L’Île-de-France, des forêts aux portes de la ville
Une richesse naturelle insoupçonnée
Au cœur d’un territoire densément urbanisé, les forêts franciliennes sont des espaces vitaux pour la biodiversité et le bien-être des habitants. Elles couvrent près de 24 % de la surface régionale, soit environ 287 000 hectares : l'Île-de-France est la 6ème région la plus boisée de France. L’Office national des forêts gère environ 94 000 hectares de forêts, uniquement publiques, dont 74 600 ha de forêts domaniales répartis sur 50 massifs.
Façonnés par l’homme depuis le XIIIe siècle, ces espaces accueillent aujourd’hui près de 100 millions de visites par an (un chiffre en hausse depuis la crise sanitaire) : elles comptent parmi les forêts les plus fréquentées de France.
Ces forêts remplissent pleinement plusieurs fonctions : elles accueillent le public, abritent une biodiversité riche et produisent du bois de qualité. Leur situation proche des villes et leur fréquentation record imposent une gestion adaptée, conciliant attentes de la société, préservation des écosystèmes et adaptation face au réchauffement climatique.
Le territoire en bref
Les forêts - majoritairement de feuillus - occupent une part importante de la surface de la région. En dépit d’une urbanisation importante, la forêt couvre 24 % du territoire en Île-de-France, contre 30 % en moyenne en France métropolitaine.
Deux poumons verts entourent la capitale
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À l’ouest, plus de 33 000 hectares de forêts domaniales, avec les forêts domaniales de Rambouillet, Saint-Germain, Montmorency, Marly, Versailles, Verrières, La Malmaison, Fausses-Reposes, Meudon, Carnelle, Palaiseau, Dourdan ou encore L’Isle-Adam ;
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À l’est, plus de de 50 000 hectares de forêts avec le massif de Fontainebleau, les forêts de Sénart, Villefermoy ou Armainvilliers.
Accueillir le public dans les forêts franciliennes
En Île-de-France, l’accueil du public est au cœur de la gestion forestière mené par l’ONF. Ces espaces très fréquentés imposent une attention particulière pour concilier loisirs et préservation des milieux fragiles. L’ONF, en partenariat avec les collectivités, aménage les forêts pour offrir des conditions de visites et de promenades optimales tout en canalisant la fréquentation afin de garantir la sécurité des visiteurs et la protection des milieux naturels.
Ces aménagements comprennent :
- des sentiers sportifs ou pédagogiques ;
- des cheminements accessibles aux personnes à mobilité réduite ;
- des pistes cyclables et équestres ;
- des équipements d’information et de confort.
La forte fréquentation nécessite aussi des actions supplémentaires : lutte contre les dépôts sauvages, encadrement des usages, tournées de surveillance… Ces projets, cofinancés avec les acteurs locaux, renforcent l’attractivité des territoires tout en protégeant les écosystèmes.
Une gestion repensée pour répondre aux attentes sociétales
Cette priorité donnée à la fonction sociale a profondément transformé la gestion forestière, aussi appelée sylviculture. Les forestiers, avec les élus et associations locales, ont constaté que les coupes de régénération en plein dites « rases » liées à une sylviculture classique régulière, n’étaient plus acceptées par les riverains et les usagers. Pourtant, la sylviculture reste indispensable pour récolter du bois utile à notre société et à la transition écologique de nos territoires tout en renouvelant et rajeunissant la forêt.
Pour concilier ces attentes, l’ONF a adopté depuis 2017 un mode de gestion spécifique : la futaie irrégulière, appelée aussi sylviculture mélangée à couvert continu. Ce traitement considère les arbres individuellement ou par petits groupes et évite de récolter l’ensemble des arbres d’une parcelle en une seule fois. Les coupes rases restent toutefois nécessaires en cas de crise sanitaire.
Ce traitement permet de maintenir en permanence le couvert arboré, limitant ainsi les modifications paysagères trop brutales. Les coupes de bois ont plusieurs objectifs : récolter des arbres arrivés à maturité, éclaircir les peuplements pour favoriser le développement des sujets conservés et accompagner la régénération naturelle de la forêt.
Une gouvernance plus ouverte des forêts franciliennes
En parallèle à l’adaptation des pratiques sylvicoles, l’Office a instauré pour les massifs franciliens une gouvernance plus participative, fondée sur la création d’instances d’information et d’espaces de dialogue, afin de construire la gestion forestière en concertation avec les acteurs locaux.
- des instances reconnues comme Forêt d’Exception à Fontainebleau ou les chartes forestières de Sénart et de l’Arc Boisé, où élus, associations et experts se réunissent régulièrement pour débattre et proposer des actions ;
- des comités de forêt qui présentent chaque année le bilan et les projets à venir ;
- des comités de pilotage, liés aux conventions avec les collectivités, assurent le suivi des fonds alloués et définissent le programme annuel. Ils sont aussi l’occasion pour l’ONF et les collectivités de partager leurs observations sur la gestion des forêts : incivilités, menaces sanitaires ou besoins spécifiques ;
- des ateliers locaux pour réfléchir ensemble à des solutions concrètes, comme en forêt de Saint-Germain ou de La Grange ;
- des concertations ouvertes lors de la révision des documents d’aménagement, par exemple pour Fausses-Reposes et La Malmaison en 2024-2025 ou la création de schéma d’accueil comme pour les forêts des Hauts de Seine en 2025.
Ces démarches permettent de recueillir voire d’intégrer les attentes des habitants et des associations dans la gestion forestière, pour des forêts plus accueillantes, durables et adaptées aux enjeux d’aujourd’hui.
Des forêts riches en biodiversité
Les forêts franciliennes sont des réservoirs de biodiversité dans un contexte urbain et agricole. Les forestiers agissent pour maintenir des milieux diversifiés, conserver des îlots de vieux bois, gérer des réserves biologiques et intégrer les sites Natura 2000. Ces actions s’appuient sur des partenariats scientifiques et associatifs pour protéger les espèces rares et anticiper les effets du changement climatique.
Préserver la biodiversité en forêt francilienne relève d'une démarche globale, pensée pour répondre à plusieurs défis :
- le changement climatique ;
- la fragmentation des habitats ;
- la pression urbaine.
Pour y parvenir, l’ONF s’appuie sur quatre piliers complémentaires qui structurent son action.
Connaître pour mieux agir
Avant toute intervention, il faut inventorier les espèces, suivre l’évolution des milieux, évaluer l’efficacité des mesures. En Île-de-France, cela se traduit par des études sur les chauves-souris en forêt de Sénart ou de Rambouillet, le suivi des mares à Fontainebleau ou encore de la Vipère péliade à Montmorency, véritable « sentinelle » de la santé des forêts. Ces données scientifiques guident les choix de gestion afin de favoriser le maintien de cette biodiversité aussi remarquable qu’indispensable.
Protéger les joyaux naturels
Certaines zones abritent des espèces ou des habitats d’exception. Pour les préserver, l’ONF déploie un réseau de réserves biologiques intégrales et dirigées, où la nature évolue librement ou sous gestion adaptée. Fontainebleau, Rambouillet, Ferrières : ces massifs comptent parmi les plus anciens sites protégés de France. À cela s’ajoutent des îlots de sénescence et de vieillissement, qui garantissent la présence de bois mort et de très gros arbres, indispensables à la faune et à la flore.
Gérer durablement les milieux
Dans certains secteurs, des interventions ciblées sont nécessaires pour maintenir la diversité des paysages et des espèces. Cela passe par des contrats Natura 2000, la réhabilitation des mares en forêt de Marly, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes ou encore le retour du pâturage à Fontainebleau ou à Rambouillet pour rouvrir les landes. Chaque action est pensée pour restaurer des équilibres fragiles.
Valoriser et sensibiliser
Enfin, la biodiversité ne se protège bien que si elle est comprise. Sentiers pédagogiques, centres d’éducation à l’environnement, événements grand public : ces initiatives permettent de partager les enjeux et d’impliquer chacun. Car la forêt est un patrimoine commun, et sa richesse biologique concerne tous les citoyens.
intégrales ou dirigées en Île-de-France
présentes dans les forêts de la région
dont les ¾ en forêt de Rambouillet
en Île-de-France sont insérées dans le réseau Natura 2000
Après plus d’un siècle d’absence, le Castor d’Europe (Castor fiber) est de retour en Île-de-France. Les premiers indices de présence ont été observés sur l’Essonne par le Syndicat intercommunal d’aménagement, de réseaux et du cycle de l’eau (Siarce).
Produire une ressource durable et locale
Pour répondre à la demande de la société française, grande consommatrice de bois, les forestiers gèrent les forêts durablement afin de prélever chaque année les arbres nécessaires à cette production, tout en assurant le renouvellement de cette ressource naturelle. Chaque année, la forêt croît naturellement : c’est « l’accroissement ». La récolte de bois, planifiée sur 20 ans, permet d’éclaircir, de renouveler et de sécuriser les peuplements. Depuis 2017, l’ONF privilégie la futaie irrégulière, qui maintient un couvert permanent et évite les coupes rases hors cas sanitaires, répondant ainsi aux attentes paysagères des usagers.
Des bois valorisés majoritaire dans l’Hexagone
90 % des bois prélevés en forêt publique sont vendus, valorisés et transformés par des entreprises françaises. Cette proximité garantit une filière responsable et contribue à l’économie nationale.
Les bois sont orientés vers différents usages selon leur qualité :
- sciage pour la construction et la tonnellerie ;
- en produit d’industrie (papier, carton, panneaux de particules, bois aggloméré) ;
- en bois énergie pour les foyers et les chaudières collectives franciliennes (comme celle de la ville de Cergy, de l’aéroport Roissy-CDG, de l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye…) En Île-de-France, le bois de chauffage est utilisé en moyenne à 45 km de la forêt où il a été prélevé. Cette proximité réduit les transports et l’empreinte carbone, tout en contribuant à la transition écologique de notre région.
Une commercialisation modernisée et ancrée dans l’économie circulaire
Autre évolution notable : la commercialisation. Avant 2017, le bois était vendu « sur pied » ; désormais, le bois est fréquemment coupé et façonné par une entreprise mandatée par l’Office, ce qui offre une meilleure maîtrise des chantiers et réduit les désagréments pour le public. Enfin, la vente par contrats avec les entreprises locales a fortement augmenté : de 3,9 % en 2011 à 45,4 % en 2024, preuve d’une filière bois francilienne structurée, locale, fonctionnant en circuit court.
Les forêts franciliennes face au défi climatique
Les forêts d’Île-de-France si familières aux promeneurs sont en première ligne du réchauffement climatique. Depuis les années 1990, la température moyenne a grimpé, entraînant des sécheresses plus fréquentes, des canicules intenses et des hivers anormalement doux. Ces bouleversements perturbent la vie des arbres :
- les bourgeons qui s’ouvrent trop tôt s'exposent aux gelées tardives ;
- le manque de froid laisse prospérer des parasites comme la processionnaire du pin ou la maladie de l’encre du châtaignier.
Les conséquences sont visibles :
- en forêt de Fontainebleau, des pins ont dépéri en quelques mois après les sécheresses de 2018 et 2019 ;
- en forêt de Montmorency, le châtaignier est condamné sous l’effet combiné de la maladie de l’encre et du stress hydrique.
Même des essences emblématiques comme le Hêtre ou le Chêne sessile voient leur avenir menacé : si la trajectoire climatique atteint +4°C d’ici 2070, le climat francilien ressemblera à celui du pourtour méditerranéen, rendant ces arbres vulnérables.
Ces signaux d’alerte rappellent que la forêt, écosystème millénaire qui évolue lentement, subit aujourd’hui des chocs rapides. Pour préserver ce patrimoine vivant, les forestiers adaptent leurs pratiques : diversification des essences, expérimentation de techniques innovantes, suivi sanitaire, et reconstitution des peuplements fragilisés.
Des actions proactives, qui questionnent parfois, mais qui sont indispensables afin de garantir aux générations futures des forêts résilientes.
Informer, communiquer et sensibiliser pour mieux comprendre la gestion forestière
En zone périurbaine, la transparence est essentielle. L’ONF déploie des panneaux explicatifs, des communiqués ; organise des réunions publiques, des actions pédagogiques et des événements ; programme de tournées forestières…
Chaque mois, In-Folio, une infolettre numérique retrace l’actualité des forêts de l'ouest de la région : s'y inscrire.
Et quatre groupes Facebook permettent de découvrir les forêts domaniales de :
- Fontainebleau ;
- Rambouillet ;
- Sénart ;
- Verrières.
Sensibiliser les jeunes (et les moins jeunes) : une mission de l’Office en Ile-de-France
En Île-de-France, l’ONF fait de l’éducation à l’environnement une mission essentielle pour éveiller la conscience des jeunes générations aux enjeux forestiers. Chaque année, 20 000 enfants, du primaire au secondaire, sont accueillis dans des sites dédiés en forêts domaniales de Fontainebleau, de Marly, de Port-Royal et de Sénart, mais aussi dans les forêts de toute la région ou encore directement au sein des établissements scolaires.
Lors de ces journées pédagogiques qui alternent immersion en forêt et ateliers en salle, les enfants sont invités à découvrir la biodiversité, comprendre le rôle des arbres et des écosystèmes forestiers, observer et comprendre les espèces qui vivent en leur cœur... Les activités varient selon les saisons et des niveaux, l’ensemble des programmes est construit avec le soutien de l’Education nationale garantissant une cohérence entre les contenus proposés et les programmes scolaires.
Enfin, les animateurs de ces centres vont également à la rencontre de groupes d’adultes dans le cadre de chantiers natures et activités de cohésion d’équipe, afin de partager leur savoir et de mener des actions concrètes en faveur du bon développement de la forêt et de sa protection.
L’ONF en région Ile-de-France
L’ONF rassemble dans cette région des équipes mobilisées au service de la filière forêt bois et du développement des territoires. Rattachées à une direction territoriale, elles sont réparties au sein de deux agences, de plusieurs unités territoriales, d'une agence travaux et d'une agence études.
Pour toute demande concernant une forêt de Seine-et-Marne, du Val-de-Marne ou la forêt de Sénart, nous vous invitons à contacter l'agence territoriale Île-de-France Est.
Si votre sollicitation concerne une forêt située dans le Val-d'Oise, les Hauts-de-Seine, les Yvelines ou l'Essonne (à l'exception de la forêt de Sénart), vous pouvez vous rapprocher de l'agence territoriale Île-de-France Ouest.