Incendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point

Deux mois après l’incendie qui a touché près de 2 000 hectares de forêt à Fontainebleau, les traces du sinistre restent bien visibles. Déclenché le 12 juillet dans l’un des massifs les plus fréquentés de France, le feu a profondément marqué le paysage et entraîné le maintien de restrictions d’accès, où près de 10 % de la zone touchée reste aujourd’hui fermée au public.

Chiffres clés

  • Plus de 22 000 hectares : surface totale du massif de Fontainebleau
  • 12 juillet 2026 : incendie en forêt domaniale des Trois-Pignons
  • 13 juillet 2026 : incendie en forêt domaniale de Fontainebleau dans le secteur de la Faisanderie
  • 1 960 hectares touchés par les incendies
  • 10% de la forêt encore fermée au public pour des raisons de sécurité

Après l'incendie, de nouveaux risques apparaissent

Si l’incendie est déclaré éteint depuis plusieurs semaines, une nouvelle étape est enclenchée dans le travail des forestiers. Leur priorité est désormais le diagnostic et la sécurisation des secteurs les plus touchés. Car au-delà des troncs noircis, des sols lessivés et calcinés, un danger persiste : des milliers d’arbres fragilisés risquent de tomber.  

Le plus difficile commence maintenant. Après l’incendie, nous faisons face à ses conséquences : des arbres fragilisés qui pourraient tomber par centaines.

Claire Nowak, responsable de l’unité territoriale de Fontainebleau à l’ONF

Système racinaires des arbres fragilisé après l'incendie de Fontainebleau
Système racinaire fragilisé

En cause, les dégâts considérables subis par les systèmes racinaires. Sous l’effet de la chaleur et de la typologie du sol sableux particulier, le feu a continué à couver dans le sol pendant plusieurs jours, détruisant progressivement les racines de nombreux arbres.

Malgré une apparence parfois intacte (troncs noircis, cimes encore vertes), le système racinaire a été gravement endommagé provoquant la mort certaine des arbres. Les arbres sont comme posés sur le sol. L’intensité de l’incendie a provoqué une combustion lente dans le sol pendant plusieurs jours, détruisant progressivement les racines .

Or celles-ci jouent un rôle essentiel : elles assurent à la fois la fixation des arbres dans le sol et leur alimentation en eau et en nutriments. Fragilisés, certains sujets peuvent désormais tomber au moindre coup de vent.  

Expertiser chaque arbre

Pour évaluer les risques, les équipes de l’ONF inspectent méthodiquement les abords des chemins sur une profondeur de 20 à 30 mètres en s’aidant de cartographies précises indiquant l’intensité du feu sur les zones touchées. Chaque arbre est expertisé afin d’évaluer son état sanitaire, l’intensité des dommages causés par le feu et l’éventuelle présence d’insectes ravageurs. À l’issue de ce diagnostic, les forestiers déterminent s’ils doivent être conservés ou récoltés. Face à l’ampleur du chantier, l’ONF a mobilisé des renforts venus de toute l’Île-de-France afin d’accélérer les opérations de diagnostic et de sécurisation qui débuteront cet automne.

Les premières expertises montrent que plus de 90 % des arbres dépérissants sont condamnés dans les secteurs les plus durement touchés.

Des arbres brûlés vulnérable aux attaques d’insectes ravageurs

À la suite d’un incendie, les arbres fragilisés ou partiellement brûlés peuvent devenir particulièrement vulnérables aux attaques de scolytes ou encore de Bupreste bleu comme c’est le cas à Fontainebleau. Ces petits coléoptères trouvent dans les arbres affaiblis par le feu, principalement les résineux (épicéas, pins maritimes, pins sylvestres, etc.), les conditions favorables à leur installation et à leur reproduction. Soumis à un stress intense lors du passage d’un incendie, les arbres brulés voient leurs capacités naturelles de défense diminuer. Ils deviennent alors plus sensibles aux attaques d’insectes ravageurs qui s’introduisent sous l’écorce pour pondre leurs œufs. Les larves creusent ensuite des galeries qui interrompent la circulation de la sève entraînant progressivement la mort de l’arbre.

Mais le danger ne se limite pas aux seuls arbres touchés par les flammes. Une fois installées, les populations d’insectes peuvent se développer rapidement et se propager aux arbres encore sains, provoquant des dépérissements parfois importants.

 

Cette vue aérienne montre l'intensité du feu de la forêt de Fontainebleau. Des flammes apparaissent à plusieurs endroits sur la canopée, tandis qu'un dense panache de fumée grise et orangée recouvre une grande partie du ciel. L'image illustre la rapidité avec laquelle un incendie peut se développer et l'ampleur des moyens nécessaires à sa surveillance et à sa maîtrise. – ©SDIS77 Franck Desprez
Cette vue aérienne montre l'intensité du feu de la forêt de Fontainebleau. Des flammes apparaissent à plusieurs endroits sur la canopée, tandis qu'un dense panache de fumée grise et orangée recouvre une grande partie du ciel. L'image illustre la rapidité avec laquelle un incendie peut se développer et l'ampleur des moyens nécessaires à sa surveillance et à sa maîtrise. - ©SDIS77 Franck DESPREZ

Le massif forestier est à nouveau accessible au public à 90%

Après plusieurs semaines de fermeture et grâce au comportement responsable des usagers, le massif de Fontainebleau rouvre très largement ses portes au public à compter du samedi 22 août 2026. Environ 20 000 hectares sur les 22 500 que compte le massif sont à nouveau accessibles. Certaines zones restent toutefois interdites de fréquentation, notamment les secteurs touchés par les incendies, afin de garantir la sécurité des visiteurs et de préserver les espaces fragilisés.

Le sol forestier est très particulier et se consume, on appelle cela du feu de tourbe. Grâce à l'intervention continue des sapeurs-pompiers du SDIS en noyant les points chauds et des conditions météorologiques favorables, le feu des incendies de Fontainebleau et des Trois-Pignons est officiellement déclaré éteint le samedi 29 août.

Pour votre sécurité, ne pénétrez pas dans les zones incendiées matérialisées par de la signalétique. Le réseau racinaire des arbres est brûlé, les arbres sont déstabilisés et certains peuvent tomber même bien après la fin de l’incendie ! Pour votre sécurité, n'entrez pas dans la zone incendiée.

Un forestier et un bénévole fixent un panneau « Accès interdit » sur une clôture en bois devant un secteur forestier marqué par les traces d’un incendie, avec des arbres noircis et un sol brûlé en arrière-plan.
Installation d'un panneau d’interdiction d’accès à l’entrée d’une zone forestière touchée par un incendie. - ©Antoine Cheret / ONF

Que fait l’ONF après un incendie ?

Le passage d’un feu de forêt laisse derrière lui un paysage désolant (sol carbonisé, troncs d’arbres noircis…), potentiellement dangereux et associé à une odeur de brûlé qui se diffuse plusieurs jours après l’incendie. Une autre phase commence alors : celle de la gestion post-incendie.

Dans une forêt, cinq agents en tenue verte entourent un grand pin dont le tronc est noirci à sa base. L’un des agents touche l’écorce tandis que les autres observent l’arbre. Le sol est couvert de végétation brûlée et de branches sèches. La scène se déroule en plein jour, au milieu d’un secteur ayant subi un incendie de faible intensité.
Des agents forestiers observent un pin dont la base porte des traces de brûlure après le passage d’un feu. Au cœur d’un peuplement forestier, ils échangent sur les impacts de l'incendie et la capacité de l'arbre à résister aux flammes. - ©Nicolas Fontaine / ONF

Aider à la reconstitution de la forêt 💚

Les forestières et les forestiers de l'ONF, très affectés par cet incendie d'une ampleur inédite, sont vraiment touchés par votre élan de générosité et de solidarité à Fontainebleau comme dans les autres forêts frappées par les incendies.
Votre détermination pour agir est admirable. 

De loin ou de près, il existe de nombreuses façons d'agir et de donner. Donner de son temps, donner selon ses moyens, donner de sa voix pour sensibiliser, donner de l'espoir, donner un coup de main... C'est en coordonnant les envies d'agir de chacun que nous pourrons mettre en place le cadre de collaboration propice à la restauration de notre forêt et de son écosystème si particulier.

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Dans le cadre de sa collecte nationale pour la forêt française, la Fondation du Patrimoine lance une collecte spéciale pour reconstituer la forêt de Fontainebleau et son écosystème, monument du patrimoine naturel français, grâce au soutien particulier de Communauté d'agglomération du Pays de Fontainebleau, Ville de Fontainebleau, Château de Fontainebleau, Département de Seine-et-Marne, Région Ile-de-France.
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