Biennale d'art contemporain de Lyon : quand les épicéas de la Plaine de l'Ain deviennent une œuvre

De la forêt communale d'Ambérieu-en-Bugey aux anciennes usines Les Grandes Locos, les épicéas prélevés par les équipes de l’ONF ont donné naissance à une œuvre imaginée par l’artiste néo-zélandaise Ashleigh Taupaki pour la Biennale de Lyon. Une aventure collective qui met en avant le savoir-faire des forestiers et l’utilisation du bois local pour une création artistique contemporaine.

Une nouvelle collaboration entre l’ONF et la Biennale

Quatre ans après une première participation à la Biennale d'art contemporain de Lyon en 2022, à travers l'œuvre "le chuchotement du chêne", l'agence Ain-Loire-Rhône de l'ONF a de nouveau été sollicitée pour accompagner la réalisation d’une œuvre en bois.

Cette année, l’artiste néo-zélandaise Ashleigh Taupaki souhaitait créer une installation monumentale à partir de bois local disponible à proximité de Lyon. Son œuvre, intitulée Dacrycarpus dacrydioides, s'inspire du kahikatea, le plus grand arbre indigène d'Aoteara Nouvelle Zélande.

Des épicéas de l'Ain pour une œuvre unique

La demande de l’artiste portait sur des bois résineux de grande longueur. Après consultation de la commune propriétaire, l'ONF a proposé des épicéas issus d'une coupe en forêt d'Ambérieu-en-Bugey, réalisée suite au dépérissement d'une partie des arbres fortement impactés par le changement climatique. 

Le choix de la Biennale s’est porté sur un lot de 12 grumes d’épicéas.

Une forte mobilisation des équipes de forestiers

Au-delà de la fourniture du matériau, les forestiers de l'ONF ont assuré l’ensemble de la logistique liée au projet. Les grumes ont été coupées au cours de l’été, puis transportées jusqu’à Lyon par l'ONF. Deux ouvriers forestiers ont également acheminé des branches destinées à compléter la scénographie de l’œuvre.

Sur le site de la Biennale, les bois ont ensuite été coupés en lames et en tronçons d’environ un mètre, préparant ainsi les différentes étapes de construction.

La phase de montage de l’œuvre s'est déroulée mi-août. À partir des grumes fournies par la commune d'Ambérieu-en-Bugey, l’artiste et les équipes techniques de la Biennale ont progressivement assemblé cette installation monumentale. Les tronçons ont été mesurés et classés par diamètre, du plus fin au plus large. Ils ont ensuite été fixés à même le béton au sol pour assurer la stabilité de l'ensemble.

Un vernissage pour inaugurer l’œuvre

À travers Dacrycarpus dacrydioides, Ashleigh Taupaki reconstitue la silhouette d'un kahikatea abattu à l'aide de soixante tronçons de bois d'un mètre de long. Déployée sur 60 mètres, la sculpture rappelle la hauteur maximale que peut atteindre cette essence emblématique de Nouvelle-Zélande. L'œuvre évoque également l'histoire de l'exploitation des ressources forestières sur les terres maories, notamment pour fabriquer des mâts de bateau, durant la période coloniale.

Le vernissage du 18 septembre a réuni les artistes de la Biennale, les encadrants, les partenaires techniques ainsi que les financeurs des projets. Ce temps fort a célébré et mis en avant plusieurs mois de travail.

Pour découvrir l'œuvre, rendez-vous du 19 septembre au 13 décembre 2026 aux Grandes Locos ! 

Voir les étapes de la réalisation de l'œuvre en vidéo

©ONF