A Carcès, une exploitation forestière pensée avec le paysage

Le 9 octobre 2025, l’ONF a présenté une opération de coupe de bois en forêt communale de Carcès, dans le Var. Cette visite de terrain a permis de montrer comment les exploitations forestières peuvent être pensées comme de véritables outils d’aménagement du territoire, conciliant production de bois, préservation des milieux et qualité paysagère.

Le paysage, un enjeu à part entière de la gestion forestière

Forêt communale de Carcès. - ©Rémi Monti/ONF

En forêt méditerranéenne, chaque intervention forestière modifie la perception du paysage. A Carcès, la commune et l’ONF ont fait le choix d’une exploitation progressive et structurée, intégrant dès l’amont des prescriptions paysagères précises.

À la suite d’une délibération par la commune, le chantier débute par une coupe de taillis de chêne, engagée en octobre 2023 et prévue jusqu’en mai 2025, sur une surface de 7 hectares, pour un volume estimé à 350 m3. Le bois, vendu en bloc et sur pied à un exploitant local, est destiné au chauffage.

Cette coupe n’est pas conduite à blanc : au moins 20% des tiges sont conservées, sous forme de bouquets de brins de réserve. Sur ces tiges en réserve, une demande a été faite à l’exploitant de laisser des bouquets entiers. Ces îlots boisés maintenus en place permettent de préserver des repères visuels, d’assurer une continuité forestière et de limiter l’effet de rupture dans le paysage.

Adapter les choix sylvicoles aux contraintes du site

La parcelle présente une forte pente, impliquant une attention particulière, à la fois concernant la stabilité des sols et la lecture paysagère. Les tiges conservées ont ainsi été positionnées prioritairement sur les interbandes de circulation des engins tandis que les zones moins pentues ont fait l’objet d’un travail en mosaïque, laissant des bouquets répartis de manière plus diffuse.

La présence d’un cours d’eau inactif a également guidé les modalités d’intervention. Deux points de franchissement ont été aménagés – rondins de bois à l’intérieur du cours d’eau - afin de limiter l’impact sur le milieu. Les dispositifs ont été retirés en fin de chantier, permettant au site de retrouver son fonctionnement naturel.

Forêt communale de Carcès. - ©Rémi Monti/ONF

Maintenir des peuplements diversifiés et lisibles

La seconde phase du chantier concerne une coupe de pins d’Alep, programmée de mai à juillet 2025 sur 3 hectares, pour un volume de 492 m3. Réalisée en bois façonné, cette coupe alimente la centrale Sylviana de Brignoles.

Un martelage en réserve a été effectué afin de sélectionner et conserver les jeunes tiges d’avenir, garantissant le renouvellement du peuplement. Le choix d’intervenir après la coupe de taillis vise à préserver les chênes, en évitant leur dégradation lors des opérations mécanisées.

Pins d’Alep et chênes sont volontairement maintenus ensemble afin de préserver une diversité d’essences, essentielle à la résilience des forêts face au changement climatique et à la qualité paysagère des massifs. Cette mixité permet d’éviter des peuplements monospécifiques et de conserver une structure forestière variée et lisible dans le paysage.

Left: ©Rémi Monti/ONF  –  Right: ©Rémi Monti/ONF

Une exploitation forestière inscrite dans le territoire

Forêt communale de Carcès. - ©Rémi Monti/ONF

Le chantier, d’une durée longue – un an et demi pour la coupe manuelle de taillis, puis environ un mois pour la coupe mécanisée des résineux – illustre l’adaptation des modes d’intervention aux objectifs du site.

A l’issue des travaux, les rémanents ont été broyés par la Fédération départementale des chasseurs, dans le cadre d’un partenariat. Cette opération a permis une réouverture ciblée des milieux, favorisant le petit gibier et participant à l’équilibre global des usages du territoire.

Une démarche partagée à l’échelle régionale

Cette présentation s’inscrivait dans une journée de formation organisée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Provence-Alpes-Côte d’Azur (DREAL PACA), animée par le Collectif Paysages de l’Après-Pétrole. Elle a réuni de nombreux acteurs institutionnels de l’aménagement et de l’environnement : Directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) du Var, du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence, Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), Unité départementale de l’architecture et du patrimoine du Var (UDAP), Syndicat mixte Provence verte Verdon et Territoire d’énergie des Hautes-Alpes.

A travers cet exemple, l’ONF illustre son rôle de gestionnaire forestier et d’acteur de l’aménagement du territoire, attentif à la qualité des paysages forestiers, à leur évolution et à leur intégration dans les dynamiques locales.

Journée de présentation du 9 octobre 2025 - ©Rémi Monti/ONF