En Haute-Loire, un cours d’eau retrouve son lit naturel pour revitaliser la rivière du Lignon du Velay

En forêt domaniale du Mézenc (Haute-Loire), près de la réserve biologique dirigée du Mézenc, l’ONF a remis un petit cours d’eau dans son lit d’origine. Objectif : restaurer la continuité écologique du cours d’eau, favoriser la zone humide à proximité immédiate, jusque-là drainée et enfin améliorer la desserte forestière.

Pourquoi intervenir ici ?

Tourbières, zones humides, petits écoulements et cours d’eau : le massif du Mézenc abrite des milieux qui régulent l’eau en période d'étiage comme de crue. Près des sources du Lignon du Velay, un cours d’eau avait été rectifié et drainé par le passé, ce qui accélérait les écoulements et affaiblissait les fonctions écologiques locales. Restaurer le fonctionnement naturel du lit, là où il s’était formé, était la priorité avant toute action plus large sur les habitats humides voisins.

L’idée n’était pas d’inventer un nouveau tracé, mais de restituer le lit d’origine.

Laure Guillerand, cheffe de projet environnement à l’ONF – bureau d’études Montagnes d’Auvergne

Comment a-t-on retrouvé le lit d’origine ?

Les équipes ONF de l’unité territoriale Velay-Meygal, appuyées par le technicien rivière du contrat territorial Lignon du Velay, ont d’abord recherché les indices d’un ancien couloir d’écoulement : petits reliefs (creux et levées), amorces de méandres, présence d’une végétation de berge (saules et autres feuillus) au milieu d’une plantation d’épicéas.

Un repérage GPS a permis de baliser précisément ce tracé.

Une large bande d'épicéas plantés en ligne a été récoltée pour dégager le lit du cours d'eau et apporter la lumière suffisante au développement d'une végétation naturelle et typique de cours d'eau.

Pour réduire l'impact des travaux, ces derniers ont été les plus légers possibles : stabilisation des méandres les plus sensibles à l'érosion, dissipation de la vitesse d'écoulement à l'aide de blocs rocheux judicieusement répartis, préservation des feuillus existants et mise en place de boutures de saules... Il ne s’agissait pas d’optimiser le cours d’eau, mais bien de remettre en fonctionnement le lit naturel.

Tracé restauré du cours d’eau et emprises forestières (fond de carte 2016) / indices visibles de l’ancien lit du cours d’eau (fond de carte 1962)

Left: ©ONF  –  Right: ©ONF

Concilier cours d’eau vivant et gestion forestière

Le pont en arche installé en aval : un ouvrage léger qui laisse évoluer le cours d’eau

La forêt reste exploitée pour produire du bois.

Deux passages assurent la continuité des accès : en amont, un passage à gué pour les engins légers ; en aval, un petit pont en arche sans dalle au fond qui laisse le cours d’eau évoluer librement dessous tout en acceptant les véhicules les plus lourds.

Le technicien desserte forestière de l’ONF a dimensionné ces équipements, l'agence travaux de l'ONF a réalisé le passage à gué tandis que le pont a été créé par l'entreprise locale Eyraud.

Remise en fonctionnement du lit naturel : vues du ruisseau après travaux, avec stabilisation par blocs rocheux et réactivation des petits méandres

Travailler dans un site classé : concertation et autorisations

À proximité du site classé du Mézenc (classé depuis le 27 août 1997) et dans le périmètre du Natura 2000 Mézenc , le projet a nécessité des autorisations au titre de la loi sur l’eau et donné lieu à une concertation étroite : réunions de terrain avec l’Office français de la biodiversité (OFB), la direction départementale des territoires (DDT) et les partenaires du bassin versant. Côté ONF, les services du bureau d’étude Montagnes d’Auvergne et les forestiers locaux ont été mobilisés.

Et maintenant ?

La remise dans le lit naturel constitue un premier jalon. À terme, et sous réserve de financements dédiés, une restauration complémentaire des zones humides adjacentes et le suivi de la réponse de la végétation permettront d’évaluer les bénéfices en amont et à l’aval. À noter : le bureau d’étude Montagnes d’Auvergne est associé au suivi et à l’évaluation future du projet.

En amont, chaque litre d’eau retenu compte pour le Lignon : restaurer le fonctionnement naturel est un enjeu local et aval.

Laure Guillerand, cheffe de projet environnement ONF

Chiffres-clés

Partenaires et organisation

Le projet s’inscrit dans la dynamique locale du Contrat territorial Lignon du Velay, animé par l’EPAGE Loire-Lignon.

  • maîtrise d’ouvrage : Office national des forêts – Agence territoriale Montagnes d’Auvergne ;
  • études, suivi et expertise : bureau d’étude ONF Montagnes d’Auvergne, technicien rivière EPAGE ;
  • travaux : Agence travaux ONF de Drôme-Ardèche et entreprise locale ;
  • concertation : OFB, DDT, EPAGE Loire-Lignon, inspectrice des sites, animateur Natura 2000, services ONF concernés.