Projet LIFE Adapto+ : site de Luzéronde / île de Noirmoutier
Le projet LIFE Adapto + (2024-2029) est porté par le Conservatoire du littoral (CDL). Ce projet européen a pour objectif de déployer une réflexion sur l’adaptation de la bande côtière sur des territoires littoraux, en associant les acteurs locaux et en développant des zones « tampons » naturelles.
Le site de Luzéronde, en forêt domaniale de Noirmoutier, est l’un des sites pilotes retenus dans le cadre de ce projet réunissant le Conservatoire du littoral, le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), la Communauté de communes de l’île de Noirmoutier, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), et l’ONF.
Un projet pour lutter contre l'érosion
Une partie du site est touchée par l’érosion chronique qui fragilise le rôle de « dune-digue » du cordon bordier. Sa faible largeur crée un point de faiblesse vis-à-vis du risque de submersion. La réflexion Adapto+ permettra d'étudier de manière collégiale avec l’ensemble des partenaires cette problématique et, à partir d’analyse des trajectoires d’évolution et de l’état des lieux morphologique et dynamique de la dune, proposera des expérimentations de gestion pour apporter des solutions concrètes de sauvegarde voire de confortement de cette barrière sableuse.
Ainsi, une partie du site (150 m) a été retenue pour être le démonstrateur d’une translation contrôlée par écrêtage dirigé. Cette translation expérimentale a pour objectif de limiter les risques d’érosion côtière et de submersion marine en renforçant la robustesse du cordon dunaire et donc sa capacité de résilience. L’ONF, en tant que gestionnaire, pilote le volet « travaux dunaires » de cette zone en démonstration.
La translation dunaire, c'est utiliser la dynamique du vent pour déplacer la dune lorsqu'elle est fortement érodée par l'océan. Cette gestion adaptative basée sur la libre évolution est privilégiée lorsqu'il n'y a pas d'enjeux en arrière dune (habitations, équipements). Cette technique permet de reculer pour mieux sauver.
Un écosystème fragile
Cependant, ces travaux "conservatoires" du cordon bordier sont susceptibles d’avoir un impact temporaire sur l’écosystème local, notamment sur la partie flore. En effet, une partie de la dune qui sera remaniée est caractérisée par la présence de dune grise, habitat d’intérêt communautaire prioritaire au titre de la directive « Habitats-Faune-Flore », et d’une espèce végétale protégée : l’Omphalode du littoral.
Cet impact, même transitoire, nécessite la mise en place de mesures de réduction, d’évitement et de compensation. La mesure de réduction consistera en la délimitation stricte des cheminements pour les engins de chantier. La mesure d’évitement est axée sur la temporalité des travaux : faible durée des travaux (8 jours) et hors cycle biologique des espèces (courant octobre).
La mesure compensatoire reposera sur la restauration de dune grise de la dune de Luzéronde, hors zone de travaux, via la coupe de ligneux de colonisation tels que le Tamaris, le Cyprès de Lambert et l’Olivier de Bohème. La surface compensée sera près de deux fois la surface impactée directement par les travaux. Enfin, des suivis de végétation sont mis en place et seront réalisé pendant cinq ans après les travaux.
L’expérimentation sera monitorée aussi par le BRGM et la Communauté de communes de l’Ile de Noirmoutier afin de quantifier les évolutions morphologiques plage-dune.
A suivre…