Une espèce très rare de coléoptères saproxyliques inventoriée en forêt de Saint-Gobain Coucy-Basse

La forêt domaniale de Saint-Gobain Coucy-Basse (Aisne) a fait l’objet en 2025 d’une première année d’inventaires naturalistes dédiés aux coléoptères saproxyliques, menés par l’Association des entomologistes de Picardie (ADEP), en partenariat avec les acteurs du territoire. Ce programme scientifique, prévu sur trois ans, vise à mieux connaître la biodiversité forestière afin d’accompagner une gestion durable et adaptée de ce massif emblématique.

Cette première année d’étude constitue une étape fondatrice. Les inventaires naturalistes se poursuivront jusqu’en 2027 afin de compléter les connaissances, affiner l’évaluation patrimoniale du massif et suivre l’évolution des populations de coléoptères saproxyliques. À terme, ces travaux permettront de renforcer encore la prise en compte de la biodiversité dans la gestion multifonctionnelle de la forêt domaniale de Saint-Gobain Coucy-Basse.

Les coléoptères saproxyliques, sentinelles de la forêt

Les coléoptères saproxyliques sont des insectes étroitement liés au bois mort, aux arbres sénescents et aux cavités arboricoles. Ils jouent un rôle essentiel dans le recyclage de la matière organique et constituent de précieux indicateurs de la naturalité et de la continuité écologique des forêts.

Pour les étudier, les naturalistes ont mobilisé une large gamme de méthodes complémentaires : prospections à vue, battage de végétation, tamisage, filet de voiture, mais aussi dispositifs de chasse passive tels que pièges vitres, pièges à émergence, pièges Barber ou pièges à phéromones, installés temporairement et relevés régulièrement.

Des résultats remarquables dès la première année

Les premiers résultats obtenus en 2025 confirment la forte valeur écologique du massif de Saint-Gobain. Au cours de cette seule première année d’inventaires, les équipes ont identifié un cortège particulièrement riche de coléoptères saproxyliques, comprenant :

  • 66 espèces peu communes ;
  • 19 espèces rares (indice de patrimonialité* IP3) ;
  • 1 espèce très rare (IP4), connue de moins de cinq localités en France.

La présence de ces espèces patrimoniales témoigne de la qualité des habitats forestiers, notamment de la diversité des bois morts, des arbres à cavités et des micro-habitats associés, éléments essentiels au maintien de cette biodiversité spécialisée.

* L'indice de patrimonialité est une évaluation de l’importance écologique d’une communauté en fonction des espèces rares qu’elle abrite : la présence d’un grand nombre d’espèces rares traduit une valeur de conservation plus élevée.

Véritable sanctuaire de biodiversité, la forêt de Saint-Gobain est également un espace de vie et de découverte pour le public. Randonnées pédestres, animations nature, expositions photographiques et autres activités de plein air contribuent à la fréquentation et à l’appropriation du massif par les habitants et visiteurs.

L’enjeu est donc de concilier les usages sociaux de la forêt avec la préservation de ce patrimoine naturel remarquable. Les résultats des inventaires alimentent directement la réflexion des gestionnaires forestiers pour adapter les pratiques, préserver les arbres et habitats favorables à la faune saproxylique, tout en maintenant un accueil du public de qualité.