L'ONF lance un inventaire pour les forêts d’outre-mer
La loi forestière de 2014 a prévu de doter la France d’un inventaire adapté aux spécificités des forêts ultramarines. Fin 2024, le ministère en charge des forêts a décidé de financer l’IGN et l’ONF pour que les deux établissements publics élaborent ensemble la méthode d’inventaire des forêts ultramarines.
« Compte tenu de la diversité de ces forêts, de l’immensité et de la faible accessibilité des surfaces forestières en outre-mer, la méthode d’inventaire s’appuiera sur des dispositifs innovants alliant mesures de terrain et technologies. La méthode vise à évaluer les ressources forestières d’une partie des essences, à suivre le stock et le flux de carbone, à mesurer la biodiversité des différentes strates de ces forêts avec des technologies non utilisées dans l’Hexagone (prélèvement d’ADN environnemental, mesures de bioacoustique…) », précise Nathalie Barbe, directrice des relations institutionnelles, de l’outre-mer et de la Corse.
Il ne s’agit donc pas d’inventorier la totalité des essences forestières ultramarines ni de mesurer l’exhaustivité de la biodiversité exceptionnelle présente dans ces écosystèmes, mais d’obtenir régulièrement des données sur l’évolution des surfaces forestières, la présence d’espèces exotiques envahissantes, la dendrométrie, l’évolution du stock et des flux de carbone forestier, l’état sanitaire des peuplements (mortalité, dépérissements), de la biodiversité…
Ces informations sont essentielles pour décider des conditions de mise en œuvre des politiques publiques sur ces territoires, et améliorer la prise en compte des forêts ultramarines. Pour l’ONF, cet inventaire permettra de suivre dans le temps les caractéristiques des forêts gérées, d’évaluer les effets du changement climatique, de mieux connaître les ressources forestières et d’approvisionner durablement la filière bois. À ce jour, le protocole de collecte de données sur le terrain envisagé a été testé sur des placettes en Guyane et sur l’île de La Réunion, territoires pilotes pour l’élaboration de la méthode d’inventaire.
Pour mener à bien ce projet, l’ONF a fait appel à l’expertise d’ONFI (ONF International) qui s’est entouré du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), de l’IRD (Institut de recherche pour le développement), du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), de GEOFIT (groupe spécialisé dans les données géospatiales pour le développement durable des territoires) GLOBEO (société spécialisée dans les données d’observation de la terre à partir d’images satellites)…