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Tout comprendre sur les dunes : fonctionnement, types, rôle écologique, menaces

Qu'est ce qu'une dune littorale

La dune littorale est le cordon sableux bordant la plage. Il est sous l’influence des échanges sédimentaires avec celle-ci : érosion lors des phases de tempêtes, engraissement lors des phases d’accalmie.

Cette interface terre-mer est très mobile. Elle évolue au grès des dynamiques : marine, éolienne et végétale. La dune est une construction sédimentaire complexe qui doit sa forme et sa taille à ces dynamiques, mais aussi à la disponibilité en sédiments (sables) sur le littoral.

Comment fonctionnent les dunes

Sur le littoral, plages et dunes évoluent sous l’action de la houle, des courants et du vent, avec une influence déterminante des tempêtes. Lors de ces épisodes, l’énergie des vagues et la hausse du niveau de la mer accentuent les déplacements de sédiments, entraînant une érosion marine plus ou moins importante en fonction des contextes morphologiques de plage et la nature du littoral.

Concrètement, le déferlement des vagues attaque les hauts de plages, voire la base des dunes, générant des entailles et un recul du trait de côte. Le vent participe également à leur transformation, surtout lorsque le versant côté mer est une falaise. Il y prend appui et crée des « ouvertures » appelées siffle-vents qui peuvent s’évaser et entrainer de forts transits sableux sur la dune.

Lors des périodes de calme, notamment l’été, la plage « se recharge », et les sables ramenés par la mer sont repris par le vent qui les stockent en pied de dune. Une « reconstruction naturelle » peut alors commencer : des végétaux pionniers, comme l’Agropyron, vont apparaitre sur ces dunes embryonnaires et piéger du sable. Ce matelas va grossir et se végétaliser, comblant progressivement les traces de l’attaque marine sur le versant dunaire… jusqu’à la prochaine érosion marine.

Les différents habitats naturels des dunes

En fonction du niveau de perturbation (eau salée, ensablement, …), différentes communautés végétales s’installent sur la dune. Ce gradient de perturbation, fortement influencé par le vent dominant de mer, diminue progressivement de la plage à la forêt.

L'avant dune ou dune embryonnaire
On trouve tout d’abord, en pied de dune, en phase de répit d’érosion, une accumulation de sable colonisée par une végétation pionnière, c’est l’avant dune ou dune embryonnaire. Cette petite dune en construction est le premier rempart contre l’érosion. Elle joue le rôle « tampon » d’amortisseur de vague.

La dune blanche ou dune mobile
Plus haut sur la dune, là où le vent est encore fort et transporte du sable, on rencontre des espèces végétales robustes adaptées à l’ensablement : c’est la dune blanche ou la dune mobile. La diversité végétale est faible mais ces espèces, comme l’oyat, ont développé des stratégies pour survivre. Leur système racinaire permet de fixer les sables et leurs feuilles permettent de piéger les sédiments transportés par le vent. Ces plantes participent activement à la limitation de la mobilité de la dune.

La dune grise
Plus en arrière, protégée par la dune blanche, on trouve la dune grise, habitat dunaire très riche en espèces végétales et animales. Les plantes de ce milieu résistent mal à la perturbation éolienne, en revanche, ce sont de grandes compétitrices et elles sont bien adaptées aux conditions arides de cette arrière-dune. Généralement, dans ces milieux, la couverture végétale est très forte, les sables sont fixés durablement.

La frange forestière
Enfin, entre dune et forêt, se développent des ligneux, arbustes ou arbres, qui forment un « bouclier » naturel pour la forêt. Ils protègent celle-ci des sables et des embruns portés par le vent. Cette « frange forestière » est sculptée par ces vents, on parle pour ces arbres et arbrisseaux de port (forme) « anémomorphosé ». Ce milieu, par sa grande diversité de paysage, recèle de nombreuses espèces animales.

Pourquoi les dunes sont essentielles

Les dunes littorales sont des espaces d’échanges sédimentaires avec les plages. Elles font partie intégrante du système côtier. Ces barrières sableuses protègent des aléas littoraux les enjeux situés en arrière : aussi bien les phénomènes d’érosion marine qu’elle tempèrent, que les submersions marines qu'elles empêchent. Au-delà de leur rôle face aux risques littoraux, ces milieux possèdent une valeur patrimoniale très forte, aussi bien paysagère qu’écologique.

Quelles menaces pèsent sur les dunes

Le changement climatique

Les dunes littorales atlantiques vivent au rythme des éléments. Naturellement dynamiques, elles subissent aujourd'hui une pression sans précédent. Si la problématique du XIXe siècle était le risque d’avancée des dunes sur les terres, aujourd’hui le changement climatique intensifie les principaux aléas qui les menacent :

  • d’érosion côtière, ce phénomène ancien s’accentue et se fait de plus en plus ressentir avec la pénurie sédimentaire liée à la multiplication des aménagements littoraux
  • de submersion marine qui s’accroît avec les accidents climatiques et la tendance à l’élévation du niveau de la mer liée au changement global.
  • perturbation éolienne

L’intensité et la fréquence des multiples tempêtes de la fin du XXe et du début du XXIe siècle (tempêtes Lothar, Martin, Klaus, Xynthia...) ont fait prendre conscience aux populations vivant près de la mer que les aléas littoraux pouvaient menacer bon nombre de biens implantés trop près du littoral.

 

L'érosion

Sur le littoral, plages et dunes évoluent sous l’action de la houle, des courants et du vent, avec une influence déterminante des tempêtes. Lors de ces épisodes, l’énergie des vagues et la hausse du niveau de la mer accentuent les déplacements de sédiments entrainant une érosion marine plus ou moins importante. Son impact diffère selon la nature du littoral :

  • Sur les côtes rocheuses, la résistance des roches conditionne l’érosion.
  • Sur les côtes sableuses, le cordon dunaire est plus mobile et dépend des conditions météo-marines comme de la disponibilité en sable. Concrètement, le déferlement des vagues attaque la base des dunes entraînant des entailles, voire un recul du trait de côte.

Le vent participe également à leur transformation surtout lorsque la végétation demeure insuffisante pour fixer le sable. Sous l’effet du vent, des ouvertures se forment et peuvent s’élargir de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres. Ces parties du cordon dunaire deviennent plus vulnérables. En cas de tempête, les vagues peuvent s’y engouffrer favorisant la formation de brèches et, dans certains cas, la submersion des terrains situés en arrière.

Schéma de création d'une entaille d'érosion marine sur un front dunaire régulier
Création d'une entaille d'érosion marine sur un front dunaire régulier - ©ONF, 2025
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La surfréquentation

Le piétinement de la végétation dunaire entraîne la mort des plantes. Leur système racinaire, qui participait à la fixation des sables, disparait, laissant le vent emporter les sables et ensevelir de la végétation située plus en arrière. Sans action, la dune est déstabilisée.

Il est donc nécessaire de canaliser le public, dans les secteurs où l’on souhaite modérer les déplacements de sables au profit de milieux dunaires variés et robustes.

Pour se faire, l’ONF organise des accès vers la plage, grâce à la mise en place de clôtures et de panneaux de guidage. Ces équipements sont régulièrement entretenus pour assurer la protection des milieux naturels.

Bilan

Bilan hiver 2025-2026 : un littoral éprouvé par des tempêtes successives

🌪️Tempêtes Goretti, Ingrid, Leonardo, Nils, Pedro 

L’automne et l’hiver 2025-2026 ont été marqués par une érosion marine particulièrement active. Entre septembre 2025 et avril 2026, 158 km sur les 350 km de littoral suivis par l’ONF ont été impactés, soit environ 45 % de la côte sableuse du Sud-Ouest.

Cette situation s’explique par la combinaison de deux facteurs :

  • un déficit sédimentaire observé sur les plages à la suite des fortes houles cycloniques survenues en août 2025
  • la répétition de tempêtes hivernales de forte intensité.

Le pic d’érosion a été observé en janvier et février 2026, période durant laquelle le littoral atlantique a été touché par une succession d’épisodes tempétueux conjugués aux grandes marées hivernales. Goretti, Ingrid, Leonardo, Nils, Pedro : en quelques semaines, ces événements, accompagnés de rafales dépassant les 120 km/h et de vagues puissantes, ont fragilisé la stabilité des dunes, entaillé les cordons dunaires et formé, par endroits, des siffle-vents (vents concentrés dans des passages, renforçant l’érosion).

Si l’ensemble de la façade atlantique a été concerné par ces épisodes météo-marins, certains secteurs ont été plus fortement touchés et ont connu des reculs plus significatifs du trait de côte. Les érosions les plus marquées sont situées dans les Landes et en Gironde.

En fin d’hiver et au début du printemps, l’accalmie météorologique a permis de limiter des atteintes plus importantes aux dunes et d’amorcer une phase significative de rechargement naturel en sable des plages et du pied de dune. Celle-ci a permis un retour à une hauteur de plage proche des niveaux saisonniers habituels.

Les actions de l'ONF

  • 11,3 km de brise-vents pour piéger les sables et combler les siffle vents
  • 31,6 hectares de couvertures de branchages pour fixer les sables
  • 7,25 hectares de plantation de végétaux pour aider à la reprise végétale
  • 46,9 km de clôtures posées ou entretenues pour canaliser le public vers les plages et éviter le piétinement
  • 17 hectares d'écrêtages localisés pour redonner plus rapidement une forme aérodynamique à la dune

Chiffres clés

350 kilomètres de cordon dunaire

  • 186 km sur le littorale aquitain
  • 82 km en Poitou-Charentes
  • 65 km en Pays de la Loire
  • 15 km en Bretagne
  • 2 km dans le Nord-Pas-de-Calais

2 millions € de budget