Forêt de Laigue : citoyens et forestiers mobilisés pour lutter contre la Renouée du Japon

L’Office national des forêts a organisé un chantier participatif en forêt de Laigue pour lutter contre la Renouée du Japon, une espèce exotique envahissante qui menace la biodiversité. Aux côtés de citoyens, d'associations et de jeunes élus, les forestiers ont mené des opérations d'arrachage afin de limiter sa propagation avant une exploitation forestière.

Qu'est-ce que la Renouée du Japon et pourquoi est-elle invasive ?

Introduite en Europe au XIXe siècle, la Renouée du Japon se développe rapidement, concurrence les espèces locales et fragilise les milieux naturels. Sa capacité à coloniser les sols est renforcée par la vigueur de ses rhizomes. Elle s’adapte particulièrement bien aux milieux perturbés et au changement climatique. Sans prédateur naturel, elle émet des substances chimiques qui inhibent la croissance des autres végétaux, réduisant progressivement la biodiversité.

Les techniques mécaniques ou le bâchage ont été testées mais se sont révélées coûteuses et peu efficaces. L’ONF privilégie désormais l’arrachage manuel, répété sur plusieurs saisons, seule méthode permettant de limiter durablement la progression de la plante.

Une mobilisation citoyenne encadrée par les équipes de l’ONF

Accompagnés par deux forestières, les volontaires ont procédé à l’arrachage minutieux des tiges et des rhizomes en forêt domaniale de Laigue.

La mobilisation a réuni des habitants, des membres de la Sauvegarde du patrimoine des forêts du Compiégnois (SPFC), ainsi que deux « conseillers municipaux jeunes » de Choisy‑au‑Bac et leur coordinateur. Cette participation intergénérationnelle illustre l’importance de sensibiliser tous les publics aux enjeux liés aux espèces invasives.

Pourquoi intervenir avant une exploitation forestière ?

Le chantier a été organisé à un moment clé : avant l'exploitation de la parcelle concernée. "Les opérations mécaniques risquant de disséminer des fragments de rhizomes et ainsi contribuer à la propagation de cette espèce envahissante, il était important que ce chantier se fasse en amont de l'exploitation" expliquent les forestières.

Pour réduire encore ce risque de propagation, l’ONF prévoit deux autres chantiers avec des structures partenaires ainsi que des plantations de saules cet hiver afin de renforcer la concurrence végétale.

Préserver la biodiversité face aux espèces invasives

En associant citoyens, associations et jeunes volontaires, l’ONF renforce la connaissance des enjeux liés aux plantes invasives et encourage une participation active à la gestion durable des forêts.

Contribuer à la santé de nos forêts, c’est aussi se renseigner sur les plantes que l’on achète : éviter les espèces invasives, privilégier des végétaux adaptés aux milieux locaux, et choisir des plants issus de filières responsables. Et surtout, ne jamais déposer ses déchets verts en forêt. Branches, tontes ou résidus de jardinage perturbent les sols, favorisent la propagation d’espèces invasives et dégradent les milieux naturels.