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L'ONF lutte contre les espèces exotiques envahissantes

Les espèces exotiques envahissantes (EEE) se développent sur le territoire français et nuisent à la biodiversité locale. Mais qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante? Quels sont leurs effets ? Et comment les combattre ? On vous explique tout !

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante

Introduites par l’Homme de manière volontaire ou accidentelle (par exemple avec le dépôt de déchets verts en forêt, qui est formellement interdit et passible d’une amende), les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des cinq principales causes de l’érosion de la biodiversité mondiale. Selon les dernières estimations de la Liste rouge de l’UICN, elles constituent un danger pour près d’un tiers des espèces terrestres menacées et sont impliquées dans la moitié des extinctions connues.

Malgré l'usage de l'adjectif "exotique", elles n’ont rien de tropical et se développent en milieu naturel avec un fort dynamisme : elles peuvent être des espèces issues de régions tempérées et tout à fait acclimatées, comme la renouée du Japon, la balsamine de l’Himalaya ou le buddleia (aussi appelé arbre à papillons), que l’on trouve en vente en jardinerie ou sur le web.

En France hexagonale, on compte plus de 1 000 plantes exotiques, dont plus de 300 sont considérées comme plus ou moins envahissantes. Elles sont un réel fléau pour l’écosystème forestier.

L'introduction des EEE a débuté dès les premiers grands voyages effectués par l'Homme, et notamment lors des grandes expéditions du XVe siècle. Leur prolifération a pris de l’ampleur au début du XXe siècle avec le développement du commerce international et du tourisme. Le changement climatique peut également jouer un rôle aggravant dans ce phénomène, en créant des milieux perturbés (tempêtes torrentielles par exemple). Cependant, toutes les espèces introduites ne deviennent pas envahissantes. Il est estimé que pour 1.000 espèces végétales introduites, une seule devient envahissante et crée des dommages environnementaux.

Certaines espèces exotiques envahissantes végétales forment une couverture dense sur le sol qui étouffe les plantes (comme le Renouée du Japon). D’autres comme le Laurier du Caucase, ont des systèmes racinaires puissants qui capturent les nutriments présents dans le sol. Quelques-unes diffusent aussi des toxines par leurs racines (l’Ailante par exemple). La situation en Outre-mer et dans les îles en particulier est très préoccupante. Ces dernières possèdent des espèces endémiques qui se retrouvent étouffées par les espèces exotiques envahissantes et qui, par conséquent, risquent de disparaître.

Réglementation européenne depuis 2014

En octobre 2014, l'Union Européenne (UE) a décidé d'agir contre ce fléau en adoptant une réglementation visant à prévenir et gérer les EEE (éradication ou contrôle). Une première liste est parue en juillet 2016, suivie de deux mises à jour en juillet 2017 et juillet 2019. A ce jour, 66 espèces exotiques envahissantes sont visées par l'UE, dont 36 végétales.

Pour toutes les espèces identifiées, végétales et animales, il est donc interdit de :

  • les introduire en France
  • les utiliser
  • les transporter vivantes
  • les détenir
  • les échange
  • les commercialiser

Règlement européen sur les EEE

Comment lutter contre les EEE ?

L’ONF organise des formations pour informer les forestiers de ce fléau et leur indiquer comment réagir sur le terrain. Ces derniers mois, deux réunions ont été organisées en forêt domaniale de Tronçais (Allier) et de La Coubre (Charente-Maritime). Ces massifs sont notamment touchés par le développement d'espèces comme l’Ambroisie, le Cerisier tardif, le Raisin d’Amérique, l’Ailante, le Baccharis ou encore le Yucca. Après un exposé sur les aspects règlementaires, biologiques, écologiques des espèces et les techniques de lutte, les agents de l’ONF ont fait une tournée sur le terrain durant laquelle ils ont pu visualiser l’étendue du problème et de ses conséquences.

Aujourd’hui, pour prévenir ces invasions, plusieurs points d’action sont mis en place :

  • Prévenir, afin d'éviter l'introduction de graines d'EEE
  • Intervenir le plus tôt possible (dès l'installation des premiers individus)
  • Adapter les moyens de lutte à la biologie et à l'écologie de l’espèce
  • Obtenir un couvert forestier le plus vite possible pour supplanter certaines espèces
  • Empêcher la fructification (couper les semencier ou hampes florales après la floraison)

Une mission d’intérêt général Biodiversité et Paysage

Grâce à la mission d’intérêt général Biodiversité et Paysage confiée par le ministère en charge de l'écologie et des forêts, les équipes de l’ONF luttent contre leur prolifération en menant des opérations de sensibilisation, de coupe ou d’arrachage. Les explications de notre experte Delphine Fallour, responsable du suivi des espèces exotiques envahissantes à l’ONF.

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Il est possible qu'un nouvel équilibre se crée autour de ces EEE d'ici 100 ou 1.000 ans. Mais entre temps, il faut limiter la perte et la raréfaction des espèces indigènes, ainsi que les impacts socio-économiques.

Delphine Fallour, responsable du suivi des espèces exotiques envahissantes à l’ONF

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