Survoler la forêt pour mieux la protéger : un drone en forêt de Glandage
L’utilisation du drone pour mieux comprendre la forêt
Pour surmonter les défis liés au changement climatique, alors que le terrain escarpé rend l’accès aux parcelles difficile, les équipes de l’ONF du Haut-Diois ont misé sur une innovation : le recours au drone. Cet outil permet de collecter rapidement des vues aériennes, à partir desquelles les forestiers peuvent repérer les arbres malades ou dangereux et mieux planifier les interventions à venir.
L’objectif ? Mieux connaître l’état des parcelles et les volumes de bois exploitables afin de préparer le chantier dans les meilleures conditions, tout en limitant l’impact sur le milieu naturel.
Pour ce projet, l’ONF a utilisé un drone semi-professionnel. Un plan de vol a été établi à l’avance par le télépilote afin d’optimiser la prise d’images et leur recouvrement. Les clichés sont ensuite traités par un géomaticien à l’aide d’un logiciel qui recompose une image géométriquement cohérente.
Grâce à ces images, il est possible d’évaluer la santé de chaque arbre et de déterminer lesquels doivent être abattus. Le drone se distingue par sa rapidité et sa capacité à fournir, en quelques jours, des vues très précises avec une résolution allant de 4 à 10 cm.
Pour l’exploitation, une solution adaptée aux contraintes du relief
Dans les zones de montagne, où les pentes sont trop raides pour les engins classiques, le débardage (transport des bois coupés) devient un véritable défi. C’est le cas pour la forêt de Glandage, située au sud du massif du Vercors. Pour faciliter l’extraction des grumes sans endommager le sol, l’ONF prévoit l’installation d’un câble-mât : un système de câbles tendus entre deux points hauts, permettant de transporter les bois coupés en survolant les obstacles naturels.
Ici encore, le drone joue un rôle clé en amont : il aide à identifier les meilleurs emplacements pour installer ce dispositif, en tenant compte du relief et de la végétation. Une manière d’optimiser le chantier tout en respectant les contraintes du terrain.
©Clothilde Bonnet / ONF
©Clothilde Bonnet / ONF
©Clothilde Bonnet / ONF
Un chantier programmé en 2026
Ce type d’opération demande une longue préparation avant d’entamer la phase de travaux. Après les prises de vue qui ont permis de sélectionner les arbres à exploiter, le projet entre dans une phase administrative et commerciale : lancement d’un appel d’offres pour choisir un câbliste et dépôt de la demande de subvention auprès du Conseil régional.
Les travaux sont prévus pour le printemps 2026. Auparavant, l’entreprise sélectionnée devra installer la ligne de câble sur la parcelle. L’exploitation se fera autour de cette ligne, permettant d’acheminer les arbres jusqu’aux chemins forestiers, sur les places de dépôt qui servent à stocker les grumes. La route forestière qui servira de support au câble-mât sera également adaptée.
Ce chantier complexe montre comment l’ONF conjugue tradition et innovation pour répondre aux enjeux de demain : préserver nos forêts, faciliter leur régénération et intervenir avec précision dans des milieux fragiles et difficiles d’accès.