En forêt d’Ermenonville, l’ONF surveille la sécheresse de la végétation
Depuis le début de l’été, la forêt domaniale d’Ermenonville (Oise) accueille la première placette hydrique des Hauts-de-France. Chaque semaine, les techniciens forestiers y mesurent la teneur en eau de la végétation afin d'évaluer le niveau de sécheresse et anticiper le risque de feux de forêt.
En forêt d’Ermenonville, l’ONF surveille la sécheresse de la végétation
Face à l'augmentation du risque incendie liée au changement climatique, l'État a renforcé le dispositif national de surveillance de la sécheresse des végétaux. Historiquement concentré sur le pourtour méditerranéen, ce réseau compte aujourd'hui 123 sites répartis sur l'ensemble du territoire. La forêt domaniale d'Ermenonville est devenue, cet été, le premier site équipé dans les Hauts-de-France.
Cette surveillance permet de suivre l'état hydrique de la végétation, un indicateur essentiel pour évaluer la sensibilité des massifs forestiers aux départs de feu. Les données collectées alimentent ensuite les analyses de Météo-France et des services de l'État afin d'adapter les dispositifs de prévention et de lutte contre les incendies.
Chaque semaine, aux heures les plus chaudes de la journée, des forestiers spécialement formés réalisent des mesures selon un protocole développé par l'INRAE.
En forêt d’Ermenonville, les agents observent d'abord l'état de la végétation sur une sélection de buissons représentatifs du massif. Ils évaluent notamment la proportion de matière sèche visible, signe du stress hydrique subi par les plantes.
Ils prélèvent ensuite des pousses de callune et de genêt, deux espèces emblématiques des landes sableuses d'Ermenonville. Les échantillons sont pesés puis analysés à l'aide d'une balance dessiccatrice permettant de déterminer leur teneur en eau. Cette mesure renseigne précisément sur le degré de sécheresse de la végétation.
Lorsque la teneur en eau devient faible, la végétation est davantage susceptible de s'enflammer et de favoriser la propagation d'un incendie. Un taux inférieur à 40 % traduit déjà un stress hydrique important.
Sur le terrain, les forestiers constatent depuis plusieurs semaines les effets du manque d'eau : jaunissement des feuilles, dessèchement de certaines espèces et augmentation de la proportion de végétaux morts.
Les relevés réalisés en juillet montrent une baisse rapide du taux d'humidité de la végétation. Certaines mesures ont récemment franchi le seuil des 30 %, correspondant à un niveau de sensibilité très forte au feu. Ces observations confirment l'installation précoce d'une sécheressemarquée dans le massif.
Au-delà de la teneur en eau, l'ONF suit également depuis 2023 la part de combustible mort présente sur les végétaux. Cet indicateur complémentaire permet de mieux caractériser le comportement potentiel du feu en cas de départ d'incendie.
C’est une situation très préoccupante en termes de sécheresse. Et pas seulement à Ermenonville. Toutes les placettes, partout en France, mesurent des niveaux de sécheresse qu'on aurait normalement fin août, plutôt que mi-juillet.
Un outil d'aide à la décision pour protéger les forêts
Associées aux prévisions météorologiques (températures, vent et précipitations), les données recueillies sur la placette d'Ermenonville contribuent à l'élaboration du niveau de danger feu de forêt. Elles permettent d'orienter le positionnement des moyens de surveillance et de lutte, qu'il s'agisse des patrouilles de prévention de l'ONF et des sapeurs-pompiers.
Collaboration SDIS et ONF sur des sites d'entraînement en forêt.
Cette surveillance s'inscrit dans le cadre de la mission d'intérêt général de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) confiée par l'État à l'ONF. Grâce à ce suivi fin et régulier, les forestiers disposent d'indicateurs objectifs pour anticiper les périodes à risque et renforcer la protection des forêts des Hauts-de-France face à un aléa désormais bien présent sur le territoire.
Alerte :
vigilance risques d'incendies. La Météo des forêts prévoit un niveau élevé de risque incendie. Renseignez-vous auprès de votre préfecture ou sur le site Météo des forêts
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