Renouvellement forestier, la mobilisation continue
Dans le cadre de la gestion durable, l’ONF assure le renouvellement de la forêt publique en s’appuyant, dans la très grande majorité des cas, sur la régénération naturelle. Chaque année, ce sont entre 15 000 et 16 000 hectares qui sont ainsi renouvelés. Dans le cas de la forêt domaniale, ce renouvellement est financé par les recettes propres de l’établissement, issues notamment de la vente des bois.
Devant l’ampleur des dépérissements liés à la brutale accélération du changement climatique, l’État a décidé d’accompagner les propriétaires publics et privés pour mener la restauration des peuplements sinistrés ou en situation de dépérissement. Depuis 2021, la forêt publique a bénéficié de cet effort d’investissement de l’État pour les forêts domaniales et les forêts des collectivités.
France Relance : un programme centré sur le renouvellement curatif
Lancé fin 2020, le plan France Relance a permis le renouvellement de plus de 11 000 hectares de forêts domaniales sinistrées, dépérissantes ou vulnérables. Pour 55 % des surfaces traitées, les interventions ont consisté en un renouvellement curatif de zones décimées par les crises sanitaires : scolytes de l’épicéa, chalarose du frêne et encre du châtaignier. Les 45 % complémentaires ont amorcé le renforcement de la résilience des peuplements les plus vulnérables, dans le cadre d’interventions préventives d’enrichissement.
Sur le terrain, cette dynamique s’est traduite par la plantation de plus de 8,8 millions d’arbres, de 98 essences différentes. Feuillus et résineux s’équilibrent, le chêne restant prépondérant avec 25 % des plants. On note une place croissante des essences méditerranéennes, mieux adaptées aux conditions climatiques de demain. En forêts des collectivités, le plan France Relance a permis la sélection de 900 dossiers portés par l’ONF, pour 4 600 hectares de forêt et 24,7 millions d’euros de subventions. Comme en forêt domaniale, la diversification des essences et des itinéraires est importante.
LEXIQUE
Enrichissement : plantation qui vient compléter une surface en régénération naturelle.
Plantation en placeaux : plantation dense sur des petites surfaces, par exemple lorsque la régénération naturelle ne recouvre pas l’ensemble de la surface espérée, ou sur terrain accidenté.
Plantation en plein : plantation sur une surface à nu avec un espacement régulier entre les jeunes plants (de 2 m à 3 m) afin de limiter les phénomènes de concurrence entre les individus.
France 2030 : une évolution vers l’adaptation progressive des forêts
France 2030 a pris le relais de France Relance en 2023 pour soutenir le renouvellement des forêts domaniales, avec une cible de 5 000 hectares. Aux plantations en plein permettant la reconstitution de forêts sinistrées s’ajoute désormais l’enrichissement de peuplements en place ou de régénérations naturelles, afin de renforcer la résilience des forêts. Concernant les plantations, France 2030 a permis de planter 3,2 millions d’arbres. Ces plantations ont mobilisé 95 espèces forestières et reposent largement sur des essences à caractère méditerranéen telles que le chêne pubescent, le cèdre de l’Atlas ou les pins, choisies pour leur résistance accrue à la sécheresse et aux températures élevées. S’agissant des 1 600 hectares de forêts de collectivités, les travaux sont en cours.
France Nation Verte : une ambition pérenne pour la résilience des forêt
Lancé en 2024, France Nation Verte est un dispositif inscrit dans la planification écologique pour financer le renouvellement de 9 000 hectares supplémentaires de forêts domaniales. En complément des plantations et des régénérations naturelles adaptées aux conditions climatiques futures, les travaux sylvicoles destinés à améliorer les jeunes peuplements en place et à renforcer leur résilience y sont désormais pleinement intégrés. Le dispositif est mis en œuvre pour les forêts des collectivités.
Un guichet d’aide est instauré par l’État pour financer les projets déposés par les collectivités locales et les propriétaires privés. Les équipes de l’ONF apportent leur concours aux élus locaux pour déposer des projets éligibles à ce guichet. Fin 2025, 94 dossiers, couvrant 400 hectares de renouvellement, avaient été déposés.
Agences travaux : mobilisées pour le renouvellement des forêts
L’activité des agences travaux a été très soutenue en 2025. Aux projets de plantations s’ajoutent les entretiens des régénérations passées. Les parcelles forestières plantées ou renouvelées naturellement ces cinq dernières années nécessitent en effet des entretiens dont les besoins montent en puissance. Pour relever ces défis, les agences travaux ont mobilisé les équipes d’ouvriers qualifiés et leur matériel. Pour autant, les capacités opérationnelles reposent aussi sur des marchés de services forestiers mobilisant des Entreprises de travaux forestiers (ETF). L’ONF est un donneur d’ordre important pour les ETF, avec plus de 22 M€ de travaux sous-traités en 2025 au travers de marchés de services forestiers.
Afin de sécuriser l’activité des ETF et leur offrir de la visibilité pour leurs investissements, l’ONF fait le choix de marchés publics pluriannuels. Les agences travaux s’engagent dans des projets innovants pour optimiser le coût des travaux, réduire la pénibilité pour les ouvriers, limiter l’empreinte carbone ou réduire les déchets en forêt. Des essais de matériels électroportatifs ont été menés dans diverses situations de travail et sont prometteurs.
LEXIQUE
Îlots d’avenir : dispositif d’expérimentation sur de petites parcelles de 0,5 à 2 hectares, constituées d'une seule essence, dont les capacités d’adaptation au milieu et d’évolution sont suivies et analysées en continu par les experts du département Recherche, développement et innovation de l’ONF.
Matériel forestier de reproduction : plants de feuillus ou de résineux élevés en pépinière, graines, boutures, greffons et marcottes.
Dispositif de diversification en gestion : expérimentations permettant de tester, dans le cadre de la gestion forestière, de nouveaux mélanges entre essences d’arbres connues, le plus souvent autochtones, et de nouvelles espèces, autochtones et étrangères. Les décisions sur la reconnaissance à large échelle seront prises seulement après la phase d’expérimentation, qui peut durer de 30 à 50 ans.