Programme de surveillance de la biodiversité : l’exemple du suivi des Chiroptères
L'évolution observée de la biodiversité de manière globale, puis les tendances qui se dessinent pour nos paysages forestiers face aux changements en cours, impliquent de s'intéresser fortement aux effets de ces changements sur la biodiversité.
L'Etat a donc confié à l'Office français de la biodiversité (OFB) et au Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN, UMS Patrinat) la mission de mettre en place un programme national de la Surveillance de la Biodiversité Terrestre.
La contribution de l'ONF s'inscrit dans le cadre défini par les groupes de travail de l'OFB visant à déployer une Surveillance nationale de la Biodiversité terrestre, et répond pour l’essentiel à son schéma directeur. L’établissement est donc aujourd’hui identifié comme un acteur majeur de la surveillance de la biodiversité, pour ce qui relève de la forêt.
Pour atteindre ces objectifs, le programme de Surveillance de la biodiversité forestière dans les forêts publiques s’appuie ainsi sur 3 priorités :
- poursuivre la mobilisation de données de biodiversité utilisées dans les indicateurs nationaux, socles du schéma directeur piloté par l’OFB, avec les partenaires de la surveillance ;
- produire des indicateurs multi-taxonomiques à large échelle spatiale ;
- mettre en relation des indicateurs d’états de la biodiversité avec des paramètres de gestion/pression écologique, en vue d’alimenter la politique environnementale du gestionnaire.
L’ONF déploie ainsi un réseau de sites de surveillance de cette biodiversité. Le programme de surveillance des chauves-souris (chiroptères) fait partie de ce dispositif global. L’ONF, à travers un réseau de placettes, est contributeur du programme Vigie-Chiro lancé en 2006 par le MNHN.
Vous avez dit "Vigie-chiros" ?
Le programme Vigie-Chiro a pour objectif de suivre les populations de chauves-souris en France à travers 3 protocoles : un protocole pédestre, un protocole routier et un protocole point fixe. C’est ce protocole point fixe qui est déployé à l’ONF. Il permet de recueillir des données plus précises lors de nuits complètes, offrant ainsi un suivi plus détaillé et complet.
Ce protocole consiste à poser un enregistreur automatique d’ultrasons une première fois pendant une nuit complète entre le 15 juin et le 31 juillet et une seconde entre le 15 août et le 30 septembre.
Dispositif déployé à l’ONF pour Vigie-chiros
En 2022, le réseau naturaliste mammifères de l'ONF a commencé à déployer le dispositif Vigie-chiros sur des sites qui apparient des parcelles non exploitées (îlots de vieux bois, réserves biologiques intégrales) et des parcelles exploitées présentant un faciès initial proche.
Si la surveillance de la biodiversité s’appuie sur les réseaux de forestiers naturalistes, elle ne serait pas réalisable sans le soutien des équipes locales. Le pilotage national du programme est assuré par le réseau Mammifères, le choix des sites et la description des peuplements, pose des enregistreurs, formatage et transfert des fichiers sons par équipes locales, le réseau Mammifères assurant l'analyse des sons enregistrés et le versement des données dans la base de données naturalistes.
Les résultats à venir
Ce protocole, tel qu’il est déployé à l’ONF, vise à observer l’évolution des populations de chauves-souris sur le long terme dans les forêts publiques à l’échelle nationale.
Les enseignements obtenus à l’échelle d’un seul site sont donc limités, même si ce suivi permet d’identifier, au fil des années, une liste d’espèces et un niveau d’activité qui pourront être comparés à des référentiels.
En 2025, l’ensemble des sites suivis a aussi fait l’objet d’une description des peuplements (selon un protocole du réseau Mammifères) afin de caractériser les milieux dans lesquels évoluent les chauves-souris et d’alimenter de futures analyses sur l’évolution des populations de chiroptères en lien avec l’évolution des peuplements forestiers.