehors des allées forestières.
L'allée forestière se comprend au sens large comme les routes, chemins ou sentiers forestiers, notamment les GR, mais aussi tous les chemins de promenade. En revanche, les cloisonnements forestiers, les pare-feu et les limites de parcelles ne sont pas considérés comme des chemins.
Pourquoi de telles dispositions
C'est à cette période précise que débute la mise à bas des mammifères et la nidification des oiseaux. Dotés d'un flair extrêmement affuté, les chiens pourraient facilement repérer les nouveaux nés en forêt et les oiseaux qui nichent au sol dans les espaces ouverts (landes et friches).
Par leur simple présence, ils pourraient déranger et stresser les animaux forestiers particulièrement sensibles pendant cette période et ainsi, mettre en péril leurs reproductions.
Autre risque possible : le stress de la femelle et la modification de son comportement, l'abandon du site de reproduction (nid par exemple ou faon si le dérangement est trop fort, la biche pouvant abandonner le jeune)...
Cette mesure vise à prévenir la destruction des oiseaux et d'autres espèces d'animaux et à favoriser leur repeuplement. Par ailleurs, les maires peuvent interdire les chiens sans laisse sur leur commune et des interdictions spécifiques existent dans les espaces protégés comme les réserves naturelles. Il est alors recommandé de se renseigner pour ne pas risquer une amende et de déranger la faune.
Le saviez-vous ? Attention aux risques pour vos animaux en forêt
Gare aux serpents et aux chenilles processionnaires. Au printemps, dès l’arrivée des beaux jours, les serpents sortent d’hibernation puis s’exposent aux premiers rayons du soleil. Ils ont besoin de se réchauffer afin d’atteindre une température corporelle qui leur permet de se déplacer, de chercher de la nourriture et de trouver des partenaires pour se reproduire. C’est à cette période que l’on peut les rencontrer en forêt.
Grâce à son flair, un chien peut surprendre les serpents, qui attaquent uniquement lorsqu’ils se sentent menacés et qu’ils ne peuvent s’enfuir. Il s’agit d’un mécanisme de défense. Or, une morsure de vipère peut être mortelle pour un chien ; il vaut donc mieux éviter de les laisser aller dans les broussailles et les sous-bois.
Il en est de même pour les chenilles processionnaires. Présentes au printemps et au début de l’été dans les forêts, leurs poils peuvent provoquer des urtications ou des allergies graves, qui malheureusement n’épargnent pas les animaux de compagnie en cas d’exposition.
Les chenilles processionnaires, très urticantes, peuvent provoquer de graves gonflements de la langue chez les chiens. Malheureusement cela arrive souvent et il est nécessaire alors de se rendre chez le vétérinaire. Il arrive aussi que des sangliers poursuivent des chiens et parfois même leurs maîtres. Plus on est vigilant, plus on évite les problèmes.
Observer sans déranger
Préserver la faune des forêts est l'affaire de tous. Lorsque certaines espèces nous font l'honneur d'apparaître sous nos yeux, contentons-nous de les observer dans leur habitat naturel. S'en approcher ou les nourrir risqueraient de modifier leur comportement et d'impacter leur instinct sauvage. En les touchant, c'est leur mère qui risquerait de les abandonner, perturbée par l'odeur humaine.